‹ Mémorial des fêtes franco-canadiennes pour l'érection du monument de JacquesChapitre 24 sur 61 · AUX BRETONS · texte numérisé non relu

AUX BRETONS

l>ell L'uz daaulugac], to^t d'ar c'iialoii.

Loin des yi^ux, proche du cceiir.

Pivverbe brclon.

J'aurais voulu franchir le farouche Atlantique, Pour aller m'incliner sur le rocher celtique Ou naquit ce marin au courage indompté.

Qui, de son roi rûvant d'agrandir les domaines, Déploya le premier sur les eaux canadiennes Le drapeau de la France et de la Chrétienté.

\V. Chapman lu prix Archon-Dcspérousos

POUR l'ÉBECTION du monument de JACQUES CARTIER

J'aurais voulu plier le genou sur la terre Que tant de fois rougit de sang la race altiëre Dont sont issus les preux qui peuplèrent nos bords ; Et j'aurais voulu voir le couciiaut d'or qui sombre Caresser d'un dernier rayon quelque mur sombre Qui protège la cendre auguste de vos morts.

J'aurais aimé me perdre à travers vos bruyères... J'aurais aimé me joindre à vous, ô nobles titres, Pour fêter celui qui, sans répandre le sang, La croix sur le cœur, sut vaincre la Barbarie, Et qui, nouveau Colomb, devait à sa patrie Léguer un monde aussi vaste qu'éblouissant-

De Paramé j'aurais aimé longer la grève.-.

Mais hélas I je n'ai pu réaliser mon rêve ; Et c'est avec un œil voilé de pleurs jaloux Que j'ai vu s'éloigner sur le âot qui palpite Le navire emportant cette troupe d'élite Qui maintenant festoie et jubile avec vous.

Non, je n'ai pu cingler vers la côte bretonne ; Mais, malgré l'Océan qui déferle et qui tonne. Malgré l'épais brouillard la dérobant toujours, Avec les yeux pensifs et constants du poète J'aperçois Saint-Malo, dont un flot clair reflète Les toits et les remparts, les môles et les tours.

Je contemple l'Arvor et ses hautes falaises, Ses grands pins résineux, ses chênes, ses mélèzes, Et ses croix dominant le gouffre tourmenté ; J'observe son granit que dorent cent légendes. Ses courtils, ses ajoncs, ses dolmens et ses landes, Tout ce qui fait sa rude et sombre majesté.

Oui, loin de vous, bien loin, j'assiste à votre fête ; Je vois les trois couleurs flotter sur chaque faite ; Je vous vois radieux, hommes, femmes, enfants, En foule vous presser autour d'une statue Dont le galbe hardi vous parle et vous remue ; J'entends, tremblant d'émoi, vos longs cris triomphants.

J'entends parmi les cent rumeurs du flot qui râle Quelque panégyriste au verbe fler et mâle Exalter les travaux du modeste côtier

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