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ITINERAIRE du Rourtf A a la ville E , .
En tête du rouleau, c’est à dire au bas du croquis, est l'indication de la route, le tilre.de l’itinéraire; h gauche, la colonne des observations générales ; h droite , celle des observations particulières; au centre, celle des signes conventionnels. La ligne droite qui est dans le milieu de celte dernière, représente la route h parcourir sans tenir compte de ses inflexions ; les nombres placés à droite de cette ligne indiquent les temps employés à parcourir les portions de plaine d’un signa au suivant, et ceux qui sont à gauche indiquent les temps employés à parcourir les montées ou les descentes, suivant qu’ils sont
marqués du signe H- ou du signe On
ne marque comme montées ou descentes que celles d’une grande étendue et celles où il faut enrayer ; toutes les autres de moindre importance se comptent comme plaine.
On récapitule les distances des points principaux de la route dans un petit tableau qui accompagne le croquis de l’itinéraire , et qui bien souvent suflit à lui seul pour l’objet qu’on se propose. En voici le modèle :
Un seril officier est ordinairement chargé de tout ce travail dès le début de la campagne; il fait, en conséquence, rayer et préparer des papiers de manière à n’avoir plus qu’à remplir , par les indications' écrites et par les signes conventionnels ; > ce qui se fait assez vite , pour ne pas arrêter Favant-garde dans sa marche. 1 * £i
Les croquis sont recopiés aux bureaux de l’état-major , sur des rouleaux de papier fin collé sur tafîeta, et les tableaux de récapitulation le sont sur desrégistres particuliers ; du tout on fait un ensemble , qui porte pour titre général : Itinéraire de la ville M à la ville N , passant par m , n, p, etc. « c f Si l’itinéraire existe déjà , l’officiel* n’aura d’autre tâche que de le vérifier et de le rectifier.
Moyens d’exécution pour la reconnaissance dessinée. "* • -
(214.) On ne peut point exiger dans le dessin des reconnaissances militaires, le degré d exactitude que comportent les grandes opérations topographiques, qui se font avec les instrumens les plus parfaits , et en y mettant tout le temps nécessaire. C’est pendant la pais
que les Ingénieurs géographes se livrent aux travaux délicats de la géodésie. A la guerre , ce H’est, le plus souvent, qu’un dessin à vue que le Général demande ; car on a rarement le temps de fixer sur le papier quelques points d'une manière précise par les procédés trigonométriquesi
Quelquefois on peut se procurer les points principaux dons les mappes, les plans locaux et même dans des cartes plus générales; il ne reste plus alors qu’à figurer le terrain dans les réseaux de cette espèce de canevas.
Si l’on ne peut [kis tout voir par soi-mêmé} on s’informe des distances et de la nature des localités ; on interroge pour cela ceux des habilans qui paraissent le mieux connaître leur pays ; mais ce doit être là le dernier moyen à employer, car les habilans ont souvent de l'intérêt à vous tromper.
L’officier fait sa reconnaissance escorté par des détachcmens , qui chassent au loin les partis ennemis , et lui donnent la facilité de scruter le terrain , et de prendre tous les reuseignemens qui peuvent intéresser le Général.
(3i 5.) L’instrument le pins commode pour prendra les angles principaux dans les recon-
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naissances, lorsqu’on veut donner au travail quelque exactitude, et ne pas opérer simplement î» vue, est le sextant ; on peut observer sans descendre de cheval , et l’exactitude que donne cet instrument est plus que suffisante pour le but qu’on se propose. Le sextant ù tabatière peut se tenir dans la poche ; l’Ingénieur le porte ainsi partout avec lui , au sommet des clochers , h la cime des montagnes, sur les grands arbres, en un mot , dans tous les endroits de difficile accès , qu’il est forcé d’atteindre pour planer sur le terrain qu’il cherche à représenter ; car c’est de là qu’on juge le mieux de la disposition génfrale du, site, delà distribution des eaux, des ramifications des montagnes et du contour dps bois; c-’est encore de là qu’on peut- prendre les prolongemens et les alignemens, si nécessaires pour donner de la justesse au levé.
faiô.) Gn ne peut faire aucune espèce dè levé, sans avoir préalablement mesuré une 1 base. Dans les reconnaissances militaires , cette base est ordinairement donnée pat la' distance connue entre deux objets relevés sur une carte. On doit cependant , si le temps le permet, mesurer directement celte base, au
mètre ou au pas ; car il s’en faut de beaucoup que toutes les caries soient exactes.
Pour faire la mesure au pas , il faut connaître , par des expériences répétées , en terrain horizontal et en terrain varié, sur les grandes routes et dans les terres labourées , le rapport de son pas nu mètre ; chaque officier doit avoir à ce sujet des petites tables toutes dressées qui le dispensent du calcul.
Quand on a de grandes distances à mesurer, il est difficile de compter tous ses pas ; on doit alors connaître combien on en fait par minute , et le temps écoulé indiquera l’espace (parcouru. H * *-i.%
Quelquefois on mesure au pas du cheval ; mais il fput pour cela avoir bien étudié ses allures, et connaître l’espace qu’il parcourt à la minute.
Enfin la vitesse du son servira dans beaucoup de circonstances à estimer les distances, carj on sait qu’il parcourt 34o mètres environ par seconde ; il ne faudra pour faire usage de cette indication, que savoir battre avec la main, la mesure des secondes, d’une manière .assez exacte pour ne pas commettre d’erreur sensible dans huit ou dix secondes.
"(aty.) L’instrument le plus commode pour
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prendre les angles est le sextant, avons-nous dit, mais avec cet instrument on ne peut point suivre commodément les sinuosités d’une rivière ou d’un chemin creux ; on a recours alors à la boussole , toujours dans la supposition qu’on ne veuille pas se contenter d’un dessiu à vue, et qu’on ait le temps de faire mieux. On doit reporter immédiatement les angles sur le papier, et pour cela avoir une feuille collée sur un carton , et un rapporteur en corne, avec une petite règle sur laquelle l’échelle du plan est tracée ; un petit compas dans un étui complette l’appareil.
Pour faciliter ce travail on trace à l’avance sur le papier , un grand nombre de lignes légères, parallèles entr’elles, qui représentent pour tous les points du papier la direction du méridien magnétique. Ces lignes faites au trait rouge n’embrouilleront point le dessin , et abrégeront considérablement 1 opération ; elles dispenseront de porter une équerre avec soi. On peut acheter ce papier tout préparé.
On se sert aussi , très-avantageusement , de la planchette dans les levés tels que nous lei supposons ici. Un petit instrument très-commode pour prendre quelques angles dans les
levé* expéditifs, est la boîte d’arpenteur à couvercle mobile et à nonius ; , il ne faut qu’une canne pour s'en servir , et son petit volume la doit rendre très-usuelle.
Ainsi les inslrumcns dont un officier d étatmajor dqit être muni, sont le sextant et la boussole pour les reconnaissances faites aveo soin , et la boîte d’arpenteur pour les petits levers de détail , et les reconnaissances rapides , où il n’y a que quelques angles à prendre , ,et où presque tout se fait à vue ; le même bâton peut servir de pied à la boussole , et la boite d’arpenteur. Une bonne lunette , un petit étui de mathématiques , et une boite à couleurs, sont également nécessaires.
(218.) Quand on n’a pas ses inslrumens avec soi, il faut savoir les suppléer en en fabriquant soi-même de grossiers, avec tout ce qu on peut se procurer. Ainsi deux règles assemblées à charnière et dirigées sur deuv objets, donneront par leur écartement l’angle quils comprennent , et cet angle rapporté sur le papier, sera d’autant plus exact qu’on aura mis plus d’attention à pointer les deux règles; le pied qu’on a dans la poche peut «ervir à cet usage.
On se fait aisément une planchette, en clouant une feuille de sapin sur le premier bâton trouvé, lequel appointi par le bout , servira à fixer la planchette sur le terrain.
Mais un œil exercé vaut mieux que tou9 ce9 instrumens imparfaits. Le levé purement à vue, a sur tous les autres, l’avantage d’une plus prompte exécution , et souvent de donner une image plus fidèle des localités dont il aura mieux tracé le caractère que ne l’auroit fait un dessin plus correct, mais moins pittoresque. La principale attention h avoir dans le levé à vue , est de tenir constamment son papier orienté; les quatre points cardinaux marqués approximativement par les quatre bords du papier , sont les points auxquels on rapporte les directions de tous les ob jets qu’on veut représenter ; on se place autant qu’on le peut sur les lieux les plus élevés; on compare sans cesse les distances élierchées aux distances obtenues; on vérifie par les alignemens et les prolongemens ; on fait en un mot un véritable dessin d’après nature.
(aig.) Il est encore une manière d’opérer, mais qui n’est applicable qu’aux pays plats el découverts, qui n’offrent qu'un petit nombre
do points k relever. Elle consiste à relever ces points au moyen d’une équerre d’arpenteur, en cheminant sur deux directions perpendiculaires. Si, par exemple , on avait à relever les points A, B, C, D, E, F, situés dans une plaine, on mesurerait sur les deux directions JIM', NN' les distances Oa, Ob, Oc, Od, Oe, Of, et Oa', Ob', Oc', Od', Oe', OP, ( Fig. 6 o\), comprises entre le point O , et les perpendiculaires abaissées des diflérens points sur les deux lignes MM', NN'.
Ce procédé tout simple qu’il est , ne peut convenir qui des petits levés ; on le modifie un peu quand on veut faire le plan d’un village; en suivant l’axe de chaque rue , on relève ce qui est à droite et h gauche , par des perpendiculaires dont on estime à vue les longueurs.
(220.) Les hauteurs relatives des différons points relevés , seront- données , si le temps le permet, par un nivellement régulier; sinon, ou ne déterminera que les principales, par des opérations trigonométriques. Le baromètre peut donner les grandes hauteurs. Bien entendu que ces opérations délicates ne peuvent se faire que dans les reconnaissances en pays conquis et entièrement soumis, elles sont donc du ressort de l’Ingénieur géographe.
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. Quand on a fixé les hauteurs des points principaux , par les procédés que je viens d’indiquer, on détermine celles des autres points par approximation et h yue , en les comparant avec les premières.
(221.) En récapitulant, nous voyons que le travail à- faire pour une reconnaissance soignée, est de jeter, d’abord sur le terrain queb ques triangles, en se servant du sextant, pour la mesure de leurs angles ; de fixer la position des routes et des cours d’eau, avec la boussole , la planchette ou la boîte d’arpenteur ; et de remplir à vue , les réseaux de ce canevas.
(332.) Le figuré du terrain consiste à représenter par des hachures les diEférens accidens. Ces hachures doivent suivre la direction des lignes de plus grande pente, assez bien indiquée par le siilonneroent des eaux sur la surface des mamelons qu’on cherche à imiter. On sent combien le dessin du paysage doit être utile à l'Ingénieur , dans cet étude de la nature.
Les forêts, les maisons, ainsi que les montagnes, doivent être représentées, à vue d’oiseau et non en rabattement, comme dans la plupart des vieilles caries ; ces rabattemens couvrent souvent des parties qu’il est intéres-
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sant de faire connaître , et donnent d'ailleurs une idée fausse du terrain.
Le dessin perspectif sera toutefois employé pour représenter telje partie de la reconnaissance, dont la simple projection horizontale , ne donnerait pas une idée suffisante. Quelques coupes faites en travers des vallées, quelques profils, atteindront le même but. Ces dessins partiels , doivent être faits en marge’, ou mieux encore sur des feuilles à part.
Le lavis est un excellent moyen pour donner du relief à la représentation du terrain; on l’emploie par-dessus les hachures faites nu crayon ou à la plume, en supposant que la lumière arrive par l'angle supérieur gauche du papier.
Enfin , l’enlumination est le dernier degré de perfection à donner au dessin. Elle exige beaucoup de goût et d’habitude. Un dessin, serait souvent très-bon au simple trait qui devient mauvais quand on l’a mal- adroitementcouvert de couleurs. En général, il vaut mieux tenir le9 teintes trop pâles , que de les forcer en couleur. Cherchez à les fondre, à les amalgamer sur leurs bords; évitez tout ce qui est tranchant; efforcez-vous d’imiter le tableau , que la nature offre h vos yeux , quand vous la contemplez d’une haulear élevée.
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