L'Empereur a passé une nuit fort agitée
L'Empereur s'est levé et s'est fait conduire sur son fauteuil ; mais au bout d'une demi-heure, il a éprouvé un froid glacial aux extrémités inférieures, et a été forcé de se remettre au lit.
Le malade a été fort agité pendant le reste de la journée, et n'a pu goûter qu'un sommeil léger et longtemps interrompu par un sentiment de suffocation.
Le malade a pris avec plaisir quelques cuillerées de crème de riz.
Nouvel accès de lièvre accompagné d'un froid glacial. J'essayais de le dissiper • Merci de vos soins, docteur; c'est peine perdue; les secours » de l'art n'y peuvent rien, l'heure est sonnée, ma maladie est mortelle. « Docteur Arnott, est-ce qu'on ne meurt pas de faiblesse? comment se « fait-il qu'on puisse vivre en mangeant si peu ? »
13. — Il se lève, se fait conduire à son fauteuil, prend la dose accoutumée de décoction, de teinture de quinquina : à une heure et demie on le ramène vers son lit.
L'Empereur demande du papier, une écritoire, et défend son appartement. MM. Montholon et Marchand entrent seuls.
Napoléon prend un peu de gélatine et quelques cuillerées de soupe d'arrow-root. Ia lièvre continue toujours avec des rémittcnces et des paroxysmes très-irréguliers. Le malade dit qu'il devient de jour en jour plus faible, et qu'il sent que toutes ses forces l'abandonnent-
44. — L'Kinperelir a passé une fort mauvaise nuit. — La fièvre a diminué.
Le malade prend du thé acidulé avec du suc de citron ; à huit heures du chocolat; à neuf heures un peu de gélatine ; à neuf heures et demie une soupe faite avec du vin chaud et des croûtes de pain rôti ; enfin, à dix heures un quart, il mange deux gaufres.
Midi. — Les symptômes morbifiques se sont adoucis, et le malade est d'assez bonne humeur; il prend encore une soupe au vin chaud, et reçoit de la manière la plus aimable le docteur Arnolt; il lui expose les sensations qu'il éprouve, le questionne, l'interroge sur ce qu'il doit faire, et, passant tout à coup de la médecine à la guerre, il se met a discourir sur les armées anglaises, les généraux qui les ont commandées, et fait un magnifique éloge de Marlborough. Napoléon était mieux; je renaissais à l'espérance. Je ne fus pas maître d'un mouvement degaieté: il s'en aperçut, me jeta un coup d'œil et poursuivit : * Ce n'était pas un • homme étroitement borné à son champ de bataille; il négociait,
combattait ; il était à la fois capitaine et diplomate. Le 20« a ses cam- « pagnes? — Je ne le pense pus. — Eh bien! j'en ai là un exemplaire « que je suis bien aise d'offrir à ce brave régiment. Prenez-le, docteur; «■ vous le placerez de ma part dans sa bibliothèque. » Le docteur le prit et se retira. « Qu'aviez-vous donc? me demanda Napoléon dès que nous « fûmes seuls. — Rien, un souvenir, la chanson de Malbrouck, dont «j'ai été bercé dans mon enfance, m'est revenue à la mémoire; je « fusse parti d'un éclat, si je n'eusse été en présence de Votre Mojesté. «■ — Voilà pourtant ce que c'est que le ridicule; il stigmatise tout jus- « qu'à la victoire. • Il rioil lui-même et se mit à fredonner le premier couplet. Nous prenions Marlborough au plaisant; Son Excellence n'était pas si facile : elle l'aperçut sous le bras du docteur, ne voulut pas qu'il communiquât avec le 20e. Arnott, tout confus, se hâta de le déposer chez l'officier d'ordonnance, qui était capitaine de ce régiment. Moins méticuleux, celui-ci le reçoit. Cette inconvenance révolte Hudson ; il accourt, menace, destitue : le capitaine est remplacé. 11 le méritait bien, il avait accepté l'ouvrage.
Napoléon se lève deux fois dans le courant de la journée, mais avec beaucoup de peine et reste peu de temps debout.
Le malade prend un bouillon avec des croules de pain rôti et un peu de gélatine. Il pusse assez tranquillement le reste delà soirée ; il goule même quelques instants de sommeil.
15. — L'Empereur a passé une mauvaise nuit; il est assoupi, couvert de sueurs froides ; il éprouve un froid universel. La respiration est courte, profonde, et donne souvent lieu ù des soupirs prolongés.
Pendant la nuit, le malade prend à diverses reprises un peu de gélatine et une cuillerée de vin étendu d'eau.
Le malade prend une soupe de vermicelle.
L'Empereur prend du chocolat, le pouls devient plus régulier.
L'entrée de l'appartement de l'Empereur est interdite ù tout le monde, exceptéaugénéral Montliolon et à Marchand, qui restent auprès ! de luj jusqu'à s'x heures. J'entre. Le tapis est couvert de papiers déchirés ; tout est étiqueté, muni d'une adresse. Napoléon u faille recensement de son nécessaire et donné à chacune des pièces qui le composent une destination spéciale. « Voilà mes apprêts, docteur ; je m'en vais, c'en • est fait de moi. «Je lui représentai qu'il avait encore bien des chances; que son état n'était pas désespéré ; il m'arrêta. « Plus d'illusion , me « dit-il ; je sais ce qui en est, je suis résigné. »
L'Empereur se plaint, dans la soirée, d'une extrême faiblesse ; il est fatigué; il a trop écrit.
16. — L'Empereur a pns.<é une nuit assez tranquille, quoiqu'il ait été constamment couvert de sueurs. Quoique l'illustre malade continue à prendre de la nourriture, les forces s'éteignent à vue d'œil.
ta porte de son oppartement est de nouveau interdite; le général Montliolon et Marchandaient avec lui jusqu'à cinq heures. J'entre : je trouve Napoléon accablé, je laisse percer mon inquiétude. « C'est j «que je me suis longtemps occupé; j'ai trop écrit. » Et portant la main sur l'hypocondre droit et la région épigastrique : « Ah ! docteur, « quelle souffrance ! quelle oppression ! Je seos à l'extrémité gauche de « l'estomac une douleur qui m'accable. »
Le malade passe le reste de la soirée dans un état d'agitation et de somnolence qu'il ne peut vaincre ; je cherche à le soulager, il s'y refuse; je lui présente la potion, il l'éloigné, retourne la tète et me dit : « Il faut vous marier, je veux vous marier, docteur. — Moi, Sire ! — Vous. » Je ne savais où il voulait en venir, j'attendais; il reprit : « Vous êtes trop bouillant, trop vif, vous avez besoin d'un calmant.
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« Épousez une Anglaise ; son sang à In place modérera le feu qui vous « dévore. — Je voulais soulager Votre Majesté. — Voire malade sera » désormais plus docile: donnez la potion. » Je la lui passai; il In prit et l'avala d'un trait. « Quand on est coupable d'irrévérence «envers («allien, voilà comme on l'expie. »
il. — Le pouls s'est maintenu dans lemêmeétat de dépression, «le vitesse et d'irrégularité, jusqu'à une heure et demie du matin.
Le malade a été fort agité pendant le reste de la nuit; il éprouvait un froid universel.
L'Empereur a pris la dose accoutumée de décoction et de teinture de quinquina : il s'est trouvé beaucoup mieux le reste de la journée ; il a mangé plus qu'à l'ordinaire et s'est levé deux fois.
J'avais remarqué que l'élut de l'Empereur était tolérable lorsqu'il avait le ventre libre ; je cherchai à l'entretenir au moyen de quelques laxatifs. Napoléon était tourmenté par la soif. Il n'avait pas encore usé de la limonade ni de l'orangeade ; ces préparations ne pouvaient que lui être avantageuses, je les prescrivis. L'embarras était de se procurer des citrons et des oranges ; l'île en fournit, mais si acides, si amers, que je n'osais en faire usage. Il le fallut pourtant, je n'en trouvais pas un seul qui vint du Cap. J'eus beau monder, trier; tout était si détestable, que l'Empereur se crut empoisonné.» Docteur, qu'est-ce cela? quel breu- » voge ! — De la limonade, Sire. — Delà limonade ! « Il se tut, laissa tomber sa tête : « Rassasié d'outrages, en butte à toutes les privations ! « dans quelles mains je suis tombé ! »
18. — L'Empereur passe une nuit des plus mauvaises. 11 est triste, abattu, ne parle qu'avec difficulté. Il attribue la situation où ïl se trouve à la potion tonique de la veille. L'Empereur a pris un peu de nourriture qu'il a gardé en partie. Il se lève, se couche, se relève encore et éprouve une inquiétude qu'il ne peut vaincre.
Je propose à Napoléon quelques médicaments que je crois utiles. • Non, me dit-il du ton d'un homme qui a pris son parti; l'Angleterre « réclame mon cadavre, je ne veux pas la faire attendre, et mourrai « bien sans drogues. »
« 11 n'en est pas là, nous dit Arnott. — Où en est-il donc ? lui de- « mandai-je ; vous répandez l'espérance autour de nous : quels sont vos « motifs? Exposez-moi votre opinion; faites que je la partage. » J'analysai les symptômes, je récapitulai les accidents; le docteur fut bientôt revenu d'une conviction qu'il n'avait pas. Nous nous éloignâmes ; la conversation devint sérieuse. Arnott parlait de squirre, d'affections
héréditaires. Je lui observai qu'Hudson était sans doute le premier geôlier du monde, mais que ses conceptions physiologiques avaient besoin de In sanction du temps. Il se récria sur l'imputation ; je lui répondis qu'elle était juste.
19. — La nuit est assez tranquille; le malade n'éprouve -pas de vomissement, et demande dos pommes de terre frites. Il se trouve un peu mieux, mange plus qu'hier, et prend avec plaisir un potage au vermicelle qu'il ne rejette pas. Le pouls, polit, déprimé et pourtant régulier, donne soixante-seize pulsations à la minute ; la chaleur est naturelle, la peau ni trop humide ni trop sèche, et la physionomie animée.
L'Empereur se lève et s'assied dans son fauteuil ; il est de bonne humeur, se trouve beaucoup mieux qifà l'ordinaire, et demande qu'on lui fasse ta lecture.
Comme le général Monlholon se réjouit de cette amélioration, et que moi-même je me laisse aller, je ne sais pourquoi, au même sentiment, il se met à nous sourire avec douceur, et nous dit : « Vous ne vous « trompez pas, mes amis, je vais mieux aujourd'hui ; mais je n'en sens « pas moins que ma fin approche. Quand je serai mort, chacun de « vous aura la douce consolation de retourner en Europe. Vous rever- « rez, les uns vos parents, les autres vos amis, et moi je retrouverai « mes braves aux Champs-Élysées.Oui, continua-t-il en haussant la voix « Kléber, Desaix, Bessières, Duroc.Ncy, Mural, Masséna, Berthier, tous « viendront a ma rencontre ; ils me parleront de ce que nous avons fait « ensemble. Je leur conterai les derniers événements de ma vie. En me « voyant, ils redeviendront tous fous d'enthousiasme et de gloire. Nous « causerons de nos guerres avec lesScipions, les Annibal, les César, les «Frédéric. Il y aura plaisir à cela! .... A moins, ajouta-t-il en riant, « qu'on n'ait peur là-bas de voir tant de guerriers ensemble. » Arnott survint; l'Empereur s'arrêta et le reçut de la manière la plus aimable. 11 l'entretint quelque temps et lui adressa des questions très-judicieuses sur sa maladie. Il lui dit que presque toujours en se levant il éprouvait une sensation douloureuse, une chaleur brûlante dans l'estomac, qui ne manquait jamais de lui causer dos nausées et des vomissements ; puis, abandonnant tout à coup la suite naturelle de la conversation, il passe à sa situation actuelle, en s'adressa nt toujours au docteur Arnott, et prenant un ton plus animé, plus solennel : « C'en est fait, docteur, « le coup est porté, je touche à ma fin, je vais rendre mon cadavre à la terre. Approchez, Bertrand, traduisez à monsieur ce que vous allez
• entendre : c'est une suite d'outrages dignes de la main qui me les « prodigua; rendez tout, n'omettez pas un mot.
« J'étais venu m'asseoit* au foyer du peuple britannique ; je de- « mandais une loyalehospitalité, et, contre tout ceqti'il y a de droits sur
■ la terre, on me répondit par des fers. J'eusse reçu un autre accueil « d'Alexandre ; l'empereur François m'eût traité avec égard ; le roi dé « Prusse même eût été plusgénéreux. Mais il appartenait à l'Angleterre
■ de surprendre, d'entraîner les rois, et de donner au monde le specta-
* cle inouï de quatre grandes puissances s'acharnantsur un seul homme. « C'est votre ministère qui a choisi cet affreux rocher, où se consomme
• en moins de trois années la vie des Européens, pour y achever In « mienne par un assassinat. Et comment m'avez-vous traité depuis « que je suis exilé sur cet écueil? Il n'y a pas une indignité, pas une « horreur dont vous ne vous soyez fait une joie de m'ahreuver. Les plus «simples communications de famille, celles même qu'on n'a jamais
■ interdites à personne, vous me les avez refusées. Vous n'avez Inissé
■ arriver jusqu'à moi aucune nouvelle, aucun papier d'Europe; ma « femme, mon fils même n'ont plus vécu pour moi; vous m'avez tenu
H2fi 0ERMERS MOMENTS
six mis dans la torlure du secret. Dans cette île inhospitalière, vous « m'avez donné pour demeure l'endroit le moins fait pour être habité,
* celui où le climat meurtrier du tropique se fait le plus sentir. Il m'a « fallu me renfermer entre quatre cloisons, dans un nir malsain, moi « qui parcourais à cheval toute l'Europe! Vous m'avez assassiné lon- •< guement, en détail, avec préméditation, et l'infâme Hudson a été « l'exécuteur des hautes-œuvres de vos ministres. » L'Empereur continua encore quelque temps avec la même chaleur, et termina par ces mots : « Vous finirez comme la superbe république de Venise, et moi, « mourant sur cet affreux rocher, privé des miens et manquant de tout,
• je lègue l'opprobre et l'horreur de ma mort à la famille régnante <• d'Angleterre ! »
Les forces lui manquent, il tombe dans une espèce d'évanouissement. Cependant il se trouve un peu mieux sur le soir. A huit heures il prend quelque nourriture sans éprouver de vomissement et dort jusqu'à onze heures et demie; abus il s'éveille brusquement et se trouve inondé d'une sueur froide et visqueuse.
20. — Les accidents qui avaient eu lieu dans la journée ont duré jusqu'à trois heures après minuit.
Le malade est assez tranquille pendant la soirée; toutefois il se plaint d'une sensation douloureuse. Il demande , suivant sa coutume, qu'on lui fasse la lecture, et s'endort presque uussitût. On la continue, pare»» qu'on ne l'interrompt d'habitude que quand il l'ordonne. Il se réveille et s'enquiert de quoi il s'agit. « Des prêtres, lui répond-on, ■ et des entraves qu'ils vous ont suscitées; l'auteur les dépeint comme « des hommes insensibles aux bienfaits. — Il extravague. C'est la classe « d hommes qui in'a le moins coûté. Ils étaient tous contre moi ; je « leur permis de porter des bas violets, ils furent tous pour' moi. >.
2t. — L'Empereur n'a presque pas dormi, cependant il est un peu mieux qu'hier; il a pris de la nourriture sans éprouver de vomissement, et nu point du jour il s'est trouvé assez de forces pour se lever et passer trois heures partie à dicter et partie à écrire. Ce travail n'a d'abord été suivi d'aucun inconvénient; mais vers les neuf heures le vomissement s'est déclaré ; Napoléon s'est trouvé fort incommodé le reste de lu journée. A une heure et demie il mande Vignnli. « Snvez-vous, « abbé, ce que c'est qu'une chambre ardente? — Oui, Sire. — En avez- « vous desservi ? — Aucune. — Eh bien, vous desservirez la mienne. Il entre à cet égard dans les plus grands détails, et donne au prêtre de longues instructions. Sa ligure était animée, convulsive ; je suivais avec
inquiétude les contractions qu'elle éprouvuil, lorsqu il surprit sur l« mienne je ne sais quel mouvement qui lui déplut. « Vous êtes au-
- dessus de ces faiblesses; mais que voulez- vous? je ne suis ni philoso- » plie ni médecin. Je crois à Dieu, je suis de la religion de mon père
« n'est (Mis alliée qui veut. » Puis revenant au prêtre : « Je suis né duu.s « la religion catholique, je veux remplir les devoirs qu'elle impose et re- « ce voir les secours qu'elle administre. Vous direz tous les jours la «messe dans la chapelle voisine, et vous ex poserez le saint-sacrement « pcndiinl les quarante heures. Quand je serai mort, vous placerez vo- •> tre autel à ma tête, dans la chambre ardente; vous continuerez à cé- « lébrer lu messe, vous ferez toutes les cérémonies d'usage, vous nu
- cesserez que lorsque je serai en terre. » L'abbé se retira ; je restai seul. Napoléon me reprit sur ma prétendue incrédulité. « Pouvcz-vous « la pousser à ce point? Pouvez-vous ne pas croire à Dieu? Car enfin
tout proclame sou existence, et puis les plus grands esprits l'ont cru. « — Mois, Sire, je ne la révoquai jamais en doute. Je suivais les pulsa- « lions de la fièvre. Votre Majesté a cru trouver dans mes traits une « expression qu'ils n'avaient pas. — Vous êtes médecin, docteur, me « répondit-il en riant. Ces gens-là, ajouta-t-il à demi-voix, ne brassent « que de la matière ; ils ne croiront jamais rien. »
Les symptômes que je viens de décrire s'adoucissent peu à peu. Il dort sans interruption pendant toute la soirée.
22. — L'Kmpereur a passé une bonne nuit, le pouls est à peu près le même qu'hier matin.
L'Empereur est triste, de mauvaise humeur. Cependant il se trouve généralement mieux et passe la journée moitié éveillé et moitié endormi. Le pouls, devenu plus faible, varie de quatre-vingt-quatre à quatre-vingt-dix pulsations par minute. Le malade consent à prendre la potion suivante :
Magned» HlJphall* 5 vj.8«>lvc In «{iix pure ocm.
Addr infui. getiUat* cumpo.it» Mj.tt ttml. immh|x»Ii* ejo*l«?i» | fl.P. mi-tnrj . cujut Mimjt ochlcaria Irb ampU «uNndr.
Il éprouve une exacerba lion de lièvre, croit se sentir plus de force qu'à l'ordinaire, est d'une extrême loquacité. « N ous me l'aviez an- « noncé, docteur; c'est là, oui, c'est là que |àt la maladie. Je le sens,
« l'estomac est attaqué; mais • Il leva les jeux au ciel et se lut. A
huit heures et demie il a voulu prendre une petile soupe, avec un \mi de
S2S DEKNIERS MOMENTS *
gélatine, qu'il a rendues vers les dix heures. Il ne peut fermer l'œil pendant une grande partie de la nuit.
23. — L' (Empereur ne s'est endormi qu'à deux heures du mutin ; encore son sommeil a-t-il été de courte durée.
Use réveille, la lièvre diminue. Somnolence continuelle.
Il prend un peu de nourriture, quelques gouttes de café, défend lu portedeson appartement. Il reste enfermé avec MM. .Montholon et Marchand jusqu'à cinq heures et demie. Il a beaucoup écrit, il est fatigué.
Il prend un peu de nourriture qu'il rejette, et s'endort. Son sommeil dure toute la soirée.
21. — L'Empereur a bien passé la nuit. Il dormait encore à sept heures. Il s'est éveillé dans un élat de faiblesse extrême. La chaleur est à peu près naturelle, et le pouls, encore un peu fébrile, varie de soixautedix-huit à quatre-vingt-deux pulsations par minute.
L'Empereur fait de nouveau défendre la porte de son appartement, reste enfermé avec le général Montholon et Marchand jusqu'à six heures. J'entre: «J'ai trop écrit, docteur; je suis affaissé, je n'en puis • plus. ■>
Loquacité continuelle.
Napoléon parle des cultes, des dissensions religieuses, et du projet qu'il avait formé de rapprocher toutes les sectes. Il n'a pu l'exécuter, les revers sont venus trop tôt ; mais du moins il a rétabli la religion : c'est un service dont on ne peut calculer les suites ; car enfin, si les hommes n'en avaient pas, ils s'égorgeraient pour la meilleure poire et la plus belle fille.