‹ Mémorial de Sir Hudson Lowe: relatif à la captivité de Napoléon à Sainte-HélèneChapitre 47 sur 59 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

Pff^senu reout de llodc.. — DûcattioB pour une otnmMM gravée. — CorrespondaQce. — lovectÎTes de Ni^poléon.

La veille de la bataille de Waterloo, tin capitaine de l'armée anglaise, nomme Elphinstone, fdt blessé grièvement et fait prisonnier. Gomme quelques chasseurs à cheval l'emmenaient, Napoléon vint à se trouver sur son passage. Le voyant affaibli par la perte dé son sang, il eut pitié de son état, et sur-le-champ il donna ordre à un de ses chirurgiens de panser les blessur<es du capitaine; et, un moment après, il lui envoya un gobelet d'ai^ent plein de vin tiré de sa propre cantine. Or, ce capitaine avait un frère qui tenait un emploi supérieur dans Flnde au service de la Gonipagnie, et un oncle, lequel s'appelait lord Keith. Toute cette famille fiit pénétrée de la plus vive reconnaissance pour la généreuse compasmn que Napoléon avait montrée envers- le capitaine Ëlj^iustone , et rechercha depuis avidement toutes les occasions de lui en donner des p^^tves. Lorsque 4e BeÏÏérophon arriva sur la côte d'Angleterre , ayant Bonaparte à son bord , lord Keith

n^eut rien de plus presse que d^envoyer exprimer à l'empereur prisonoier les «ei^timents de sa re-

t connaissance , et il lui fit ofiFrir tous ses services en récompense de celui qu'il avait rendu à son

. neveu sur le champ de bataille.

Plus tard, et lorsque Napoléon fut à Sainte- Hélène, M. !^phinstone, lefrèi*e du'capitaiile, îBt confectionner un superbe jeu d'échecs avec son échiquier, deux magnifiques corbeilles ii ouvrage, en iyoir^ déctnipé^ et un aasottUneiit de jetckis avec la boitç aussi «a ivoire , le tout 4e .manttfîhc* ture chinoise»

Au comix»eooeaie!nt, de juillet 1817 1 les. oijets arrivèrent à SainterHélèoah. Ils étaient' âqc9ffi]^r gnés id'u^e lettre de rboi»ori(bl(8 M; Blpbmstoae , eu il est dît qu'ils avaient été ^^^mmcmdés par lui ^ pour étxa ofierts au f&e$ou»9^ 4iii^Ui^ 4ç>nt ils portaient h chifiËre, comivbe un té«iQ%ni^ de M reconnaasswcequ'ilcottser^erfit tomte sa vie pofir le pripce qui, pa? un acte d'ipâuna^ité peu -Ofdir «Hine, avajit sauvé la vie k un lùrèfe cbéri*

J^e fus d'abord un peu emhaj^aaséen j^eeevaat oesï objets po^r k jgéoéral Bonaparte. Il fallait bien, d'après la stricte teneur de mesiostructicms ., que tout ce qui était adressé à Bonapurlje passât fer rent,remiseduministère;mais-,comme j'avais amsi lux p|iivoir discmtionnaire doot jt pouvais uaer au besoin, je me décidait euToyelfliefi présents à leur destination , et j'écrîvia dans ce isens au compte

Biertfand pour le fférenïr 4e leur arri^ et de leur pTOchaî» enToi.

Gependant yafiEidii&se oooipliqmi pour mcÂ: lors* cpe je fiS'Oumr les caisses et les ballots qui eoutenaient ces olijets; car sur tous était ^rarrëe une couronne impériale surmontant un N , ckifiFiQ de Napoiéon Bonaparte* Gett^ atkisiQn à une pais^ sance maintenant passée et évanoqie poar tou^ jchirs, cette reconnaissance d'un droit qui ni'exis'tait plus, me parurent dangexBiises, ou tout ax^ moins contraires à la manière dont Napoléon devait être considéré h Saintet-Hélène» Le diraije? cette couronne gravée sur des joujoux me fit peur ; j'y voyais un démenti donné à toute fiia conduite envers le n6ble prisonnier; j'y voyais un nouveau point d-appm donné à ses prétentions de pouvoir et d'empire. Je n'osais done lui envoyer les ternie présents. Je donnai Fcu'dre au cap^ taine Heaviside, qui les avait apportée de l^Inde, de ne pas en parler à Longwood lorsqu'il y fut pré« sente, et je restai qudques jours dans l'indécision et dans une grande perplexité. C'était une aflFiaire d'État pour moi que l'envoi dhin jeu d'échecs et d'une caisse de jetons. On eûtpu penser, comme me le dit en riant le major Ckirrcfquer, qne je croyais faire édiec à tous les rois de la dirétienté , et pro«> clamer un nouveau vin^ fnars, en consentant à* laisser BonapSrte J6tte¥ sur un échiquier aux ar^ mes impériales et marqué de son chiffre conrbtmé.

a8o ' BIÉMOBUL

Enfin, je lœ décidai à envoyer, ces présoits; je l'avais promis. Je craignais un nouvel oragie. à Longwood ; mais , tout en cherdiant à l'éviter , je ne fis qu'aller au devant ; car, oonune j'écrivis au . comte. Bertrand , en lui fiitsant passer les présents destinés à Napoléon , que je -voulais bien , en cette occasion, outre^sser mes instructions en deux points principaux, dans l'intention de feire quelque chose, qui pût être agréable au général , j'en reçus la réponse suivante ;

« Monsieur lb GouvxaNEuft,

» J'ai reçu les.^cinq caisses que vous avez pris la peine de m'envoyer, contoiant un jeu d'échecs, une boite de jetons, et deux papiers à ouvrage en ivoire, envoyés dp Canton par M. Elphinstone. L'Empereur a été surpris de voir, dans votre, lettre, que vous pensiez que votre devoir était de ne pas remettre ces.objets.iSi/a^îssa^y dites-vous, en entière conformité aux. réglepimis établis, /e devrais en suspendre l'enpoL En ce cas, monsieur le gouverneur , .v<>tts eussiez fait une chose. gracieuse de les.i^tenir.

n Mais à quoi cela s'applique-t-il? E8t<)e> ce que ces objets ne sont pas arrivés par le canal du ministre? P^ns les restrictions du.ministi^e, il est bien dit que les /et^re^ doivent venir par scm canal; mais non les objets d'habillement, les bustes, les

meubles, etc. Nous avons constamment reçu du Cap beaucoup d'objets qui nous ont été envoyés. D'ailleurs lord Batburst, dans son discours , et voiis-méme, dans une de vos lettres, vous avez rejeté avec indignation que des lettres venues par la poste, ou par des occasions, eussent été envoyées à Londres pour revenir dans ce pays. Cela ne peut ni n'a pu vous autoriser à retenir des objets tels que des bustes, des meubles, des livres et tous autres effets qui n'ont aucun rapport avec la sûreté de la détention.

» Serait-ce parce que sur les jetons il y a une couronné? Mais il ne peut exister aucun régfe^ ment qui ne soit à notre connaissance. Or, il n'est pas à notre connaissance que nous ne puissions pas posséder un objet sur lequel se trouve une couronne. Il faudrait donc aussi faire de nouveaux jeux de cartes, parce qu'il y a des couronnes sur celles qu'on s'est procurées. Le linge et le peu d'argenterie qui restent vont souvent à la ville; ils sont marqués d'une couronne.

» Mais de qui serait émané ce règlement que vous dites en vigueur? de votre gouvernement, qui seul a , par le bill , le droit d'en faire. Votre ministère a déclaré en plein paiiement qu'il n'avait été fait aucune restriction depuis celles qui avaient ét^mprimees et communiquées à l'Europe, qu'avait votre prédéceèseur, et qu'il vous a remises. Il a ajouté que vous n'avez fait aucune res-

aSa MéBiOfiiAL

trictkm^niai^ «eulement pris des mesures d'exé^ cutionu EffectmnMiU Vous n'en ayez pas le droit. n JL'Sm^âreur ne veut de ^nee de personne, et ne yeutriendu caprice de qui cpts te soit; mai» il a le droit de connaître les restrictions qui kd sont imposées* Votfe gouveraemeiit, le parlemeient et toutes les nation^ ont le même droit. Je tous prie donc, monsieur, ^ nous commnniquar ci9s nou* velles restrictioas , et , s'il en existait de patdlles, elles seraient en oontradiction aviec l'asaertîoB de lord Bathurst, qui dit qu'elles ne dcâtent avoir pour b|it que la sûreté d& la détention. L'Empereur ïïm charge de protester contre Tciistenoe de toiUe restriction ou règlement qui ne lui aurait pas été légalement notifié avant son exécution.

fi fki l'honneur, etc.

» Ckimte BERITIÀND. »

Je ne pouvais laisser cette lettre sans réponse^ aussi m'empressai-je d'adresser au «eoiBle ûertriund celle qui suit :

u J'ai re^u votm lettre du to du courant : l'u*- . sage fréquent que vous y fiûtes du titre d'empe^, reur, et le ton avec leqifêl vous m'exprimez vos sentiments lorsque vous l'employezÀn^antortseraient saf&samment à ganier le silence sur son contenu , comme m'étant adressée sous une forme

iùadmi88iMe.Néanmoin^, je ne me prévaudrai pas de ces motifs pour refuser d'y répondre.

■ » Le seul but que j'ai eu, en vous écrivant le 8 de ce mob , a été d'empêcher qa'on ne crût'que je reconnaissais tacitement , ou approuvais y qu'on reconnût le rang impérial dans la couroinne pla-» cée partout au. dessus de la lettre initialede:Nav poléon, qui se trouve sur des présents , «nvoyés parun sujet anglais particulièrement; et venant d'une factorerie anglaise» > > -

. n Si je les eusse laissés parvenir sans obscrvatioB^ on en aurait nécessairement conclu quen'y voyais rien d'inconvenant; et je ne sais que tropjusqWà quel point ce précédent aurait pu être attaqué, et quelles plaintes se fussent élevées, lorsqu'on s'en serait écarté à l'avenir , si je n'eusse déclaré d'une manière explicite les motifs que j'ai eus , dans ce cas , pour permettre que les objets en ques^ tion vous parvinssent*

n Celui qui a hit ces dons a sa manière de peu* ser personnelle; m^s j'ai aussi le droit d'exercer mon jugement en ne souf&ant pas^ qu'elle s'exprime par mon intermédiaire ; et, en laissant par* venir les présents , sans autres observations que celles contenues dans ma lettre , j'ai été aux extrêmes limites de ce que pouvaient exiger de moi les égard» que .méritent les désirs ou l'attente' an général Bonaparte. *" .

V n Vous me demandez , monsieur : u Est-^e à ce

a84 mémorul

^ue 08S objets me acmi pas arrivés par le canal du ministre ? etc* n

n Je me serak ooosidérë comme pleinaneiit just^ à les retenir diaprés la teneur générakde mes instractîons , sans rapport à la décoration qui s'y tfouTe j jusqu'à ce que j'eusse obtenu de mon gou** ▼emement Tordre exprès de les livrer , à moms que je ne fisse usage de mon pouvoir discrétion* naire pour les examiner, et me convai^icre qu'ils ne contenaient aucun moyen de communication qui pÂt servir à une correspondance clandestine. L'envoi que je vous ai Eût de la lettre^ avant même que les objets fussent débarqués ^ prouve swtf&sammcrpt que la dernière voie a été le prin* ^pe d'aplrès lequel j'étais toi^ours prêt à agir, au lieu d'attendre Farrivée d'înatmcdond d'Angle* t^ie.

9 Vous remarques j monsieur , que j'ai lepouasé avec indignation l'accusation d'avoir renvoyé à I^ondussy pour être expédiées de nouveauë ce pays, 4efr lettres venues par la poète ou par des occa* sifi^ particulières* J'ai sans doute , monsieur , rf pouMé celte accusation avec indignation, ainsi que les téSexions qu'elle avait ftàt nattie^ parce qWelWs ne contenaient ni vérité ni justice; parce que j'étais révolté de ce sentiment qui £uaait voir une vexation et des motifi de reprocke^idans des marques d'attention (car, en envoyant leur» lettrea^defamlUe^'avais usé, en feveur deapersonnes

qui s*ëtaient adreMëes à mot , d'un pouvoir dis^ crëtionnaire que mes instructions n'autoriseraient pas); mats je ne suis pas convenu que je n^ivais pas le droit , et n'y étais pas parfait^nent autorisé, de nenvoyer des lettres d'Angleterre, si je le ju«geais à propos, k>rsqa'dies venaient par des voies irr^gulims. De9 présents peuvrait être aussi conitraires qu'une lettre à la sûreté de la détention, et poumxienî être susceptibles d'un examen qui les empêcherait à jamais de servir à l'omewientou à Vu*tUité. On peut cacher une lettre sous les cases d'un échiquier ou aous la couverture d'un livre, aussi Ued que dans la doublure d'un gilet; et je ne suis pés obligé de me fier h la personne qui les «nvoie, quelle qu'elle soit. Si j'ai permis que des objets vous fussent transmis, ça été k cause que j'ai été persuadé qu'ib n'étaient pas d'une nature répré* he^isible ; et vous n'avez certainement, monsieur, aucune raison de vous plaindre de la manière dont j'ai usé de mon autorité discrétioniiaire, tant en consentant généralement à l'envoi de tout objet qui arrivait , qu'en en laissant parvenir pluf sieurs autres , arrivés sous mon couvert , et dcMit les personnes qui les envoyaient avaient entière* ment laissé, par dâicatesse, la transmission à mon dioix.

9 Voa9*ûh9exyei , monsieur : ^ SertUtHie parce que sur les jetons ilya une couronne? etc. , etc., oét vous demandeaiL s'il existe cpielque r^lement qui

aSè MÉMORIAL

vons défende d'avoir une chode sur laquelle est une ccmronnel

» Ilin^existe sans doute, monsieur, aucun rël^ement spécial et écrit qui défende l'arrivée à Longwood de tout objet surmonté d'une cou* ronne , ou qui vous empêche d'en posséder aucun avec cette décoration; mais, dans le cas dont il s'agit, c'était la couronne impériale sur la lettre initiale de Napoléon , découpée , dorée bu gravée, ■et que présentent presque tous les objets. Son ab-* dication, le traité de Paris, et les actes du parlement anglais , rendent inutile l'existenceile tout r%l«nent à ce sujet.

Il Les objets surmontés de la couronne impé^ riale , et' actuellement à Longwood , portaient cette marque avant l'abdicatioi^Je n'en ai jamais disputé la possession , ni la satisfaction qu'ils peuvent procurer.

» Quant au passage que vous citez des débats du parlement, permettez-moi de vous faire ob* server qu'il est inexact , selon tous les Journaux que j'ai vus : les journaux eux-mêmes ne s'accordent pas ; car l'un parle de r^lement , l'autre d'instructions, non de restrictions, comme étant les mêmes , du moins sans aucun ; changement substantiel , que ceux antérieurement prescrits.

«Vous dites, monsieur: u Vous n'avez pas te droit d'en faire. »

» L'acte du pariement , la commission et les

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instructions dont je suis pourvu , sont, monsieur, mes guides les plus sûrs à cet égard ; cependant il me sera permis d'ajouter que les instructions premières , que vous prétendez être mes seules règles, ont reçu une plus ample interprétation que ne semblerait le comporter leur sens strict et littéral , relativement au degré d'exemption de gène personnelle duquel jouit maintenant le général Bonaparte.

n Vous ajoutez : « L'Empereur ne veut de qrate^ etc. n .

n Je n^ai pas la prétention d'accorder une feveur au général Bonaparte , et encore moins l'arrogance de l'assur^ttir à aucun acte de mon caprice. Il n'est soumis à aucune restriction que mon gouvernement ne connaisse, et que le monde entier ne puisse connaître.

n Je saisirai ^ette occasion pour rappeler que le général Bonaparte lui-même , Ibrs des deux entrevues q^ j'ai eues avec lui , m'a fait observer que ^ comme officier général, je devais agir suivant des instructions , et ne pas faire mon devoir comme un consigfie; mais il semble à présent que c'est en consigne qu'on veut que je le remplisse ; une autre fois fl déclara ne reconnaître aucune inspection directe en public. Commentées suggestions s'accordent-elles avec les limites étroites dans lesquelles on cherehe maintenant à restreindre l'exercice de mes devoirs ?JLes vues que vous avez présentées

^68^ MéNOBfAL

CQÏACickal le plu9 avec les mienii^ (voyam; qac tout exercice de mon pouvoir cUscrétionn^ûre , niènie dans le cas oà je cherche à a^r le plus fn^ vorablement^ A'ejotratiiie que de nouvelles dîscm* mm$); mm^ lorsqu'oa me manifeste des senti* mmts si opposes, «vous reconnaitres, monsieur, la difficulté de les concilier eiHie eux.

n Vous dites , monsieur : « L'Empereur me charge de protester contre l'existence de toute restrie^ ti0n,ete*, etc. »

n II est essentiellement de mon dewûr, chaque fois que les circonstances le permettront, de considéra toute conununicatîoEi qui peutm'étre fiEute, 9U nom même de la personne quA yous désignez mW' €e|)6odant on ne saurait notifier un règlement aiuqud domiQ lieu un cas soudain, avant la circonstance qui en. fait nattne la néoesaâité. La mesure dcmt vous parles n'était tpas de nature à être communiquée d'avance; mais elle n'a point, j'ose le dire 9 été mise à exéenticm Avant qu'ï en ait été donné connaissance.

» J'ai l'honneur d'être, etc.

nH. LOWE , lieutenan^-gp^éral. a

Cette correspondance et ces expltcatiems n'< péchèrent pas Napoléon de pnendre texte de mon hésitation pour m'en faire un nouveau crime et pour m'écraser de ses invectives.

a Le gouverneur, ditp41 , prétend qu'il n'était

DE SIR HUDSON LOWK. a6|^

pas sutorisé par les rëg^mento à n'envoyer «ei présents. Eli bien ! que ne les gardait-il? je lie ve«et rien de eon eaprioe* Mais où sontees ntgieneiittf je ne les ai pas ^ms , je ne ies eonnais pas , et , «Ife existent, ils ne peuvent être oblig^atoires' qu'après que j'en aurai eu précédemment eonnaUsance ;et , dans tous les cas , voyez donc le ridicule ! parée qu'il y a une couronne sur un échiquier, et un N couronné sur une corbeille, voilà que je vais reprendre le sceptre et la puissance. Il faut que les lâches d'Europe me crai^ent bien encore pour voir une proclamation et une reconnaissance dans la remise d'un joujou armoirié ! ^

» En vérité , Lowe aurait dû dire qu'il protestait contre cette dangereuse et effrayante couronne : cela du moins nous aurait fait rire un moment ici ; mais non, il veut me tuer à coups d'épingles, et certes il n'a pas de meilleurs moyens de torture que de me dire que je dois la possession de ces cadeaux à sa bonté. La bonté de Lowe pour moi ! grand Dieu !

n Au reste, je le répète, je ne veux pas me soumettre à son caprice , j'aimerais mieux des chaînes et un cachot ; car l'homme peut s'accoutumer à la dure monotonie du cachot, au lourd poids des fers , mais au caprice d'autrui , jamais : c'est impossible ! AUaprigione et aile catene i'uomo s'accostunuiy ma al caprîccio d'altrui, mai y e impossibile. Je ne lui demande aucune faveur ; qu'il garde ses

2QO MÉMOBIAL DE SIR BUDSON LOWE.

bont^: peut-étt« youdrâît^ilquje je lui ëcriyissc uneJettre àe remerciements , comihe ub jour il se toit dans la tête derne demander une lettre, d'ex-r OMes. Moi des remerciements, des excuses! moi k lui!..« n

Et Napolëon se prit à rire , d'un rire de dédain , de mëpris et de pitié«

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