‹ Mémorial du peuple de la rivière Rouge aux gouvernements anglais et canadiens [microforme]Chapitre 18 sur 28 · C. de is Eau. |Dilig’nce · texte numérisé non relu

C. de is Eau. |Dilig’nce

DiTFÉPENCE rss sosone ni 715 | 35

es +

Le dernier tableau nous donne les distances totales par la voie ferrée, les bateaux-àvapeur et la diligence sur chaque route. Il ressort de cet aperçu que bien que la route par Chicago et St. Paul a 35 milles de moins par bateau-à-vapeur, elle a en même temps 715 milles de plus par chemin de fer, et 58 milles de plus par diligence que la route par le Lac Supérieur. Les tableaux Nos. 1 et 2 font aussi voir que St. Paul est à 63 milles plus éloigné de Toronto par Chicago, que ne l’est le Fort Garry de Collingwood, par la route dont l'établissement est proposé.

Nous pourrions appliquer la comparison à une autre route américaine qui, bien que plus longue de 100 milles que la route de Chicago par bateau-à-vapeur, a près de 200 milles de moins par chemin de fer. La route en question est celle parcourue par le chemin de fer de Détroit à Grand Haven, de là par le Lac Michigan jusqu’à Milwaukie, de là

iusqu’à La Crosse, St. Paul, Georgetown et Fort Garry. Bien quo sans exception ce soit la route la plus courte, si non la plus prompte qui existe, néanmoins, le tableau suivant indique clairement que celle dont on propose l'établissement sur le territoire britannique, peut supporter une comparaison favorable avec la première. Comme il est inutile de donner les distances intermédiaires, nous n’avons inscrit que la longueur totale par chaque mode de transport : —

Milles,

Chem. de fer. Eau. Diligence. Total

De Toronto par Détroit, Grand Haven, Milwaukee, La Crosse, St. Paul, et Georgetown, au Fort Garry 788 290 1696

De Toronto au havre Nipigeon, et par le chemin ter-

ritorial projeté, et par bateau-à-vapeur jusqu'à

Fort Garry ss neo snocoosee sovo 0e rsooee …! 232 1050

En faveur de la route proposée | 58 646

L'on devra observer que bien que le chemin de fer par Chicago soit généralement considéré comme la route la plus directe pour se rendre à un point quelconque au-delà de St. Paul, la route par Grand Haven et Milwaukee est de beaucoup la plus courte pour voyager ; la distance totale jusqu à la Rivière Rouge par cette route étant de 1696 milles contre 1788 milles par la voie de Chicago. Nonobstant le fait que la route de Grand Haven et Milwaukee soit d'environ 100 milles plus courte que la route ordinairement fréquentée, et ue de fait c’est la route américaine la plus courte, la comparaison ci-haut entre cette

ernière et la route que l’on propose d'établir sur le territoire Britannique, fait voir que la route auglaise l’emporte en tous points sur sa rivale américaine. La distance par bateauà-vapeur est de 65 milles plus courte ; la longueur totale parcourue en diligence est de 58 milles plus courte ; la distance à parcourir par la voie ferrée est de 523 milles plus courte ; enfo, la distance totale est de 646 milles plus courte par la route britannique que par l'autre. Pour arriver à ce but dont l’utilité est si évidente, il ne s’agit que de construire en tout 232 milles de chemin carrossable ordinaire, ériger une digue, et une paire d’écluses en bois de petites dimensions. Kn exécutant ces travaux, nous substituons une ligne d'environ 1050 milles de longueur traversant le territoire britannique à une autre d’environ 1696 milles de long, traversant presque partout le sol étranger. ue

La route britannique offre encore un nouvel intérêt, celui de s'assurer du trafic destiné à tout chemin de fer établi à l'Ouest du Lac Supérieur. Par cette route, la distance aux régions nord du Minnesota et du Dacotah est plus courte que par toute autre Il ne semble donc pas alors bien absurde d'anticiper que partie du trafic futur de ces Etats prendrait la direction d’une ligne de communication bien entretenue sur la route projetée.

LIGNE TELEGRAPHIQUE ET CHEMIN DU CANADA A LA COLOMPiE ANGLAISE.

Relativement à l'établissement d’une ligne télégraphique et d’une route postale du Canada à la Rivière Rouge, traversant la région de la Rivière Rouge, ct aboutissant à la Colombie Anglaise, nous pensons que quelques mots ne seront pas déplacés ici. Supposant que l'argumentation de l’auteur en fiveur du développement des ressources des nouveaux

istricts au moyen du systèmo de voirie bien entendu, soit fondée sur la raison, il semble bien certain que le principe admis d'ouvrir au moyen des chemins territoriaux les grandes routes d’un nouveau pays, si on l’appliquait au développement des régions inoccupées de l'intérieur de l’Amérique Britannique du Nord, offrirait les plus grands avantages. Un chemin territorial, disons le, c’est !+ précurseur du chemin de fer; l’établissement en est récommandé chaque fois que le trafic promet de rendre la vapeur profitable où nécessaire comme moyen de transport. Voilà bien aujourd’hui un cas absolument de cette nature. Si, à J'héure qu’il est, il n’est pas devenu nécessaire encore de construire un ghemin de fer,

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qui peut oser prédire, en face des quarante millions d’acres fertiles se déroulant par larges lateaut à travers des plaines centrales jusqu'aux riches vallées aurifères des Montagnes Eoshenses, et en face de l'impulsion soudaine que la présence de l'or van rimer à l’émigration et à la colonisation bien dirigées, qui peut oser dire qu’un chemin de fer ne viendra pas remplacer un simple chemin traversant le continent avant qu’une autre énération ait passé? Jusqu’à tout récemment, la république voisine, si prospère pendant des années, était encore le grand centre vers lequel se porn le trop plein des pays du vieux monde. Aujourd’hui, le flot de l’émigration n'est-il pas arrêté par les difficultés de nos voisins? Eh bien, ne pourrions-nous pas lui ouvrir un nouveau débouché, qui ferait la richesse de toute l'Amérique Britannique? Si unc partie des immigrants qui ont jusqu’à ce jour grossi les rangs de la république américaine, pouvaient être dirigés vers nos rairies par une route qui rendrait ces dernières aussi accessibles que celles du Mississipi, ’établissement d’une route pos‘ale et d’une ligne télégraphique traversant la contrée y jeterait partout de l’emploi ; l'on ne tarderait pas à ressentir la nécessité de communications améliorées, et à plusieurs endroits à mettre la locomotive en réquisition.

Ea ouvrant un chemin territorial et en établissant une ligne télégraphique, la vapeur et l'électricité, ces grandes civilisatrices du siècle actuel, prendraient bientôt racine sur les déserts vastes, tristes et encore incultes de l’intérieur lointain. Pour bien des raisons, il importe done grandement qu’un télégraphe électrique soit construit précisement le long de la ligne du chemin de fer projeté, et au plus tôt; en sus de sa valeur au point de vue militaire et commercial, comme moyen instantané de correspondence entre les deux océans, il servirait beaucoup à l’œuvre de la colonisation ; il permettrait à des localités isolées de se communiquer leurs besoins et leurs pensées ; les établissements naissants séparés par des centaines de milles connaîtraient à chaque heure du jour pour ainsi dire les progrès qu’ils font individuellement, et connaîtraient les principaux évènements à mesure qu’ils transpireraient ; et le pionnier, lui, bien que pour un temps éloigné de la civilisation et de ses bienfaits, il se sentirait moins isolé quand il serait certain de pouvoir en un instant s’aboucher avec les amis qu’il a laissés loin derrière lui.

Une partie du plan proposé est que le chemin territorial soit construit et amélioré par degrés, de pair avec le progrès de la contrée, depuis l’état brut jusqu’au plus haut point de perfection requis pour la circulation. L'on pense que le développement du chemin et l'établissement de la contrée iraient ainsi s’entr'aidant, les travaux de voirie et de colonisation marchant ensemble au grand bénéfice des deux ; et, sous ce rapport, il semble bien possible d'adopter un système pour vendre les terres beaucoup plus agréable aux colons une fois qu'ils le comprennent et de beaucoup plus avantageux au pays en général que le système découlant de l’opération de la loi dite The free Homcstead Law de nos voisins.

n vertu de cette loi, un citoyen ayant atteint un certain âge, peut se procurer un lot vacant dans l’ouest lointain, en payant environ 815, et en cultivant la terre pendant cinq ans, mais il n’existe pas de disposition pour la rendre accessible au public ; les colons sont tenus de régler eux-mêmes leur droit d’entrée et de sortie en la manière qu’ils veulent bien le juger à propos ; la question d'ouvrir des chemins, de jeter des ponts sur les ruisseaux, ou d’en payer les frais, est laissée aux pionniers; c’est un grand retard apporté au progrès et aux améliorations, et il en sera toujours de même tant que l'établissement des À sera laissé au caprice ou aux efforts individuels. L’on croit qu’un meilleur plan serait de douner un lot à quiconque en ferait la demande, en l'obligeant, en retour, à consacrer un certain nombre de jours à améliorer les grandes routes. Supposant, par exemple, que les terres seraient divisées en lots de cent acres chacun, et que pour avoir droit à une patente l’on obliget chaque occupant à fournir dix jours de travail chaque année pendant l’espace de dix aus. Le travail, c’est le capital d’un homme pauvre mais industrieux ; c’est le seul placement qu’il ait à opérer ; néanmoins, avec ce travail il se verrait en état non seulement d'acquérir un bien, meis encore un bien dont la valeur sera rehaussée par de bonnes routes,

. En concentrant gipsi la main-d'œuvre, année par année, sur une ‘ ligne do communication territoriale,”” établie à l'avance, ce serait la préparer à recevoir la ligne du chemin de fer, tandis que l’ogeupation et ls culture de la terre prépareraient, à leur tour, la contrée à se prévaloir des ayantèges d’une yoig ferrée. Ce serait, à la vérité, un progrès lent, mais il n’en serait que plus sûr. Un gland planté en temps, vient à produire un chène aux dimensions gigantesques ; pareillement, un faible capital pour commencer, employé comme

EEE

nous venons de le démontrer, en même temps qu’une industrie bien exploitée ensuite, ne peuvent manquer de créer par les scules ressources naturelles et toujours renaissantes une grande ligne de communication internationale. Un pareil projet, fut-il unc fois adopté, et une somme comparativement minime appliuée à la construction d’un seul chemin carrossable, même à l’état bruc, et un télégraphe électrique établi sur la meilleure ligne de chemin de fer qu'il n’y ait pas sur le territuire britannique, il ny aurait plus qu’à attendre les heureux résultats de cette entreprise. Le chemin carrossable tout rude qu'il pourrait être, deviendrait la grande artère de communication d’un océan à l’autre; il deviendrait pour le sol une espèce d’épine dorsale ne couvrant pas moins de soixante degrés de longitude, et en ferait peut-être un jour une contrée destinée à joucr un grand 1ôle dans la marche des évènements ; tandis que le télégraphe électrique représenteruit la moëlle épinière destinée à activer un système nerveux national qui est appelé à so ramifier dans bien des directions eucore dans ce grand empire colonial. | Eo terminant ces observations, l’auteur prend la liberté d'exprimer avec confince le vœu qu’il forme que le temps est venu que des mesures vont être prises pour relever les colons de la Rivière Rouge de la position isolée et peu satisfaisante qu’ils occupent aujourd’hui, qu'ils ne continueront plus à être traités comme des parias, et qu’on ne les laissera pas glisser imperceptiblement, mais inévitablement de leur propre horizon politique. La ation à laquelle ils se cramponnent et à laquelle ils demandent de l’appui a trop de respect pour ses sujets pour les abandonner à l'heure üäu danger ; c’est avec joie que ces hardis pionniers ont cru voir qu’ils pouvaient compter sur un bras secourable ; de récentes conférences survenucs entre les hautes autorités impériales ct provinciales leur font auticiper les plus favorables résultats. La mention que Son Excellence le gouverneur-général a fait du Nord-Ouest dans son discours de la présente session de la législature, fait prévoir que des mesures sont en voie de maturité ; l'avenir semble gros de bons résultats ; puisseut ces signes être l’aurore de jours glorieux pour ce noyau d’une vaste population qui, il est bien facile de le prévoir, doit continuer à vivre dispersée sur les plaines du centre de l'Amérique Britannique du Nord !

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