‹ Mémorial de SaintHélèneChapitre 73 sur 89 · t t.nl 1811. U»,».»rf · texte numérisé non relu

t t.nl 1811. U»,».»rf

Ceci est mon codicille, ou acte de ma dernière volonté.

Sur la liquidation de ma liste civile d'Italie, telle qu'argent, bijoux, argenterie, linge, meubles, écurie, dont le vice-roi est dépositaire, et qui m'appartiennent, je dispose de deux millions que je lègue à mes plus fidèles serviteurs J'espère que, sans s'autoriser d'aucune raison, mon llls Eugène Napoléon les acquittera fidèlement ; il ne peut oublier les quarante millions de francs que je lui ai donnés, soit en Italie, soit par le partage de la succession de sa mère.

Ie Sur ces deux millions, je lègue au comte Bertrand trois cent mille francs, dont il versera cent mille francs dans la caisse du trésorier pour être employés, selon mes dispositions, à l'acquit de legs de conscience.

2° Au comte Montbolon, deux cent mille francs, dont il versera cent raille francs à la caisse, pour le même usage que ci-dessus.

3° Au comte Las Cases, deux cent mille francs, dont il versera cent mille francs dans la caisse, pour lu même usage que ci-dessus.

i° A Marchand, cent mille fraucs, dont il versera cinquante mille francs à Ta caisse, pour le même usage que ci- dessus.

W Au comte Lavalette.cent mille francs.

6" Au général Hogendorf, Hollandais, mon aide de camp, réfugié au Brésil , cent mille francs.

7° A mon aide de camp Corbineau, cinquante mille francs. R" A mon aide de camp Caffarelli, cinquante mille francs. !)° A mon aide de camp Dcjean, cinquante mille francs. 10° A Percy, chirurgien en chef à Waterloo, cinquante mille francs. tl° Cinquante mille francs, savoir :

Dix mille francs à Piéron, mon maître d'hôtel.

Dix mille francs à Saint-Denis, mon premier chasseur.

Dix mille francs à Noverraz.

Dix mille francs à Cursot, mon maître d'office.

Dix mille francs à Archambaud. mon piqueur. 12° Au baron Mcnneval, cinquante mille francs. IT Au duc d'Istric, (ils de Bessières, cinquante mille francs. 14** A la fille de Duroc, cinquante mille francs. 15° Aux enfants do La Bedoyère. cinquante mille francs. !<>• Aux enfants de Mouton-Duvernet, cinquante mille francs. 17* Aux enfants du brave et vertueux général Travot, cinquante mille francs. 18° Aux enfants de Chartrand, cinquante mille francs. »9° Au général Cambrone, cinquante mille francs. *i0° Au général Lefèvre-Desnouettes, cinquante mille francs. 21° Pour être répartis entre les proscrits qui errent en pays étrangers, Français, ou Italiens, ou Belges, ou Hollandais, ou Espagnols, ou des départements du Rhin, sur ordonnances de mes exécuteurs testamentaires, cent mille francs.

S£2° Pour être répartis entre les amputés ou blessés grièvement de Ligny, Waterloo, encore vivants, sur de» états dressés par mes exécuteurs tertamentaires.

auxquels seront adjoints Cambrone, Larrey , Pcrcy et Emmery, il sera donné double i la garde, quadruple à ceux de l'Ile d'Elbe, deux cent mille francs.

Ce codicille est écrit entièrement de ma propre main, signé et scellé de me* armes.

Napoléon.

I'«4»„„l nwi. v

Ceci et! un trnnièmr codicille à mon testament du 1.1 nmril

1° Parmi les diamants delà couronne qui Turent remis en 18(4, il s'en trouvait pour cinq à six cent mille francs qui n'en étaient pas, et faisaient partie de mon avoir particulier ; on les fera rentrer pour acquitter mes legs.

J'avais cbez le banquier Torlonia de Rome deux à trois cent mille francs en lettres de change, produits de mes revenus de l'Ile d'Elbe, depuis 1815; le sieur de la Perruse, quoiqu'il ne fût plus mon trésorier, et n'eût pas de caractère, a tiré à lui cette somme; on la lui fera restituer.

3° Je lègue au duc d'Istrie trois cent mille francs, dont seulement cent mille francs réversibles à la veuve, si le duc était mort lors de l'exécution du tegsi. Je désire, si cela n'a aucun inconvénient, que le duc épouse la fille deDuroc.

4° Je lègue à la duchesse de Frioul, Mlle de Du roc. deux cent mille francs ; si elle était morte avant l'exécution du legs, il ne sera rien donné i la mère.

5» Je lègue au général Rigaud, celui qui a été proscrit, cent mille francs.

0° Je lègue à Doisnod, commissaire ordonnateur, cent mille francs.

7° Je lègue aux enfants du général Letort, tué dans la campagne de 181*», cent mille francs.

8° Ces huit cent mille francs de legsseront comme s'ils étaient portés à la suite de l'article 36 do mon testament.ee qui porterait i six millions quatre cent mille francs la somme des legs dont je dispose par mon testament, sans comprendre les donations faites par mon second codicille.

Ceci est écrit de ma propre main, signé et scellé do mes armes.

Napolèov

{ Sceau. )

Au dot.

Ceci est mon troisième codicille à mon testament, tout entier écritde ma main, signé et scellé de mes armes.

Sera ouvert le même jour, et immédiatement après l'ouverture de mon testa ment

Napoi>:o\

i .i ntn.

l 'en e*l un quatrième co<ttcitlr <i mnn tcnlmnent

l'ar les dispositions que nous avons faites précédemment, nous n'avons pan rempli toutes nos obligations, ce qui nous a décidé à faire ce quatrième codicille.

1° Nous léguons au lils. ou pctit-hls du baron Dutheil, lieutenant général d'artillerie, ancien seigneur de Saint-André, qui a commandé l'école d'Auxonne avant la révolution, la somme de 100.000 (cent mille francs) comme souvenir

de reconnaissance pour les soins que co brave général a pris de nous, lorsque nous étions comme lieutenant et capitaine sous ses ordres.

2° Wrm, au fils, ou petit- fil s du général Dugommier, qui a commandé en chef l'armée de Toulon, la somme de cent mille francs ( 100,000 } ; nous avons, sous ses ordres, dirigé ce siège, et commandé l'artillerie; c'est un témoignage de souvenir pour les marques d'estime, d'alTcction et d'amitié, que nous a données ce brave et intrépide général.

3° Idem. Nous léguons cent mille francs ( 100,030) aux fils ou petits-fils du député à la Convention. Gasparin, représentant du peuple à l'armée de Toulon, pour avoir protégé et sanctionné de son autorité le plan que nous avons donné, qui a valu la prise de cette ville, et qui était contraire à celui envoyé par le comité de salut public. Gasparin nous a mis par sa protection à l'abri des persécutions de l'ignorance des états-majors qui commandaient l'armée avant l'arrivée de mon ami Ougommier.

V Idem. Nous léguons cent mille francs ( 100,000] à la veuve, fils, ou petitsfils de notre aide de camp Muiron, tué à nos côtés à Arcolc nous couvrant de son corps.

5° Idem. {(0,000 } dix mille francs au sous-officier Cantilton, qui a essuyé un procès comme prévenu d'avoir voulu assassiner lord Wellington, ce dont il a été déclaré innocent. Cantillon avait autant de droit d'assassiner cet oligarque, que celui-ci de m'envoyer pour périr sur le rocher de Sainte-Hélène. Wellington, qui a proposé cet attentat, cherchait à le justifier sur l'intérêt de la Grande-Bretagne. Cantillon, si vraiment il eut assassiné le lord, se serait couvert, et aurait été justifié par les mêmes motifs, l'intérêt de la France.de se défaire d'un général qui d'ailleurs avait violé la capitulation de Paris, et par là s'était rendu responsable du sang des martyrs Ney. Labédoyère, etc., etc., et du crime d'avoir dépouillé les Musées, contre le texte des traités.

6' Ces 400,000 fr. (quatre cent mille francs) seront ajoutés aux six millions quatre cent mille francs dont nous avons disposé, et porteront nos legs à six millions huit cent dix mille francs ; ces quatre cent dix mille francs doivent être considérés comme faisant partie de notre testament, article 35, et suivre en tout le même sort que les autres legs.

7° Les neuf mille livres sterling que nous avons données au comte et à la comtesse Montbolon doivent, si elles ont été soldées, être déduites et portées en compte sur les legs que nous lui faisons par nos testaments; si elles n'ont pas été acquittées, nos billets seront annulés.

8° Moyennant le legs fait par notre testament au comte Montbolon, la pension de vingt mille francs accordée à sa femme est annulée ; le comte Montbolon est chargé de la lui payer.

.9° L'administration d'une pareille succession, jusqu'à son entière liquidation, exigeant des frais de bureau.de courses, de missions, de consultations, de plaidoiries, nous entendons que nos exécuteurs testamentaires retiendront trois pour ccut sur tous les legs, soit sur les six millions huit cent mille francs, soit sur les sommes portées dans les codicilles, soit sur les deux cents millions de francs du domaine privé.

10° Les sommes provenant de ces retenues seront déposéesdans les mainsd'un trésorier, et dépensées 6ur mandat de nos exécuteurs testamentaires.

11° Si les sommes provenant desdiles retenues n'étaient pas suffisantes pour pourvoir aux frais, il y sera pourvu aux dépens des trois exécuteurs testamentaires et du trésorier,' chacun dans la proportion du legs que nous leur avons fait par notre testament ctcodicille.

12" Si les sommes provenant des susdites retenues sont au-dessus des besoins.

DK NAPOLEON.

le restant sera partagé entre uos trors exécuteurs testamentaires et le trésorier, dans le rapport de leurs legs respectifs.

13» Nous nommons le comte de Las Cases, et, i son défaut, son lils, et, à son défaut, le général Drouot, trésorier.

Ce présent codicille est entièrement écrit de notre main, signé et scellé de mu armes.

Napulko>

Première tellrr. - .1 .W. LttffiHc

MouaieurUIlltte, je vous ai remis en 1815, au moment de mou départ de Fans, une somme de près du six millions, dont vous m'avez donné un double reçu . j 'ai annulé un des reçus, et je charge le comte de Montbolon de vous présenter l'autre reçu, pour que vous ayez à lui remettre après ma mort, ladite somme, avec les intérêts, à raison de cinq pour ceut, à dater du 1" juillet 1815, en défalquant les payements dont vous avez été chargé en vertu d'ordres de moi.

Je désire que la liquidation de votre compte soit arrêtée d'accord entre vous, le comte Montbolon, le comte Bertrand, et le sieur Marchand, et, cette liquidation réglée, je vous donne, par la présente, décharge entière et absolue de ladite somme.

Je vous ai également remis une boite contenant mou médaillier; je vous prie de le remettre au comte Montholon.

Cette lettre n'étant à autre Un, je prie Dieu, Monsieur LaftiUe. qu'il vous ait en *a sainte et digne garde.

Napoléon

L«.s»o».l. 1t St.MrJt'W. c*\» IS*I

Seeowie lellrt. — A M. le haron dr Iax Uouillritt.

Monsieur le baron La Bouillerie, trésorier de mou domaine prive, je vous prie d'en remettre le compte et le montant, aprèsma mort, au comte Montbolon. que j'ai chargé de l'exécution de mon testament.

Cette lettre n'étant é autre tin, je prie Dieu Monsieur le baron La Bouillerie. qu'il vous ait en sa sainte et digne garde

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prks le coup de foudre de juillet 1850, et quund enfin reparut dans le ciel français le drapeau tricolore, étoile perdue au milieu des images et retrouvée dans la tempête, toutes lésâmes généreuses s'indignèrent que le rocher de Sainte-Hélène ne rendit pas sa noble proie. De quel droit l'Angleterre inhospitalière voudrait-elle retenir désormais les ossements de BOB Illustré captif? La révolution de juillet et la France tout entière réclamaient contre cette prolongation d'injustice et de cruauté, lorsqu'enlin arriva au ministère des affaires étrangères, et à la présidence | du conseil, l'homme que l'empereur Napoléon attend pour écrire son

histoire, l'historien de la Révolution française, M. Tbiers! Celui-là sait très-bien ce que doit la France à la mémoire du héros, et qu'il y allait de la renommée du dix-neuvième siècle à réparer les cruautés, les lâchetés, les trahisons, dont Sa Majesté l'Empereur et roi avait été la noble et royale victime. À ces causes, M. Thiers se chargea de réclamera l'Angleterre, comme une dette inaliénable et sacrée, le cercueil de Sainte-Hélène. Il avait été facile au ministre de s'assurer, dans une première conversation avec lord Granville, et dans une seconde conversation à Londres, entre M. Guizol et lord Palmerston, que la France pourrait obtenir toute satisfaction. Notre ambassadeur put répondre presque immédiament a M. le président du Conseil que la demande du gouvernement français était officiellement agréée. Kn effet, le 12 mai 1810, M. de Rémusat, ministre de l'intérieur, vint à la Chambre des Députés pour lui faire connaître la démarche du gouvernement et l'acceptation du cabinet anglais. Le jeune ministre s'exprima en ces termes :

.< Messieurs, le roi a ordonné à S. A. R. Monseigneur le prince » de Joinville de se rendre avec sa frégate à l'Ile Sainte-Hélène pour y - recueillir les restes mortels de l'Empereur Napoléon.

« La frégate chargée des restes mortels de Napoléon se présentera, au » retour, à l'embouchure de la Seine ; un autre bâtiment les rapportera « jusqu'à Paris : ils seront déposés aux Invalides. Tnc cérémonie so- < lenncllc, une grande pompe religieuse et militaire inaugurera le tom- " beau qui doit les garder à jamais.

• Il importe, en effet. Messieurs, à la majesté d'un tel souvenir, que » cette sépulture auguste nedemeure pas exposée sur une place publique,

qu'elle soit placéedans un lieu silencieux et sacré, où puissent la visiter « avec un recueillement tous ceux qui respectent la gloire et le génie, la <■ grandeur et l'infortune.

» Il fut Empereur et Roi ; il fut le souverain légitime de notre pays.

Y ce titre, il pourrait être inhumé à Saint-Denis; mais il ne faut pas » à Napoléon la sépulture, ordinaire des rois : il faut qu'il règne H

• commande encore dans l'enceinte où vont se reposer les soldats de

• la patrie, et où iront toujours s'inspirer ceux qui seront appelés à » la défendre. Son épée sera déposée sur sa tombe.

•< L'art élèvera sous le dôme, au milieu du temple consacré par la religion au Dieu des armées, un tombeau digne, s'il se peut, du nom qui doit y être gravé. Ce monument doit avoir une beauté simple .

• des formes grandes, et cet aspect de solidité inébranlable qui semble

DES RESTES MORTELS DE NAPOLÉON. 873 « braver l'action du temps. Il faut a Napoléon un monument durable » comme sa mémoire.

« Le crédit que nous venons demander aux Chambres a pour objet « la translation aux Invalides, la cérémonie funéraiiv, la construction • du tombeau.

« Nous ne douions pas, Messieurs, que la Chambre ne s'associe avec « une émotion patriotique à la pensée royale que nous venons expri- « mer devant elle. Désormais la France, et la France seule, possédera . tout ce qui reste de Napoléon : son tombeau , comme sa renommée, « n'appartiendra a personne qu'à son pays.

< La monarchie de 1850 est, en effet, l'unique et légitime héritière

< de tous les souvenirs dont la France s'enorgueillit. 11 lui appartenait,

< sans doute, à cette monarchie qui la première a rallié toutes les « foi-ces et concilié tous les vœux de lu révolution française, d'élever « et d'honorer sans crainte la statue et la tomlie d'un héros populaire ; « car il y a une chose , une seule , qui ne redoute pas la comparaison « avec la gloire, c'est la liberté. »

A cette nouvelle inattendue, la Chambre entière se lèvedansun transport unanime d'enthousiasme et d'orgueil. C'était, dans la soirée, l'événement de tout Paris, et, quelques jours après, celui delà France entière; car la tendresse mêlée de fierté pour la mémoire de l'Empereur, pour le souvenir des grandes choses qu'il a faites, est encore un des sentimentslcs plus vifsetlcsplus populaires du pays. Un crédit d'un million fut voté par les Chambres pour la translation des restes mortels de l'empereur Napoléon et pour la construction de son tombeau. I<es personnes chargées de la mission de Sainte-Hélène furent aussitôt désignées. Il y eut d'abord une foule de candidats; mais parmi ces nobles ambitions, il y en eut bien peu qui furent acceptées; si on l'eut écoutée, toute la Fi ance se serait portée au-devant du magnanime Empereur.

Le port choisi pour l'embarquement de la Commission fut Toulon, Toulon qui avait vu le général Bonaparte dans toute sa gloire d'Italie, j Dès le lundi G juillet 1840, toutes les personnes composant l'équipage s'y trouvèrent réunies. M. le princede Joinville arriva dans la matinée, déjà tout rempli de celte ardeur chevaleresque dont il a donné tant de témoignages. I n ordre du prince appela tout le monde à bord de la Belle-Poule pour le lendemain malin , a midi. On allait faire cinq mille lieues, pendant une absence de cinq mois, pour reprendre dans une terre étrangère les restes d'un homme qu'au mépris d'une parole sa-

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87k DISTORIQUB DE LA THANSLATION

crée, le Cabinet de Siiinl-Jnmes avait fait assassiner dans de longues et inexprimables angoisses, vingt ans auparavant. Os restes glorieux, l'Angleterre offrait de les rendre, et cette offre témoignait, il est vrai, de quelques bons sentiments de notre vieille ennemie; mais il nous a fallu vingt ans de paix pour arriver à ees lueurs d'une justice tardive; et d'ailleurs, nous rendre un cadavre, est-ce assez nous payer les souffrances du plus grand liomme des temps modernes? Non, non; l'inflexible histoire veut qu'un jour les ignobles vengeances de I.ongwood aient un châtiment, et qu'ainsi soient avertis, par la honte de l'Angleterre, les gouvernements qui foulent aux pieds, quand l'intérêt d'un instant le commande, toute justice cl toute pudeur.

On avait disposé, dans rentre-ponts de la Uelle-Ponle, une chapelle ardente tendue en velours noir brodé d'argent, destinée à recevoir le cénotaphe impérial. Ce cénotaphe, peint en grisaille, était orné de basreliefs allégoriques, d'aigles aux quatre angles, l'ne couronne impériale surmontait le fronton. On emportait deux cercueils, l'un d'ébéne, l'antre de plomb, et un poêle impérial.

I.e 7 juillet, à sept heures et demie du soir, la frégate mil à la \oile.

DES RESTES MORTELS DE NAPOLÉON. 875 Elle portoit soixante bouches ù fou. Son commandant, M. le prince de Joinvillc, avait auprès de lui M. le capitaine de vaisseau Hcrnoux, son aide-de-camp; M. Touchard, enseigne, son officier d'ordonnance. M. le capitaine de vaisseau Charner commandait en second la frégate, et M. Guiliard, chirurgien-major, était chargé de présider à l'exhuma lion. 1a«s membres de la mission étaient M. le comte de Rohan-Chabot, commissaire du roi, M. le général comte Bertrand, M. le général Gourgaud , M. Emmanuel de l^is-Cases, de la Chambre des députés, M. Marchand, l'un des exécuteurs testamentaires de Napoléon, M. Arthur Bertrand, M. l'abbé Félix Coquereau, et quatre anciens cl dévoués serviteurs de Napoléon, MM. Saint-Denis, Novcrraz, Pierron, Archam- , bauld. M. l'abbé Coquereau , fils et neveu de colonels de l'empire, et M. de Chabot, jeune diplomate de vingt-quatre ans, étaient les seuls membres de la mission qui n'eussent pas foulé la terre de Sainte-Hélène au temps de la captivité de l'Empereur. Tout ce qui restait des compagnons de son exil se trouvait h bord, à l'exception de M. tas-Cases père, alors malade, et de M. le comte de Montholon, ce noble et invariable ami des Bonaparte, alors en Angleterre, auprès du prince l>ouis. Deux jeunes enfants de chœur, nommés Dufour et Lérigé, accompagnaient l'abbé Coquereau. Un plombier, M. Leroux, avait été adjoint à l'expédition. Tous prirent passage sur la Belle-Poule , à l'exception de M. Marchand, monté à bord de la Favorite. M. Guyol commandait celte corvette, qui devait naviguer de concert avec la frégate du prince. Ce brave officier, ancien élève de l'école navale impériale, avait assisté à la prise d'Alger etd'Ancône. 11 avait été depuis chef de l'étot-major de l'amiral Lolunde, dans le Levant. L'élat-major de l'expédition se composait, outre les officiers dont nous avons parlé, de MM. Léguillon-Pessaurot, lieutenant de vaisseau; Penhont, lieutenant; de 1-abre-I.amorel, lieutenant , officier de l'expédition du Mexique; Bazin, enseigne de vaisseau; Boude, enseigne de vaisseau; d'un jeune homme de dix-neuf ans, M. Chedeville, secrétaire du conseil d'administration; MM. de Roujoux et de Bovis, élèves de première classe; M. Godleap, élève de première classe; M. Gervais, M. Jouan, M. d'Espagne de Venevelles, fils du général ; M. Jauge, M. Suremain , M. Perthuis, M. Bourdel, M. Thibaut, M. Lolia, M. Beral de Sedaiges, M. Narbonnoz, M. de Trogoff-Coatlalgo , M. Jacques, dit Lapierre, M. Gilbert Pierre, M. Arlaud, M. Guittabert, chirurgien ; M. Meynard, M. Favrc, M. Fages. L'expédition fut prévenue par le prince, en mer, quo des relâches fixées viendraient interrompre la monotonie

870 IIISTOIUQI'E DE LA THANSLATION

du VOyagfi qui était entrepris. La frégate doubla vile le cap Scépée, el bientôt les forts de Sainte-Catherine et de l'AltigUQ disparurent dans l'ombre. Le lendemain, on arriva devant les terres d'Espagne. L'expédition franchit le travers des eûtes de la Catalogne; le golfe de Hoscs, le Cap Ségu, Ilarcelonne, Tarragone, Tortose, à l'cmboueliure de l'Lbre, Orapeza , les îlots de Columbrettcs, Valeueay, Iviça, la dernière des Baléares, furent dépassés. Le 12 juillet, la messe fut célébrée en mer par l'abbé Coqucrcau; e'étail un dimanche, le temps était magnifique; ou courait grand largue, et la frégate, appuyée par la presque totalité de ses voiles, n'avait qu'un mouvement peu sensible. A ouze heures, le tambour annonça la messe; à l'élévation, il battit aux champs : tous se découvrirent sur le pont. Le 13 et le 1 1, la mission laissa derrière elle Alicante, Carlhagène, le cap Saint-Vincent (h; Palos; celui de Gates avait été presque doublé. On |>ouvait reconnaîtra avec les lunettes les entes dentelées et couvertes de forts sarrasins. Le souvenirde l'Alliambra et des Abencerrages revint à l'esprit de plusieurs. Lu beau té il u temps ne pouvait permettre aucun séjourn Malaga ; la brise était favorable pour passer le détroit sans délai. La mission fut bientôt en vue de Calpé el Abyla , les colonnes d'Hercule, le terme du monde ancien. Bientôt le fort dominunl Gibraltar salua l'expédition. On aperçut ensuite le Mont-aux-Singes et Ceuta, la ville africaine; Algésiras cl

Trafalgar apparurent avec rapidité. Tanger se dessinait de l'autre coté à la pointe; le eap Sparte] était doublé, il ne fallait plus qu'un jour

DKS RESTES UOHTELS u i: NAPOLÉON. 877 pour toucher à Cadix, premier point de halle. Le 1(> nu soir, on ■perçut les ft'irx île In ville; on courut des bords toute la nuit, et le 17 nu matin, le brick français le Voltigeur, alors en station, saluait le drapeau de la mission, devant Cndix, de vingt-un coups de canon. I.a maire, la vrillr, n'avait pas permis d'entrer; l'eau manquait. Au lever du jour, Cadix aux maisons Manches offrit un admirable spectacle; on

eût dit, non plus d'une vieille ville, l'antique Cndés, mais d'une ville de vingt ans, décorée par tous les caprices de la jeunesse, de l'art et du goût. Cadix, âgée de trente siècles, n'a pas vieilli ; ses molles brises caressent doucement le voyageur; on «lirait que c'est votre vingtième année qui vous revient avec un sourire. Cadix est la ville de la fête éternelle; l ien de pittnrcsquccnmmcsn construction, scsrucsélroilcs, sa propreté recherchée, ses trottoirs en miniature, ses terrasses, ses profusions de jalousies grillées, jaunes, verlcs, bleues, qu'enlacent et traversent tant d'arbustes odorants, ses églises si riches et si antiques, ses vastes couvents, ses images de la Vierge, ses mendiants, ses belles dames andalouses à riches mantilles. Les promenades de l'Almeyda composent un panorama plein de charmes, qui réunit aux traits indigènes ceux de Sévillc et de toute l'Andalousie. I.a frégate et la chapelle reçurent un grand nombre de visiteurs; tous voulurent loucher le cercueil

! destiné aux glorieux restes. La frégate quitta Cadix le 21 uu matin;

le 2-1, elle était (levant Madère, dont le climat est si suave, les sites si | riches de végétation. Im mission n'y resta que deux jours. Le 27, le pic | de Ténériffe apparut avec s»»s montagnes noires et ondulées du côté de Santa-Cruz. Quatre jours furent consacrés à des excursions dans les parties élevées de l'île. On vit en courant Orotava , bit lie dans une délicieuse vajléc; Laguna, ville épiscopale; son église possède une chaire en marbre blanc d'un goût exquis, supportée par les ailes déployées d'un séraphin. Les visiteurs furent de retour le samedi I" août ; ils étaient tous épuisés par les courses à cheval, par les chutes, et par les quatre nuits passées sans sommeil dans les posadas.

A Ténériffe, l'équipage assista à une représentation du Domino Noir. traduit en espagnol. Le 2 août, à midi , on se remit en route. Le 20, la ligne fut franchie; le 28, à sept heures du soir, la division mouillait dans la rade de Rallia, celte Rallia qui rappelle Saint-Pierre de la Martinique, avec ses coteaux couverts de jolies maisons, de jardins. A ce moment, vingt-sept jours s'étaient écoulés depuis le départ de Ténériffe. Rien n'avait interrompu la navigation , sauf quelques grenasses assez violen- . tes devant les côtes du Rrésil. Le lendemain, après les saints d'usage, l'expédition descendit à terre. Celait un jour solennel ; le Brésil célé- ) brait la majorité de son empereur. Les quinze jours de cette relâche ne j furgit qu'une fêle; mais l'expédition avait lui te de la quitterct d'avancer de pi us en plus vers son but. Rallia était la dernière relikhe. On nedevait plus s'arrêter qu'il Sainte-Hélène, ce rocher maudit par un assassinat horrible, parmi souvenir qui reste la honte de l'Angleterre, et qui lémoi- ! gnera avec tant d'autres qu'elle n'a eu ni foi dans sa parole, ni humanité dans sa politique. l.e l.*> septembre, on perdit de vue la terre; le 20, le tropique du Capricorne fut dépassé. La traversée se poursuivait avec des chances variées, le plus souvent heureuses, Ijc vent, changeant tout j à coup, éloigna plusieurs fois la frégate du point vers lequel elle courait. La patience des marins était sans cesse mise à répreuve par des vents debout, des brises molles, des calmes. Il fallut souvent aller 28 degrés de latitude pour trouver des brises favorables; le temps se traînait. Rien que le spectacle de ces mers inteiiropicales fût magnifique, l'ennui s'emparait du cœur de ces envoyés de la France, i ambassadeurs envoyés par elle à rex-Kmpcreur, tombé de si haut, pour lui offrir non pas un trône, mais quelque chose de plus durable, une tombe éternelle i omme son nom.

<Ie ne fut que le lundi o octobre, après avoir repassé la ligne et après

DES IlESTKS MOHTELS DE NAPOLÉON. 870 six jours de calme, que In brise s'éleva enfin et que les voiles s'arrondirent. Le veut soufflait de l'arrière. Le G, il fraiebit; et le lendemain,

I le matelot qui veillait sur la vergue de misaine cria : Sainte- 1 Mène! Sainle-llrlrne! On se rendit sur l'avant : ebaeun voulait voir des pre-

! .mien» cette terre, qui de loin produisait l'effet d'un brouillard. Ia\ distaneeà franebir était dcviugt-huil milles. A sept heures moins un quart du soir, la nuit effaça le point qui avait été «perçu. On continua d'approcher. IvC lendemain K, dés quatre heures du malin, on reconnut les rochers de Sainte-Hélène, qui ressemblent, suivant la remarque de M. Emmanuel de I .as-Cases, à une vaste tour sortie du sein de l'Océan. .M. Arthur Kcrlrand, jeune homme né à Sainte-Hélène, élevé sur les genoux de S. M. )'Kni|>crcur, cherchait en vain a se reconnaître à i l'aide des souvenin» de ses premières années; il avait été, comme le

; disait sa noble mère, le seul Français qui eût débarqué dans l'île sans la permission du gouverneur. Le bâtiment avançait avec bonne brise. Les personnes qui étaient sur la dunette remarquèrent en même temps que l'arête de Dames' Point dessinait un profil vigoureux qui ressemblait singulièrement à la figure de .Na|>oléon. Ut mission apprit j dans l'île que celte circonstance était souvent remarquée, digne reflet ) de cette grande ligure! Lorsqu'on dépassa lin rues' Point, le plateau de Lougwood apparut dans toute sa largeur; alors on a|»erçut le sommet j des arbres à gomme qui en forment la lisière. 11 était onze heures, et la corvette lilail six nœuds. On distingua d'abord un beaupré, et successivement trois mAls, puis un pavillon : c'était un bâtiment anglais; puis un nouveau l>cnuprc avec deux mats : c'était le pavillon de In France. On fit aussitôt le signal. La corvette s'avançail lentement vers j le mouillage; le vent venant tout à coup du nord, elle fut en un instant j au large à plus de deux milles. A trois heures et demie, malgré les difficultés, elle abordait le mouillage, et l'ancre tombait.

L'expédition trouva à Sainlc-llélènc l'Oresle, brick commandé par ; M. Doret. L'Oresle était parti le 51 juillet de Cherbourg, et allait à la Plata. Il apportait des nouvelles de France. Quatre heures sonnaient à l'horloge du bord. Toute la population était sur les quais. L'Oresle saluait la mission par des salves d'artillerie ré|»élccs. |je brick anglais le Dolphin bissa les couleurs de France et salua la frégate, qui lui rendit son feu. La mer se couvrit aussitôt d embarcalions. L'une portait le consul de France, l'autre le capitaine du Dolphin, le capitaine du port et le médecin de la quarantaine. Dans quelques autres chaloupes, on vit arriver successivement le capitaine Alexander, le coin-

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mandant «lu génie, le commandant «!<• place, et un fils du gouverneur, ' , malade cl retenu diins son lit. l.c lendemain 1) fui le jour fixé |>our ! la d«»sceute. In visite nu gouverneur, à Longxvood ot nu tombeau. L'exp«;dition était attendue depuis deux mois à Sainte-Hélène. On dcbarqua à ouzo heures. Toutes les notabilités de l'île étaient réunies. Ijo briek anglais rendit les honiHMirs du salut royal. Cn colonel donna la main au prince pour sauter sur le quai. Ti tus cents hommes du 91' formaient une double baie. Le prince avait une tenue simple et sévère qui contrastait avec les riches broderies des officiers anglais. Au clin tenu, les autorités lui furent présentées. On se rendit ensuite sur la place d'armes, où une vingtaine de chevaux piaffaient en attendant leurs en- 1 valicrs. A midi, un nuage de poussière s' élevait autour de la brillante ' cavalcade. Sa course se ralentit au pied des longues et hautes montagnes de Rorder-llill, qui dominent la ville et la mer. On était dans l'intérieur de l'île, au milieu de sa nature triste et sauvage. Quelques aloès liordent les rampes pierreuses du chemin, ainsi que «les fleurs dos tropiques, étiolées, sans couleur, mnnquantde terre et d'eau ; çà et là des pins, «les mélèzes, marient leur noir feuillage. \jt mer se déroule nu loin, entourant le rocher de son immensité bruyante. On apercevait dans le lointain Planlulioii-ilouse; on regardait devant soi avec anxiété : on ne voyait pus encore Longxvood. C'est ù Plnnlnlion-llouse, située sur le revers d'une colline, que le gouverneur-général Middlcmore reçut le prince, et que la réception fut officiellement complétée. Trois personnes, le prince, le commissaire du roi cl le gouverneur, se retirèrent dans un autre appartement où ils convinrent ensemble des moyens les plus convenables pour exécuter la remise des dépouilles do l'Empereur. \xi conversation fut longue : elle dura plus d'une Ireure. Déjà les membres do la mission craignaient quelque brusque changement «le politique, quelque réveil. Toute incertitude cessa lorsque le gouverneur rentra dans le salon on disant : € Messieurs, jeudi 1;>, les i « restes mortels do l'empereur Napoléon seront remisenlrc vos mains.» Quelle distance de ce jour-là aux affreux jours do 181o! La course fut aussitôt reprise vers Longwood, où l'on n'arriva qu'après doux heures de marche, de montées et do descentes difficiles. Le prince marchait cn avant , ayant à côté de lui le capitaine Alexander, le chef «le la justice et les «Icux eommnnilnnls «le la pla«*e et du bataillon. I.es Français composaient le reste do l'escorte. Do temps en temps on voyait > arriver, de toute la vitesse de leurs chevaux, des officiers anglais qui portaient ou distribuaient des ordres. Ils disparaissaient ensuite dans

DES «ESTES MORTELS l>L NAPOLEON. «Si les sinuosités de In route, puis reparaissaient sur lo sommet il'im pilou dans lo oroux des vallées. L'Kmpcretir avait du voir souvent, avec tristesse, s'effacer dans les brumes pour reparaître plus loin, ces ordonnances anglaises, traversant l'île au galop pour satisfit ire a tous les

caprices de geôliers sans cesse effrayés.

De détour en détour on arriva à des barrières qui furent enlevées. (Vêlaient lescommeneementsde la demeurequeiioiiselH>rchions, c'était le terme «le noire course; telles étaient les étroites et faibles limites assignées aux promenades de l'homme qui, d'un bond, franchissait le monde, portant la paix ou la guerre dans un pli de son manteau. La route , descendant par une pente plus rapide , tourne tout à coup; — au fond, un peu sur la droite, dans un plan assez éloigné, s'étend un immense rocher aux lianes nus et crevassés; pas un arbre, pas une plante, pas même un brin de bruyère; rien que le roc, qui, partant de la mer furieuse, encaissait un ravin, resserré par une autre ligne de roches noires dont le sommet se perd dans les nuages; les ébonlements des -terres supérieures avaient permis de planter ça et là quelques arbres du nord. Le ravin s'élargissait ensuite, et devenait vallée; on apercevait au loin, sur le plateau qui conronniiil la montagne.au milieu des brouillards, une chétive maison... c'était Longwood! l^i vallée était ombragée par de grands chênes... elle s'appellera jusqu'à la fin des siècles la VaUve du Tombeau. A droite de Ivongxvood s'ouvre la vallée» fatale. Im marche des assistants se poursuivait avec de vives émotions : elle était grave et solennelle comme l'acte qui allait s'accomplir; chaque conir, chaque esprit était vivement ému. On était encore assez loin du tombeau lorsque le prince mit pied à terre; aussitôt chacun fil comme lui, et les uns et les autres, la tète nue, dans le silence du recueillement et du respect, ils arrivent enfin à ce monument funèbre qui renferme tant de grandeur et tant de gloire, line grille en fer, une pierre, deux saules pleureurs, voilà. tout ce. qui reste au maître du monde! Son nom même, qui cul été la plus grande des oraisons funèbres, son nom n'était pas écrit sur le tombeau. L'aspect des deux saules sous lesquels l'Empereur s'était reposé plusieurs fois , l'un debout, l'autre couché par terre, mort de vieillesse; cette fontaine, dont il trouvait que l'eau était fraîche et limpide, et enfin le rocher sur lequel tomba l'aigle im-vénale brisée par la foudre, tel était ce spectacle auguste et solennel. Iji plupart des assistants se mirent à genoux; le prêtre les imita; quelques personnes étaient debout autour «le la arille, immobiles et dans une

n. tu

xsi IIISTOIIIQUE DE LA TRANSLATION

muette contemplation, on était eofin arrivé devant lu dernière trace

«li- lanl de puissance H do gloire. La reposait celui qni avait été l'Em-

pereur; là il attendait patiemment comme lait Dieu, comme font ions les hommes immortels qui ont sonné l'heure de la justice d<*s peuples. Grand homme que le monde ne pouvait pas ronlcnir, et qui tient si peu de place à relte ombre, an murmure dp la fontaine, sons ce ciel bleu , à coté do cotte mer!

L'homme dont les Anglais avaient jeté le cadavre dans ce trou funeste , avait de leur maître comme capitaine, comme législateur, comme tète couronnée ; à l'aspect de ce néant et de cette gloire , on peut se faire une idée des impressions et des sentiments qui devaient traverser Pâme des assistants. Les tout petits saules qni entouraient les saules contemporains de l'Empereur avaient été piaules, depuis sa mort, par une gracieuse et bienveillante Anglaise, épouse du brigadiergénéral Charles Dallas, dernier gouverneur de l'Ile; b* gazon était trèstoilffu; un grillage en bois peu élevé entourait le tombeau d une enceinte iirégtilière d'environ 70 à 80 pieds de diamètre; la grille était surmontée do fers de lance et de punîmes au\ quatre coins : on reniai-

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