‹ Mémorial de Sir Hudson Lowe: relatif à la captivité de Napoléon à Sainte-HélèneChapitre 53 sur 59 · CHAPITRE XLV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLV

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Pm^rh de la maladie de Napol^oa. '-- U «e aeoit attaqué d'un squirre au pylore. — Con»uUatioo, — ^apolëoo reçoit ««s secoure de la religion. — Il meurt.

Depuis l'arrivée du docteur Antomarciii , qi^i avait déjà trouvé Napoléon dans un état de santé fort précaire , la situation du général empirait chaque jour , et les soins précieux de l'habile médecin corse n'avaient pu obtenir d'iieureùx résultats, One fois, un mieux sensible se fit sentir; itiais Napoléon s'étant obstiné, en l'absence 4'Antomarchi, à manger des fruits , qu'il dévora avec avidité, £t à boire deux verres de vin de Champagne, qu'il aimait beaucoup, il éprouva uxie rechute qui eut les suites les plus terribles.

Napoléon était attaqué d'une hépatite ou maladie de foie, chronique, alors arrivée à son plus haut période d'intensités Cetfe maladie y selon Bea^tam etM. Jennings, qui ont partîculièreioent «tudié la température climatérique de Sainte- Hélène, est endémique sous cette latitude, et très souvent elle y est mortelle. Probablement ce fut de ce genre de maladie que mourut le maitre-

d'hôtel Cipriani ; presque toutes les personnes qui accompagnèrent Bonaparte en furent atteintes. Maintenant que le temps a amorti chez moi , comme chez tant d'autres, le feu des passions poUtiques, qu'il me soit permis de blâmer la barbarie ou la criminelle insouciance de ceux qui condamnèrent Napoléon à mourir lentement sous ce dévorant climat, à la meurtrière influence duquel je ne dus peut-être moi-même d'échapper, que g^race à un tempérament sec et extraordinairemait vigoureux.

Napoléon se croyait attaqué d'un squirre au pylore , maladie qui conduisit son père au tombeau. Il recommanda fortement à Antomarchi d'examiner soigneusement son estomac après sa mort, et de faire sur cette étijde un rapport détaillé. Il lui dit d'adresser ce travail à son fils, en lui indiquant les remèdes les plus efficaces à employer, dans le cas où il serait un jour attaqué de la cruelle maladie à laquelle lui , Napoléon , aurait succombé '«

* Bien que Thëpaiite chronique, dont le docteur ÂnUHoarclû signala les symptômes pendant la vie de Napoléon , ait été certainement la cause de sa mort, cependant l'autopsie prouva que soo opinion, concernant une afiEection squirreuse béréditaire dans sa famille , n'était pas dénuée de fondement : « L'estomac parut d'abord dans un état des plus sains , dit Antomarchi ; nulle trace d'irritation ou de pblogose. La membrane péritonéale se présentait sous les plus heureuses apparences. Mais , en exa>

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Je me serais trouvé heureux de pouvoir procurer quelque soulagement au malade ; je fis donc faire à Napoléon l'offre de le faire transférer dans -le nouveau bâtiment que l'on avait construit pour lui, et dont les appartements étaient beaucoup plus aérés , moins étouffants, et, par conséquent, ■moins incommodes que ceux de Longwood ; mais le docteur Ântomarchi s'y opposa, en disant que le transport du général d'une habitation à l'autre serait fatal. Je fis offrir du lait de chèvre, que je savais fort rare dans l'île : on me répondit avec ironie que du lait ne convenait guère à un mourant. Tout cela pouvait être juste; mais pourquoi' cet acharnement à chercher toujours un mauvais côté, même à celles de mes démarchés que je faisais dans l'intérêt du général expirant? • Quoi qu'il en soit, l'état de Bonaparte empirait chaque jour. Les fonctions hépatiques ne s'accomplissaient plus; l'estomac se refusait à la digestion. Le malade ne pouvait absorber que quelques gouttes de liquide, souvent rejetées aussitôt qu'elles étaient prises. Le chirurgien du 20^^ régiment, M. Amolt, que Napoléon avait bien voulu admettre

miaaDt cet organe arec soin , je découvris sur la face intérieure , vers la petite courbure, et à trois travers de doigt du.pylove, un léger engorgement comme squùreux , très peu étendu et exactement circonscrit. L'estomac était percé de part en part, dans le centre de cette petite induration. L'adhérence de cette partie au lobe gauche du foie en bouchait l'ouverture. » -

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auprès de lui, était kûa d'être d'accord %y^ Antaijiiarehi «or le genre de la maladie; il prétefidait , lui , que le foie était demeuré intact , ^t tous les symptômes étaient pourtant oeu]( de la maladie désignée par le médecin corse, IVnjoigiûs donc aux docteurs Schort et Mitchell de tenir ui»e consultation avec MM. Arnolt et Antomardù* Ces praticiens deauindèrent avec persistance h voir le malade, afin de s'assurer par eux*mémes de son état; mais M. Àntomarebi avail: reçu d«s ordres, et il refosa obstinément de laisser pénétrer ses confrères jusque daos la chaipabr^ du mourant.

Les médecifis anglais, dt le docteur Arnolt surtout^ qui avait doni>é des soins au malade , me déclarèrent que le tenue était arrivé, et que Napoléon n'avait plus que quelques joiprs & i^vre. Cette nouvelle terrible avait déjà été dn<iojB0ée par le gépéral Mentholon à Bonaparte, quil'ei^lepdit avec isalvxe et résignalion, en s'^rjaot ^epJemeiM:; « Ahl puisqjoe je devais pérXr wrce wséraUe «ocher d'uue ma^re si cn^e , pourquoi ies boulets m'ont^ls si souvent épargnéf » Puis il s'adjoignit Bertrand et Montholon pour rai4er à uiiettre ordre à ses affaires, et il s'occupa •ans i^âcbe à traœv ses dernières voloâAés.

Bientôt les ^mptômes s'aggravèrent et devinrent très alarmants* La fièvre augmenta ; une forte oppression à l'estomac lui sncréda ; la peauchau-

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gea de couleur, puis un hoquet violent vint horriblement latigner le maUc^. Le 3 j]Dai , il reçut des mains de l'abbé Vignali , son aumônier , le viatique et tous les secours spirituels que la relig^ion catholique accorde aux mourants, et, presque immédiatement après , il perdit connaissance pour toujours!

Ce fut le 5 mai 1821 que se termina cette lente ^i^onie. Bonapairte mourut en e^npovtant dans la tombe pinf baine 4oiit je commençai à comprendre toate la sévèsç jpetice^ et h sentir ^l^)rribi^ iardaaii4**« Ce fiit •ài »x heures dn soir, m tmiit du canon du fort annonçant le coucher dja soleil , q^t le plus gr^nd homme de gue^rre d^s t^va^ oaadçrqes rfeaidit le dernier ^upir'

Napoléon efx avait fini av«c hjmtm^ 1 il (^Wi;me^ç)^ av^ la postérité !

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