‹ Mémorial de Sir Hudson Lowe: relatif à la captivité de Napoléon à Sainte-HélèneChapitre 42 sur 59 · CHAPITRE XXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXV

livres envoyé* à Napoléon. — Quel était mon but ta lui élisant parvenir les brochores et les pamphlets dirigés contre lui.

A cette époque on m'attribua , à Long^wood , le choix de plusieurs volumes formant un envoi expédié à Napoléon , et que le hasard probablement dirigea seul. Ces livrés étaient : Histoire des campagnes de i6i4ef i8i5, par Alphonse de Beauchamps ; Itinéraire du retour de l'île d'Elbe; le Précis^ de la vie de Fotichéy etc. , ouvrages écrits dans ùn'sens tout-à-fàit opposé au ci-devant gouvernement impérial , du moins à ce qu'on me dit ; car je ne les ai jamais lus. On regarda cet envoi, à Longwood , comme une malice du gouverneur, |et le fait est que, cetté^b/^^je n'y étais réellement pour rien. A <:ette occaéion, je dois parler de l'amertume avec laquelle on m'accusa d'avoir cher* ché à troubler la tranquillité de Bonaparte et k empoisonner son repos , en lui communiquant toutes les brochures qui étaient écrites contre lui. Eh bien, oui; je' l'ai £ait ! mais le but qu'ori m'a supposé , celui seulement de tourmenter l'es*

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prit de Bonaparte , est trop mesquin , trop stupide. En mettant sQua les y6ux de Napoléon tous les pamphlets qui étaient dirigés contre sa puissance abattue , j'éclairais enfin ce prince déchu sur les suites de son fou^eux despotisme ; je lui appre^ nais la vérité qu'il u'avait jamais sue, et que, dans son infortune même , ses amis fidèles , en se serrant autour de sa personne , pouvaient encore empêcher d'arriver jusqu'à lui. Bonaparte apprenait alors que son règne était passé, et que, lors même qu'il trouverait les moyens de fuir , il ne pouvait plus espérer de ressaisir ce diadème qu'il avait laissé échapper» Sans doute îl y avait quelque cruauté dans cette subtilité de j7aisoimem«Dit et d^na ration qui la suivait ; mais ie repos du^ mofide pouvait^ entrer en balance avec quelques cqi^idérationei puériles de coniAeiiance et de pi* tié^M4 Je Tai déjà dit , j'étais alora le sâde du mi* XÈifUkm^^ la fanatique serviteur d'un paiti «pii me V^a plus tard, commâme l'avait si énergique* ç9Qnl; prédit Kapoléon. JMea ne me paraissait 4(H9fi k dédaigner quand il t'agisetît d'humilier c^ svifefb^ ennemi de l'AngAeterre, et quaiWI je pt^iiBaia pouvoir lui faire perdra ses idées de ^n* deur «traea rêves de pinssance* Je "voulais à toute f(3ffQe arcaeherde son cœur les dernières espé- «amm d'an retour à là domination, ^qui poun^ifSfX y demeoier encbvc» La suite de ee système était, <i9 oalmet lés humeurs superbes du vain*

DE SIR HUBSON LOWE. â5l

queur d'Âusterlits et d'Arcole , et de détruire ce ferment d'tmbition qui pouvait encore volcaniser le cerveau de Phôtede Long^ood. En même temps ma tâche de geôlier en devenait plus facile; car j'éclairais Napoléon sur les véritables résultats d'une évasion que la perte de toute idée de gloiro et de grandeur devait lui faire regarder connue inutile , et même comme dangereuse , pour les souvenirs historiques que laissait son illustration passée. Je lui montrais qu'il ne pouvait y avoir pour lui dans la Aiitë aucun profit de puissance , aucune espérance cle râiabilitation royale; et, au fond, c'était lui rendre service.

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