MESSE COMMÉMORATIVE
L'église, où se pressait un auditoire immense, était magnifiquement décorée. Des drapeaux tricolores et des étendards aux armes des principales villes du Canada ornaient les piliers de la vieille cathédrale. Depuis longtemps, M. l'abbé Maudet, aidé de gracieuses collaboratrices, avait préparé cette décoration, qui a servi de cadre radieux à la belle cérémonie religieuse que présidait Son Eminence le Cardinal Labouré.
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L'accès du chœur avait été permis aux membres du Comitii, de la Société ArcFiéologique, aux invités canadiens.
Au premier rang, le Maire de Saint-Malo et le Ministre des Terres, Mines et Pêcheries de la Province de Québec, l'Honorable Adélard Turgeon, des deux côtés de la dalle qui marque la place où s'agenouilla Jacques Cartier, pour recevoir, au départ de la deuxième expédition, la bénédiction de f'évêque ; puis, à droité et à gauche, les deux députés de Saint-Malo, MM. C. La Chambre et Robert Surcouf, le Président du Comité du Monument et le poète Th. Botrel.
Puis, ce sont le général Méert, commandant la 40' brigade d'infanterie ; le commandant de Montbeillard, chct d'état-major du général Davignon (1), commandant la 20* division d'infanterie; l'Honorable Hector Fabre, Commissaire général du Canada à Paris; M. Etienne Dupont, président de la Société Archéologique ; MM. Ethier et Bauset, représentants de la ville de Montréal ; les Révérends i. M. Beland, curé de N.-D. du Sacré-Cœur de Central Falls, et Napoléon Leelerc, curé de Sainte-Anne, Woonsocket (Rhodes Island, U. S. A.) ; MM. A. Lefèvre, Faudier Lefèvre, Ludger Gravel, etc.
Dans le transept, on se montrait M"* Hortense Cartier, fille de feu sir Georges Cartier, premier ministre du Canada, et descendante de Pierre Cartier, plusieurs Canadiens (2).
(i) Le général Dftvignon, en tournée dlnapecUon, avi M. le commandaDt de MontbeiUard pour le représenter
(2) Voici d'ailleurs la liste officielle des Canadiens présente à Saint-Malo peu- Honorable A. Turf^eon, Ministre des terres de la province de Québec; honorable Hector Fabre, Commissaire général du Canada en France ; M. L. J. Elhler avocat de la ville de Montréal, représentant la municipalité de Montréal; M J. Bauset, secrétaire général du Conseil municipal de Montréal et M— Bauset M. Paul Wiallard, attaché au Ministère de rinlérieur du Canada ; M. le D- Brlsson vioe-président de la Société de colonisation de Montréal ; M. C. B, Major, anclei député provincial ; M. le D' Ed. Fabre Surveyer, avocat au barreau de Montréal M. F. X. Lemieui, secrétaire du Ministre des terres de la province de Québec , M. Charles Lefebvre, professeur k l'Ecole normale de Québec ; M. le !>■ et M— Casgrain, de Québec ; M. M- et MM. Robinson, de Grandy , Québec i H-* Morln,
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Et jusqu'aux portes de la cathédrale, grandes ouvertes, quelle foule ! Ainsi que le dit Le Saîul, « l'élite de la population de Saint-Malo et des villes voisines » s'était unie « dès le début des fêtes, dans un santiment de commune fierté patriotique » et de foi religieuse.
Le programme de la cérémonie comportait d'abord l'exécution d'une Cantate : Le rêve de Cartier, paroles de Louis Tiercelin, musique de Louis Blanc, organiste de la Cathédrale.
Dès que le Cardinal, qui va célébrer la messe, s'est incliné au pied de l'autel, l'orgue prélude et bientôt les voix en sourdine se font entendre. C'est la Maitrise de la Paroisse qui, sous l'habile direction de M. l'abbé F, Bertrand, attaque les premières mesures d'un chœur charmant, où s'expriment le calme de la mer et le silence de la nature. Cartier rêve. L'Occident l'attire. 11 hésite encore. Mais deux voix lui parlent. Ces voix de la terre et du ciel, celles de MM. Stéphan et André Oraiu, avaient toute la iorce et le charme voulus, portées sur les deux phrases si émouvantes qui leur étaient confiées par le compositeur. Puis les voix s'unissent en duo, plus pressantes, et Cartier se décide. Il ira conquérir les Terres Nouvelles et les Ames Sauvages, pour les offrir à son Dieu et à son roi. Un chœur éclate qui dit le départ, l'arrivée, le triomphe.
M. L. Blanc a trouvé d'ingénieuses combinaisons harmoniqueSj de traiches et originales mélodies, des rythmes conquérants, des sonorités puissantes pour traduire et magnifier les paroles qui lui étaient données. Il a mis debout
M'" Moriii el M. Paul Morin, de Montréal ; M-> Saint-Jeim, M>" Saint-Jean, professeur d'élocution à l'Université Mc-Gill à Montréal ; M. J. F. Lcféyrc, do Montréal ; M. l'abbé Trudel, de Saint-Justin ; M. Joseph Picard, Industriel  Montréal ; M. Bcllaager, de Montréal ; M. Ludgcr Gravel, vice-président de la Société des Artisans canadiens de Monû^al ; M. le D' Lemieui, de Québec ; M. J. A. GIroux, de Montréal ; M. J. B. Beaulieu ; M. Joseph Gélinas, de Trois-Riviéres, P. Q. ; M. F. X. Mercier, de Québec.
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une très belle œuvre et la Maîtrise, conduite par M. l'abbé Bertrand, l'a interprétée avec une réelle puissance.
Nous donnons tout le poème sur lequel a été écrite la musique de M. L. Blanc, dans le regret de ne pouvoir l'envelopper du vêtement d'harmonie qui en a tait tout le charme.