CHAPITRE XXXVI
Mm emporteHMDtf. >— Mot da btroo Stmncr à cec éj^arJ. — Cartel de M. H|iceiv.— -Le oomU; Btitrand me provoque en duel.
Je continuais à être >dans une position tout aussi hostile envers les habitants de Longfwood; et l'espèce de guerre à mort qui s'était engagé? entre moi et les officiers de Napoléon, deyenait chaque jour plus grave ; chaque jour leur haine et celle du général prenait plus d'intensité en raison directe des mesures 3e surveillance que je me trouvais forcé de prendre. Telle était la fâcheuse situation dans laquelle je me trouvais , que les officiers anglais eux-mêmes refusaient souvent d'exécuter mes ordres, ou s'y soumettaient avec une répugnance qui aurait dû m'éclairer. Maintenant, je puis trouver raisonnable et juste l'éloignement que ces braves militaires montraient pour un tel systkne de rigueur et d'espionnage ; mais , dans la chaleur, dans la fermentation de mon dévouement patriotique , je ne voyais guère dans leur conduite que de l'insubordination , et même un manque total de na-
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iienalisme. C'est ainsi que je me crus obligé de faire un rapport contre le capitaine Blackoiey, dtt 66% qui avait été , chargé d'inspecter Lon^« wood ,' et qui, dès les premiers instants dé son entrée en fonctions, avait déclaré « qu'il^ne pou* vait se décider à continuer un service aussi humiliant; qu'il était honteux pour l'armée an^ise qu'on trouvât dans ses rangs des homiûes capables de s'avilir au point de consentir aw^ exi^ gences du gouverneur , exigences indignes d'iin honnête homme, n ■ - ■ ■> ^ ',
J'aurais dû, je le comprends aujourd'hui , j!«u* rais dû m'armer de patience, ainsi que j'en avaia pris la résolution en arrivant dans l'ile.' J'aurais dû me forger à moi-même un cqeùr de fer et un firont d'airain, pour rester moralement et physiquement impassible aux outrages dont l'e^tercioe de mes fonctions cnlelles, et mon obéissance toute fanatique aux ordres qui m^étaient trans^ mis, devaient nécessairement me faire abreuver.. Mais le naturel l'emporta ; et ^ malgré le phjegiaae dont je me parais quelquefois , j'étais k plus^sou^ vent dans un tel état d'irritation, qu^ toulriacai système nerveux en souffpait horribkmenl^ Ce fut à la suite d'un de ces^empoirteibenits terribles > que le baron Stitrmer, mie pmnant le bras, me conduisit devant une glace, et qu'après. m'avoir, fait remarquer la hideuse lividité de mes traits et l'aâreuse contraction de mes muscles, s'écria:
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ic Regàîde»w>us , mioftsieur, et ditee-moi ce que l'Ëwrc^ "pénufràit dm soit de niliistrêpriMiinier 4^iSaliite*-Hélène^ si elle pouvait voir dans an pareH> état l^omnie 4 fe garde duquel l'^gle* tcne «jugé à propos de confier Napoléon! n
▲ cette- ^KMfue je fus obligé , d'après le reftis du oa|pitaine-fiÂaclLeney,de remplaiseir cet officier par M»;iiyster^ comimiidaiyt ées milicee^<}e l'fle, et que je revêtis dVme autérké temporaire pour sur* teiller la conduite de» habitants de Longwood, Sa présence dans cette habitation dut nécessaireua^snt j déplaire ; aussi je reçus de M. Bertrand aner lettre daps laquelle il m'adressait, de la part dn généra] 9 tme protestation contre tonte violation: de Fenceinte de Longwood par mes agents, ML Hy^ter, qui se trouvait fint mal traité dans cette épltre^ et que M* Bertrand traitait m^e d'instnuiient de haine, de réaction et de vengeance, omt devoir, malgré son âge, envoyer nn cartel aii gmnd-nMrédial , qui hii-méme We réexpéoUgioette provocation en me disant <r que son eoraoterq et sa délicatesse lui défendaient de se ncauiitr avec un vieillard , et son grade avec nn subalterne^ que si inoi , supérieur de M. Hyster ; et sèn égal ii lui, je voulais lui demander raison , il était prêt à faire justice à toute réclamation de œ geuM. »
Je blâmai fortement M» Hyster de cette ridicule querelle et de cette rodomontade de ci-de-
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vant jeune homme, et je lui défendis de donner aucune autrQ'si4t^ k cette c|î^;is|iôa. Quant à la provocation que m'adressait personnellement le comte Bertrand , je crus devoir ne pas la relever ; car je sentis combien il eût été odieux de ma part d'entrer en champ clos avec l'un des plus braves , des plus généreux et des plus fidèles amis de Napoléon. La position de M. Bertrand , et de tous les officiers de Longwood, à mon ^^rd, devait excuser bien des choses^ D'ailliaurs je me regardais, moi , comme trop utile à mon gouiper^ nement, qui m'avait confié une tâche dont^la difficulté croissait chaque jour , et je regardais l'existence du grand-maréchal comme trop prë« cieuse pour celui qu'il appelait son souverain ,, pour ne pas laisser tomber dans l'oubli un défi dont le résultat , quel qu'il lût, n'eût été expliqué qu'à mon désavantage.