‹ Mémorial de Sir Hudson Lowe: relatif à la captivité de Napoléon à Sainte-HélèneChapitre 26 sur 59 · I.E CpUVEIWEiJa · texte numérisé non relu

I.E CpUVEIWEiJa

, JSi votre exeelleiiœ n'a plus rien à me dire , je me retire et lui promets de transmettne 9e% plain* tes à mon gouvernement.

SAKNUâOir..

Non , monsieur , non , je n'ai plus ncn à vous dire^ si ce n'est de vous engager à méditer sérieusement sur votre position... Pensez-y ; un jeu*

l46 MÉMORIAL

votre ^gouvernement , ce ^gouvernement des ordres duquel vous ar^ez si souvent, vous désavouera... Votre nation vous repoussera elle-même.... Vous serez en eiécration à toute la terre; Topinion universelle vous traquera comme une béte féroce ;..,. vous ne trouverez pas même un coin sur le g]obe pour y cacher votre turpitude.

LE GOUTERNEUR.

Votre ressentiment vous égare, général; et j'espère qu'une aussi étrange prophétie ne s'accomplira jamais.

KAFOLÉON.

Je ne fais pas l'illuminé; je prévois d'après le cours habituel des événements.... Un jour, et ce jour n'est pas éloigné de nous, vous vous rappellerez mes prévisions avec angoisse, avec douleur peut-être.... Puissiez-vous aujourd'hui me comprendre, et revenir sur vos pas! il en est temps encore,.... mais il n'est pas trop tôt ,.... hâtezvous... Quant à moi, monsieur, vous pensez bien que je dois me dispenser de vous revoir; cette entrevue a été trop - longuement pénible et trop orageuse. Dans nos con^rsations j'oublie trop souvent que je ne suis qu'un pauvre captif;.... je m'emporte , et cela est au dessous de ma dignité. Je vous ai maltraité, beaucoup maltraité!.... il m'est échappé des paroles qui eussent été tout- au plus supportables aux Tuileries.

DE SÏR HUDSON LOWE. l47

LE OOtTVEBITEUB.

Général , bien que vos officiers et vos serviteurs s'efforcent de flétrir mon caractère , la retenue avec laquelle j'ai écouté vos paroles, un peu trop amères peut-être, doit vous prouver que je sais respecter votre infortune.

Oui, oui, sans doute , vous avez montré dans cet entretien plus de modération que moi;... mais aussi il serait trop affreux à vous de prétendre comprimer l'expression de nos justes plaintes.... Oui , vous avez mis dans vos discours une modération que je désirerais voir dans vos actions;.... raison de plus pour que cet entretien soit le dernier.... Il eût été plus digne de moi, plus noble, de dire de sang-froid toutes ces choses-là, qui eussent eu d'ailleurs plus de force et de poids.... En résumé, dans le cours de cette audience si longue, j'ai à peu près parcouru tous les objets en discussion;.... j'ai supputé tous nos griefs et et tous vos torts ; j'ai fortement appuyé sur lés odieuses vexations dont vous nous accablez continuellement. Je me suis exprimé quelquefois en termes fort durs; mais aussi j'ai parlé tour à tour à votre esprit, à votre amour-propre, à votre cœur... Je vous ai mis, je crois, à même de tout réparer, de travailler à neuf; mais, si vous êtes sans fibres, si votre cœur reste glacé, tant pis

l48 MÉMORUL DE SIR HU1>S0N LOWE.

pour VOUS, monsieur, tant pis! Dans ce cas, souvenez-vous un jour du terrible anatbème que Fempereur Napoléon, votre victime, a appelé sur votre tête! .

Je sus depuis que Napoléon avait dit à ses officiers, après que je fus sorti : « Eh bien ! la crise a été forte : je me suis fâché, mes amis; on m^a envoyé plus qu'un geôlier : sir Lowe est un bourreau! Quoi qu'il en soit, je l'ai reçu aujourd'hui avec ma fi^re d'ouragfan, la tête penchée et l'oreille en avant. Nous nous sommes considérés comme deux béliers qui allaient s'encorner^ et mon émotion doit avoir été bien forte, car j'ai senti la vibration de mon mollet gauche... c'est un grand signe diez moi, et cela ne m'était pas arrivé depuis longHtemps. »)

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