LES FILLEULS DE CARTIER
Aux Canadiens fran^aii.
Jacques Cartier vécut ici, nous dit l'Histoire. pèlerins pieux, sa maison, la voilà !
Ici, hors de la brume obscure où se voila Le passé, son étoile échappe A l'ombre noire.
L'heure de sa naissance et le lieu de sa mort Qui peut les affirmer d'une façon certaine î Jusqu'au jour où partit le vaillant Capitaine, Tout entière sa vie échappe â notre effort..
Alors, Dousle suivons, dans son récit fidèle, Vers ce lointain pays où sa voile aborda ; C'est là que, dans l'azur nouveau du Canada, La Gloire prend son nom et monte à tire d'aile.
La trace de ses pas demeure empreinte encor Sur la terre fertile et le long du Grand Fleuve, Où ses ipains apportaient une semence neuve Que nous voyons IVuctifler en moisson d'or.
Mais, sans doute un peu las, désabusé peut-être, Satisfait cependant du labeur accompli,
! MÉMORIAL DES PÉTES FftANCO-CANADlE
It cherche le repos, il demande l'oubli,
Et c'est à Limoilou qu'il devra les connaître.
U veut goûter enfin cet espoir toujours cher De la paix qu'on savoure au déclin de la vie ; Voilà le coin de terre où son T^ve se fie, Le manoir, le verger, les cliamps et puis la me
Cest Ici qu'au retour do la grande Aventure, 11 vécut, mais non pas délaissé, car souvent La cour se remplissait d'un tumulte vivant ; J'entends des cria, des chants et des bruits de v
Un baptême là-bas sonne dans le clocher.
Et le père, un bourgeois grave, quelque noble I Veut un compère illustre à son enfant qu'on no • Seigneur de Limoilou, c'est vous qu'on vient
Et combien ont ici formule leur requôto Qu'un même bon accueil encourageait toujours Cartier ne laissait pas achever le discours Qu'il avait répondu : ■ Je serai de la fôto ! »
Et c'était grande fête I Honneur pour les pareni Exemple pour le nouveau-né, ce parrainage Apparaissait à tous comme un heureux pi'ésagt Ce filleul inscrirait son nom aux premiers rang
Digne de ce Français qui voulut faire encore Une France plus grande et dont le rêve ardent Poursuivait le soleil au loin vers l'Occident, Sûr, en quelque pays, d'y retrouver l'aurore ;
Digne de ce Chrétien qui réclamait los droits De Jésus et voulait gagner ces cœurs sauvages Et qui prenait possession de ces rivages En les marquant du signe auguste de la Croix.
Ces filleuls de Cartier, gardant la double empn De son patriotisme et de sa foi, leurs noms Sont connus, braves gens et hardis compagnon Des Chrétiens sans reproche et des Français sa
POUR l'érection du monument de IACOCES CARTIER 133
Ces Malouins nombreux et certes des meilleurs. Nous pouvons les compter au cours de nos archives, Mais Cartier a fait souche aussi sur d'autres rives Et le héraut de France a des filleuls ailleurs :
Des Chrétiens, qui n'ont pas laissé mourir la flamme Que ce fler conquérant alluma sur leurs bords. Qui se disent très fiers et se sentent très forts D'avoir sauvé la foi de Jésus dans leur âme ;
Des Français, dont partout le passé se défend Et qui, toujours, malgré le temps et la distance. Sur leur lèvre ont gardé le dous parler de France Et daus leur cœur l'orgueil de la France vivant.
C'est pourquoi, réunis sur cette terre élue Par Cartier comme un lieu d'asile et de repos, A l'ombre de la Croix, dans l'envol des Drapeaux, Ces filleuls d'Outre-Mer, ici, je les salue.
Où mieux pourrions-nous donc leur tendre les deux mains Qu'au seuil de ce manoir, dans sa paix iïateroelle, Lorsqu'on sent palpiter la présence réelle De celui qui passa souvent par ces chemins ?
A ces ■ cousins > que le Canada nous envoie, Dans la vieille maison de famille, où donc mieux Evoquer les communs souvenirs des aïeux.
Unir notre espérance et dire notre joie î
S'ils n'ont pas oublié ce Lieu Saint, noua aussi. Nous savons l'honorer pour tout ce qu'il rappelle. Et la France ancienne et la France Nouvelle Peuvent fVaterniser loyalement ici.
Ces filleuls de Cartier, ils ont compris peut-être Que, s'ils se retrouvaient chez eux, étant chez nous, Près de la mer plus bleue et sous le ciel plus doux, C'est que sur tous planait l'ombre du grand Ancêtre.
Aussi, rentrés Là-Bas, qu'ils proclament bien haut
Que les traditions ne se sont pas perdues
De l'hospitalité Bretonne et, mains tendues,
Qu'ils ont trouvé partout des Bretons au cœur chaud ;
MÉMORIAL DES rÉTES FRANC
ucillis au pays de Douce Souvena ts ont vu refleurir le Passé tout ( lu pied de la Statue et qu'aux Poi <nt communié dans l'amour de la
ai pas fini de remercier et lont le grand talent, le dévo i une telle note artistique i tour nous avec une exubéra xus. qui connaisseut son fiei imont succède M. Fabre Sui lie comme un neveu de l'Hor un ami de la France. Et ceri mt, dans un très beau dist t de pouvoir reproduire.