‹ Mémorial de Sir Hudson Lowe: relatif à la captivité de Napoléon à Sainte-HélèneChapitre 55 sur 59 · CHAPITRE XLVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLVII

GodidUe da testament de Napoléoo.

Un des codicilles du testament de Napoléon fionaparte était ainsi conçu : u Je désire que mes cendres reposent sur les bords de la Seine, au milieu de ce peuple que j'ai tant aimé. »

De ce peuple qu'il a tant aime!,.. Ceci avait pour moi tout l'air d'une plaisanterie! Laii , Bonaparte, qui fit le dix-huit brumaire !... qui en bonne justice aurait été fusillé lors de son arrivée d'Egypte, si Barras et ses collègues avaient eu le courage de dire un seul mot à Dubois-Grancé ! lui qui gaspilla , à coups de sénatus-consultes , et les trésors et la population du beau pays qui avait eu la faiblesse de remettre son sort entre les mains d'un homme qui ne connut jamais d'autres lois que les lois du sabre , et n'en voulut pas faire connaître d'autres ! lui qui faisait jeter dans un cul de basse fosse les écrivains qui , même sous le voile de l'allusion , osaient lui envoyer quelques parcelles de vérité ! lui qui se plaça hors la loi, en s'armant contre lès institutions de son pays qu'il brisa et anéantit; qui créa une police-mo-

MÉMORIAL DE SIR HUDSON LOWE. Syi

dèle plus absurde et plus inique que œlle de Metternich, et à la tête de laquelle on vit successivement le stupide Dubois ou le fabricant de conspirations Fouché ! lui qui attira, par ses erreurs politiques et son ambition , deux invasions sur son malheureux empire !...

Du reste , il ne m'appartient pas d'établir ici* le plus ou le moins de £oi qu'on peut on qu'on doit ajouter à cette parade de sentiments chevaleresques... Je respecte les dernières volontés d'un homme ausisi grand que Bonaparte, d'un homme dont la renommée fut si excentrique. Mais que ces volontés, exprimées aii moment suprême, fussent exécutables, je le nie; car il n'y a pas de loi qui, dans aucun pays, puisse forcer un légataire à accepter les dispositions inexécutables qu'il aura plu à un moribond de consigner dans son testament : et c'est précisément le cas dans lequel se trouvaient les exécuteurs testamentaires de Napoléon , qui me firent signifier ce codicille. CSomme eux , j'étais plein de vénération pour les dernières, volontés du grand capitaine dont j'avais plaint souvent la malheureuse destinée ; comme eux , j'au^ rais voulu tout faire pour que le soupçon d'iniquité qui pesait sur l'Angleterre et sur moi cessât au moins après la mort de mon prisonnier : mais pouvais-je prendre sur moi une détermination qui devait avoir d'aussi importants résultats?... Il faut toujours observer les hommes d'après leurs

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palriohs Daleur ûrtëvét, ji Von veut les juger sstv iMmenl. Or, ^e te^Mupartni'c k moi que le 4MM^s <k ItfajKiWott fût traniporlé an £«v^)e ouipi'il C^t^nBeveli rtUms Tde? J^avaifi {m ii«ïr Bonaparte ▼ivBMt^ puvc que je le rcffluxiaiB eooime un «i* nemi terrible de rAngletèrre^ comme «n puMsaiot génie qui pouvait ^ même au eeîn de lAfsofiivkéy aoulenrer contre elle det êempétes ; n)ais:po«q|ioi n'aunais-je fias Tesf>eeté le dernier désir qu^ avak fiMemë? JPourquoi aurai^je, au delà même 4u InqNit, déplayé.eositmlttîiiime sévérité puérile et ismtile en mêtm temps?

* Je. fus oblige de notifiera des messieurt qult Jit¥tÉit imfKKsible «Taroir ^|!aird à cette préten* tiettj, que je n'admettrai^ certainement pas $an^ de JKHiYeaiue oodixs^ ceux que j'avais re^ j«s^ qmhlers ae lOM permettant pas d'egir autrement» Et qu'on ne pense pa& que je me «ois araêté de mon ^ei à tcettc détorminatiofi^ Quel<pKes moie a^mnt le .décès du t^pénéiBl ^ et quand ^depuis Jong^ tempe tout faisait présumer que su n^ aladie était mortelle^ Sa Ocaee loord Badnrst me diota ma conduite 'pouor l'avenir, présumé; et je puie encore retnoflaver dans mes partons ma coorrespondanee officielle k œtteépocpie. Les exécuteurs testamen.taioes . ne nnaquèffMit pas <k crier à l'infamie, au scandale, oomme je l'ad dit dass le précédent chapitre ; ils m'aœausaient d'une haiae qui se prolon^ait au delà idu tombeau^»* Cki me pria , oa

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m'olnéda ^ on m'injuria même ; xbau tout fut inutiley paanee que j'airabia or^osoiénce ferme et iné- Immlable de mon4leyptr* Je répondis Kfue le corps de diapoléoti f^eeiterait à ÂiiiHl&iilélèue ^ ^eti que je pDuimii ttovd^Deut consentir à ce que «cea me$fiwnrs eussent la £eiculté de choisir le lieu de la eépuUufe : ce qui £at fait, coi^dae on Ta déjà th. Ati ûùtf si l'on prend la peine de raisonner un instant 9 on Terra combien cette préte^ion dts amis de Napoléon éftaît inadmisaiMe^ On Toulait qus leicorps deCiapoléou :Gûiit tranaportéen franœ «t iidiumé dans la ea^^le, à une «poque où oe pays, «e oresaeiSLtant des vÂoleotes commotiona politiques qui l'avaient <i>itffnenté, contenait ento^ des germes de troubles «ivils! L'Angleterre a vait- •eUe donc ae«iie intérêt à ce que laa dépouilles «lorteUoa de JSapoléon ne qutttasaemt pneFUe où 'dlelTa^t tenuioaptif? la dynaistierégnantealors «n France n'avaît-eUe pas le cb^it de douner ^uasi fia voix , de faioe prévaloir aon opinion dans oette décîsioii si importante pour <iUef Rendre à la France las restes 4e son aucien ^uyeiTaiii 9 d'un iSOttTeniin qu'ui»e aunéole liMniwuee de gloirie mihtaiw |>laça Airt îam desmis de ses ooipi^mpoiï^s

couronnés, et qui , même après sa mort, avait de si nombreux partisans! n'était-ce pas évidemment, de la part de l'Angleterre , un acte de démence , ou un acte du plus ridicule égoïsme , en même temps qu'une insulte sanglante faite aux

Bourbons, Et quand même j'eusse consenti^ en dëpit des ordres du cabinet de Saint-James, à me dessaisir du corps de Bonaparte, pouvait-on penser un seul moment que la police française, si méticuleuse alors, aurait permis l'introduction, dans ce pays, de ces illustres miais dang^ereuses reliques? Quand Napoléon était à l'apogée de sa gloire et de sa puissance, aurait-il souffert, si Louis XVIII fût mort à Mittau ou à Hartwell, aurait-il souffert qu'on rendit un culte funèbre à ce prince en transportant ses restes à Saint-Denis , pour qu'il pût y reposer dans le tombeau de ses ancêtres? Non sans doute! la sensibilité politique de Napoléon ne descendait pas jusqu^à ces sortes de complaisances.

D'ailleurs, le fait est jugé maintenant : il était facile aux gouTcmements anglais et français de s'entendre plus tard sur l'opportunité de la translation du corps de Napoléon Bonaparte, si je me fusse opposé seul à l'exécution de sa dernière volonté. Mais Napoléon est mprt<lepuis près de neuf ans , je ne suis plus à Sainte-Hélène , et cependant les cendres de l'ancien empereur des Français reposent toujours solitaires et abandonnées dans cette île.

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