‹ Mémorial de Sir Hudson Lowe: relatif à la captivité de Napoléon à Sainte-HélèneChapitre 19 sur 59 · I02 MÉMORIAL · texte numérisé non relu

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lisent donne par la présente , qu^ila été passé deux àètes dans la session actuelle du parlement, I'ub qui ordonne la détention du susdit Napoléon Bonaparte , et infligée la peine capitale à qui l'aiderait à s'échapper; et Vautre relatif aux règlements sur les rapports maritimes de File de Sainte«Hélène, pendant que Napoléon Bonaparte y sera prisonnier.

» Copies de ces deux actes sont annexées à la présente.

» AFeffet d'assurer l'exécution de ces actes , il est publiquement déclaré que les divers règlements promulgués jusqu'à ce jour dans File , relativement à la détention dudit Napoléon Bonaparte, et qui ont pour but de prévenir toute correspondance ou communication illégale avec lui, les individus de sa suite, et ceux attachés à son serr vice, continueront à rester en pleine vigueur.

» Il est en outre fait savoir que, après que cette proclamation aura été faite , quiconque enfreindra les règlements relatifs à sa détention , ou enr tretîendra quelque correspondance ou communioof don avec lui, les individus de sa suite, ou attachés à son service, qui sont, de leur propre conseQtement, soumis aux mêmes restrictions que lui, ou en recevra, ou remettra soit à lui, soit à eux, des lettres ou communications sans l'autorisation eoépresse du gouverneur, on de l'officier commandant en l'Ile à l'époque présente , donnée par écrit eî

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revéiue de sa signature y tout infiracteur desttits ré^ glements sera considé^ comme ayant agi contre le WÊU et le bvA direct des actes du parlement susmen* donnés , et sera poursuivi en conséquence Si, par suite de i'infracdon des règlements portés pour assurer sa détention y ou par l'effet de toute carrespon'dance ou communication , soit avec lui y les personnes de sa suite y ou celles attachées à son service, ledit Napoléon Bonaparte réussissait à s'échapper, tout individu qui, après la présente prockanation , aura été rauteur de l'infraethn > correspondance ou cornntunication, sera considéré comme ayant volontaire^ meni favorisé et aidé son évasion, et poursuivi avec toute la rigueur de la loi*

)y II estenoore déclaré que quiconque aurait connaissance dPuue tentative ou moyen d'une délivrance ou d'^évasion, et n'en instruirait pas immédiatement le gouverneur ou l'officier commandant à l'époque , ou ne ferait pas tous ses efforts pour empêcher l'exécution , sera censé femteur et complice de ladite délivrance on évasion , et jn^ conformément aux lois.

9 Tout individu qui recevra des lettres ou communications pour ledit Napoléon Bonaparte, les personnes de sa suite ou qui sont à son service, et qui ne les remettra pas, ou ne les fera pa» connaître sur-le^ampaa gouverneur ou à l'oificier coimBandant à l'époque , ou qui fournira audit Napoléon Bonaparte, aux ^ns de sa suite ou à

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soi^ service, de Fargient ou autres moyens quelconques par lesquels son évasion pourrait s'effectuer , sera également regardé comme y ayant parti' cipéy et poursuivi en conséquence.

)) Toutes les lettres ou communications reçues par ledit Napoléon , les individus de sa suite ou à son service, ou qui en viendront, soit cachetées, soit ouvertes, devront être transmises sans délai au gouverneur dans le même état qu'elles auront été reçues.

» Et, attendu que. le règlement promulgué par la présente n'a pas pour objet de donner lieu à des rigueurs extraordinaires ou inutiles, mais d'assurer l'exécution des. règlements ci-devant portés, et de prévenir les mauvais effets qui pourraient naitre de l'ignorance y de Fimprudence , ainsi que de desseins illégaux, il est donné à connaître à tous ceux que leur devoir appelle près du lieu où résident ledit Napoléon Bonaparte, les personnes de sa suite ou à son service^ ou dont les affaires peuvent les mettre en rapport avec eu?:, qu'ils recevront du gouverneur de l!ile, sur leur demande faite en forme, une licence ou autorisation à cet effet, signée de sa main. Il ne sera rien inféré des actes du parlement , ni du présent règlement , pour justifier aucun acte de violence ou conduite inconvenante envers lesdits détenus , tant qu'ils observeront les restrictions auxquelles les ont soumis les lois

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et les instructions du gouyemement de Sa Majesté.

V Fait et signé de ma main , à James-Town, dans File de Sainte-Hélène, le 28 juin 1816.

n HUDSON LOWE,

» gouverneur et commandant en chef, n Par l'ordre du gouyemeur,

» G. GORREQUER, n secrétaire de la milice active. »

J'écrivis même à ce sujet, le i« juillet, la lettre suivante au comte Bertrand.

« Monsieur,

» Je ne dois pas oublier de mentionner que, comme toute correspondance et communication avec les personnes qui résident à Long^ood, si elles n'ont lieu à m'a connaissance et avec ma sanction , sont positivement interdites par les instructions que j'ai reçues et publiées , l'emploi de tout individu quelconque pour porter des commuoications, soit écrites, soit verbales, excepté celles qui me sont adressées ou que l'on me ^it connaître au moyen de Foncier d'ordonnance à Longwood, peut avoir les plus sérieuses conséquences pour ceux qui en seraient les instruments ou les porteurs, j?espère que ces considérations^ avec celles que j'ai déjà présentées, vous empêcheront de faire usage, à l'avenir, de tout autre

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canal que 4e celui trè^ simple et très ^ que je vous ai indiqué , et dont je ne puis prendre sv^ moi de souf&ir aucune dëviatioa.

» Tai l'honueur, etc.

» H^LOWE , gouverneur, n

Et voici un extrait de la réponse du comte Bertrand , qui se rapportait à ma communication.

u Monsieur le go^veriveur,

n Dans votre lettre, vous parles de commmii* cations verbales : ce n'est point intelligible, si cela s'applique aux personnes de l'ile avec lesqudles nous devons pouvoir parler, puisque nous les voyons et que nous les rencontrons. Mais l'ame et Fesprit sont hors de l'atteinte de la justice.

n J'ai l'honneur, etc.

» U comte BERTRAND, n

Plus tard, je publiai une autre proclamation, conforme, pour le sens des restrictions et des défenses , à celle que je viens de citer. En voici la teneur:

N Attendu qu'il a été constaté qu'on avait vfmis un présent à un habitant de cette lie, au nom et de la part d'un des étrangers détenus k LfOngwQod, présent qui fut rendu bientôt après,

parce que la personne h qui il avait été remis s'était aperçue que l'accepter, à l'insu et sans l'au^ torisation du gouverneur , c'eût été violer les proclamations en vigueur, le gouverneur croit néanmoins qu'il est utile, pour assurer l'exécution des susdites proclamations (par rapport aussi à l'injonction générale contenue dans l'ordonnance datée du 16 avril 1816), d'informer le public, et avis est donné publiquement à tous ks officiers^ habttantset autres individus quelconques y réddant mi arrivant dans cette Ue, qu'il leur est non-^seidemerU défendu {comme U l'a été par la proclamation duiS octobre 181 5, laquelle interdit toute correspondance ou communication avec les dangers ici détenus y à l'exception des personnes seules qui pourraient être légalement autorisées par lui, et comme il l'a été^icore par l'avis public du 1 1 mai, et par la proclamation da 28 juin 1816), de recevoir desdits étrangers détenus, ou de leur remettre aucune communication quelconque, ou de s'en rendre l'intermédiaire , sans son autorisation expresse; mais encore que, û des communications non autorisées ont lieu, ou peuvent avoir lieu, ou s'il estfait des tentatives à œt e£fiet, il est en«joint à quiconque eax aura connaissance d'en in^ former sur4e*champ le gouverneur, ou l'autorité civik on militaire la plus voisine, si le cas l'exige, afin que l'on puisse prendre à cet égard toutes les mesures nécessaires, sous peine d'être

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considéré comme complice de Pinfraction, et d'en être, par conséquent, tenu responsaUe.

n Donne au château de Jame»-To¥m, le i6 mai i8i8.

n HDDSON LOWE. »

Voilà quds furent les textes favoris qui servirent de base aux accusations de cruauté et de barbarie dirigées contre moi. Je n'en finirais plus, si je voulais recueillir ici les longs tissus d'injures que me valurent ces mesures. On dit à Longwood que j'avais empêché les Français de communiquer avec qui que ce fut de ce monde ; que j'avais voulu les parquer et les emprisonner dans cette détestable demeure; que j'en avais fait un tombeau où il&étaie^t ensevelis à tout jamais.

Napoléon, en partant de ces mesures de sûreté, épuisa contre moi tout le dictionnaire d'injures que lui fournissait toujours abondamment sa colère. « Ce gouverneur, dit-il entre autres choses, ce gouverneur est un vrai imbécille , è vn vero imbe" dite. N'a^t-il pas la niaise et atroce prétention de nous renfermer ici,: sans vouloir nous laisser de communicatiofL avec tout ce qui n'est pas prisonnier? Il nous séquestre du monde entier, il nous condamne au silence et à l'isolement de la mort. Que n'achève-t^il .plus tôt sa besogne? Un bourreau et un: linceul , et que, ce soit fini de celui qui les tourmente tant. Ah»! mes pauvres amis^ vous

qui m'avez suivi dan$ mes malheurs et dans mon exil , qui avez tout quitté et abandonne, combien vous 80u£&ez pour Tamour de moi î mais aussi songez que vous acquérez ici une renommée immortelle, et que cette consolante idée vous rende ces peines supportables! Moi, je ne puis rien faire pourvous, que vous lier à jamais à mon nom et vous emmener avec moi dans la postérité. »

Plusieurs fois cependant je voulus , en faveur de Napoléon , adoucir la rîg^ueur des mesures de sûreté que j'avais prises. Je le fis informer que plusieurs restrictions cesseraient, et surtout ceWes relatives à la faculté de parler. J'étais décidé à cela par l'état de la santé de Napoléon , qui devenait tous les jours plus alarmant. Mais il était profondément ulcéré ; le malheur avait fait en son< ame une plaie qu'il n'était donné à personne dans ce monde de guérir.

Il ceçut donc mes offres avec colère^ iî s'emporta et dit : u X'entends qu'il soit permis à la majeure partie des passagerset des habitants respectables de venir me voir ; mais je ne veux pas qu'on m'en envoie de temps en temps un ou deux, comme les gardiens et cômes des galères envoient un voyageur curieux visiter insolemïnent les bagnes , et augmenter de sa sotte curiosité le malheur des prisonniers. Me prend-il donc pour une béte féroce à qui son gardien dit : Sort^ , montrez-vous^ rentrez; et veut-il amuser de moi

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lee badauds qui Tiendront sons sa protection pour nie considérer?

}) Si je rencontre quelqu'un dont la conversa" tion me plaise , que ce soit un esclave ou un officier , un planteur ou un emi^oyé de la Gompa^piie , je veux pouvoir remmener avec moi , l'inviter à diner , en un mot , vivre ici avec tout le monde de la vie ordinaire des hommes , et n'être pas emprisonne dans un bagne , dans une ménagerie ou un lazareth*

» Mab, je vous Fai dit, mes amis^ ce Lbwe n'a ni cœur ni sentiment ; il croit qu'un honupoe est comme un cheval , qu'une botte de foin et un abri rendent heureux; il est ici pour nous martyriser : je ne veux entendre à rien.«.««« » E^t de fait ^ tout resta sur le' même pied jusque fon^te dénouement du drame*

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