CONSIDÉRATIONS RELATIVES A L'OUVERTURE D'UNE GRANDE ROUTE
DU CANADA A L'OCÉAN PACIFIQUE EN TRAVERSANT LES POS- SESSIONS ANGLAISES. :
PROJET D'UN SYSTEME DE VOIRIE TERRITORIALE. . L’extrait suivant est tiré d’une lettre publiée au mois d'avril 1862 :— Re … Depuis bientôt deux siècles on parle toujours avec enthousiasme de l’ouverture d’unè communication commerciale entre les côtes Est ot Ouest de l'Amérique du Nord par les nds bassins du St. Laurent, la Saskatchewan et la Colombie. Dès 1679, Robert Cavalier e la Sale forma le magnifique projet d'ouvrir une route qui conduirait en Chine et au Japon en traversant la région des grands lacs du Canada; un fait assez curieux, c’est que les rapides et le village de Lachine, près Montréal, furent ainsi nommés, soit pour perpétuer le souvenir du vaste projet de La Sale, soit pour le tourner en ridicule. Environ cinquante ans plus tard, Charles Marquis de Beauharnois, Gouverneur de la Nouvelle- France, essaya d'établir une communication jusqu’au Pacifique, et ce fut sur ses ordres que Pierre Gauthier de Varennes partait en 1731, et fut.le premier voyageur qui se rendit jusqu'aux Montagnes Rocheuses.
Depuis quelques années plusieurs écrivains en Angleterre et en Canada, se sont réoccupés de ce projet, entre autres le lieutenant Millington Henry Synge, I. R., en 1848 ; Le snjos Robert Carmichai l-Smyth, et un monsieur Wilson, employé de la compagnie de la Baie d'Hudson en 1849. Allan Macdonell, écuyer, en 1850, et le capitaine Thomas Blskiston, A. R., en 1859. Chacun des ces écrivains exposa ses vues personnelles, et tous recommandaient fortement l'ouverture d’une grande voie de communication à travers les possessions Britanniques d’un Océan à l’autre. En 1858 la législature provincial du Canada incorpora une compagnie à fonds social qui se proposait d'ouvrir des communications et de faire le trafic à l’intérieur. Cette compagnie prit le nom de ‘ Compagnie de transport maritime et par chemins de fer du Nord-ouest ;”” on lui accorda des pouvoirs très-étendus ; en outre de la faculté de trafiquer sur les fourrures, le suif, le pémican, les cuirs, l'huile de poisson, et autres articles de commerce, elle était autorisée à reudre navigables les différents cours d’eau; à construire des chemins, des voies à rails en bois, et des lignes ferrées entre les lacs et rivières naviques de manière à faciliter les moyens de transport du Lac Supérieur à la Rivière Fraser. Île avait aussi le droit d'acheter ct d'employer des navires de toutes sortes ‘sur les Lacs Huron et Supérieur, et sur toutes les nappes ct cours d’eau au nord et ou nord-ouest du dernier de ces deux lacs, ce qui lui ouvrait un vaste champ pour les entreprises commérciales.” La même année fut formé le bureau de direction de la compagnie, on y comptait les noms les plus influents du Canada. Mais pour une raison ou pour une autre les opérations projetées n’ont jusqu’à présent fait que peu de progrès. | | e court exposé historique du projet d'étublir une grande voie de communicat'on du Canada au Pacifique, fait voir que dès l’origine de l'établissement des régions qui bordent l’atlantique, on considérait cette entreprise comme de la plus haute importance pour le développement du commerce et la civilisation. L'expédition Pallisser à travers les Montagnes Rocheuses, celles de la Rivière Rouge, de l’Assiniboine et de la Saskatchewan, démontrent assez que ce projet avait attiré l’attention des gouvernements impérial et colonial ; la découverte récente de terrains aurifères sur les deux versants des montagnes Rocheuses vient encore y ajouter un nouvel intérêt et, dernièrement, les difficultés survenues entre les Etats-Unis et le gouvernement impérial, bien que pour le moment réglées d’une manière satisfaisante, ont démontré l'importance de ce gris au point de vue stratégique. Bien que sur une étendue de près de 2,000 milles les moyens de transport ne soient aujourd’hui plus parfaits que lorsque La Sale entreprit de traverser le continent il y a ux siècles, le moment semble venu où l’ouverture d’une route traversant le continent ne seraplus une vaine utopie. - Avant d'étudier la construction de cette ligne au point de vue pratique, il est nécessaire d'en examiner la naturé, et avantageux d'envisager toute l'étendue du projet:
me
- —= re metins Phrase) À