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(i5j-) Le profil des digues, ainsi que leurs déversoirs pour l’écoulement du superflu des eaux , ne dépendant pas de leur longueur; nous allons entrer dans quelques détails à ce égard.
Et d’abord , si la digue ne peut pas être battue par l’artillerie , il suffira de lui donner au sommet r“, 5o de largeur, dans l’hypothèse où «lie serait construite en terre , comme cela a presque toujours lieu. Les terres peuvent se prendre en aval ; cela donne, en cet endroit , une plus grande profondeur d’eau, ce qui ne peut être qu’un bien ; et si ces terres n’étaient point assez liantes et laissaient filtrer les eaux, il ne faudrait point hésiter les aller chercher au loin dans la campagne ; cela augmente la durée du travail , mais cela est nécessaire pour la bonté de l’ouvrage. Le meilleur moyen t
d’empêcher les filtrations , est de contruire l’intérieur de la digue en terre glaise , bien corroyée.
Quand la digue doit résister h du canon , son sommet doit être à l’épreuve, ou d’environ 5 mètres d’épaisseur.
Les talus de la digue peuvent être tous deux à terre coulante ; mais pour plus de perfection, il faut faire celui d’amont, plus doux que
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celui d aval , en lui donnant pour base le double de sa hauteur , afin d’éluder le choc des eaux , et pour que leur pression soit moins considérable.
(i58.) Si , après avoir construit la digue en terre , selon le profil que nous venons d’indiquer, on permettait aux eaux de s’élever audessus , pour prendre leur écoulement sur toute sa longueur , elle ne tarderait pas à être entièrement détruite , pour peu que ces eaux eussent de vitesse.
Pour éviter cet accident,' on ménage une partie de o“, 20 à o m , 5o plus basse que le reste de la digue, et d’une largeur suffisante pour donner passage à toutes les eaux du ruisseau. Cette partie formant creux sur le dos de la digue , construite plus solidement que le reste, s’appelle un Déversoir.
Ce dé versoir se construit en fascinage (Fig.47*)» c’est-à-dire , qu’après avoir élevé la digue en cet endroit, jusqu’à une certaine hauteur, on commence un double revêtement de fascines bien piquetées ; revêtement qui, non-seulement doit recouvrir le déversoir et le talud d’aval , mais encore s’étendre au-dessous en forme de radier , pour que la chute des eaux
qui s’écoulent par le déversoir , n’occasionne pas d’afïouillemens au pied de la digue. L’épaisseur de ce radier est prise dans le terrain , et on lui donne un peu plus de largeur qu’au déversoir , par le moyen de quelques fascines placées le long de ses côtés ; et cela , pour mieux remplir le but qu’on se propose en le construisant. Pour plus de solidité, on pourra construire , sur le revêtement de fascines qui compose le radier , des clayonnages autour des têtes des piquets qu’on aura laissés déborder à dessein. Ces piquets devront avoir au moins i", 5o de longueur. Le clayonnage pourrait se faire également sur les revêtemens du déversoir ; mais si l’on trouve que ce travail soit trop long, on se contentera de maintenir les extrémités des fascines , par d’autres , posées en travers et fortement piquetées dans les premières.
Les joues du déversoir, ou les parties latérales de son ouverture , sont également revêtues en fascines , qui recroisent celles du fond du déversoir , sont piquetées sur cellesci , et servent à les maintenir.
( 1 5g.) Pour construire la digue, on commencera par établir ses deux extrémités , en
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la laissant ouverte vers son milieu, pour donner un libre passage aux eaux , pendant qu’on travaillera au déversoir placé à droite ou à gauche du ruisseau. Le déversoir achevé, on bouchera le trou qu’on avait laissé au milieu , et l’on achèvera la digue , en ayant grand soin de bien lier les nouvelles terres avec les anciennes.
(1G0.) Quand il est question de couvrir d’une inondation, des ouvrages de fortification mixte, il peut arriver qu’on veuille se procurer la faculté de pouvoir tendre et détendre l’inondation à volonté. On y parvient par le moyen des écluses, qui remplacent alors le déversoir. Ces écluses, construites en charpente, se font à vannes ou à poutrelles.
Les vannes sont de petites portes à coulisses, qu’on soulève verticalement par le moyen d’un levrier ou d’un cric , quand on veut donner passage aux eaux.
Les poutrelles sont des pièces de bois bien dressées , s’assemblant à languette les unes dans les autres , et dont les extrémités glissent également dans des coulisses. Par le moyen de ces poutrelles, qu’ou peut placer dans les coulisses une h une , on peut tenir l’inondation à, la hauteur qu’on juge convenable.
C ao 7 )
(161.) Qu’on se serve de la vanne ou des poutrelles , les revêtemens des parties latérales de l’ouverture de la digue , doivent être en charpente , ainsi que le radier ; ces revêtemens seuls, sont d’une solidité suffisante pour de semblables ouvrages. La Figure 4 b* donne l’élévation d’une écluse à vanne, mise en jeu par deux leviers.
La hauteur du déversoir à écluse dépend de celle à laquelle on veut porter les eaux ; elle ne doit pas dépasser 3 mètres, comme nous l’avons déjà dit. Quant à sa largeur, elle dépend de la quantité d’eau qui doit s’écouler par le déversoir.
Les pièces de bois mises en travers du déversoir pour la manœuvre des leviers , pourront servir à établir un petit pont , quand on voudra faire de la digue un passage habituel. Au moment du danger ces poutres seront enlevées , et la communication se trouvant interrompue , n’offrira plus à l’ennemi de moyen de surprise , pourvu toutefois que la digue soit gardée.
(162.) Une inondation ne peut pas se tendre en un instant; il faut à l’eau plus ou moins de temps pour s’élever à son niveau , suivant sa
vitesse et la capacité quelle doit remplir. L’Ingénieur doit donc s’assurer de ces deux élémens de calcul pour n’être pas pris au dépourvu ; et commencer à temps , pour que l’enuemi , en arrivant , ne trouve plus le passage guéable.
Or , pour calculer le produit d'un ruisseau qui coule d’une manière uniiorme, il faut multiplier la vitesse moyenne du courant par lo profil transversal, c’est-à-dire, par la section de l'eau au passage de l’écluse. On fait de même pour évaluer le produit d’une rivière, ou d’un fleuve; c’est toujours en multipliant la surface du profil transversal par la vitesse moyenne.
Les expériences de Dukuat ont appris à déterminer la vitesse moj enne d’un courant , quand on connaît sa vitesse à la surface. U étant cette vitesse exprimée en pouces du pied de Roi , et V la vitesse moyenne cherchée , on a
u + (/iJ-0 *
( \/U — i)* exprime ici la vitesse au fond du courant. «
Si donc S est la surface de la section du cours d’eau, T le temps cherché, et C la capa-
( aog )
cité que l’inondation doit remplir, On aura
VTS = C
d’où T — c 7 -
S (u-+-(Kü — i) 3 )
T indiquera des secondes . C, S, ü doivent être mesurées avec la même unité eu-' bique , carrée et linéaire.
(i63.) Les digues serviraient de ponts à 1 ennemi , si 1 on n avait soin d’en couvrir la tete par un ouvrage , où d’en défendre les approches et le passage par quelques batteries à feux croisés ou d’enfilade.
Ordinairement l’ouvragé en tête d’une digue est une lunette, dont les faces sout défendues par des batteries construites en arrière sui* l’autre rive.
Il pourrait arriver qu’il fût impossible dé placer l’ouvrage immédiatement à la tête de la digue; on le construira alors au plus près, et l’on disposera le tracé de manière que les feux soient efficaces à la tête de la digue.
La lunette , avons-nous dit , doit être défendue par des batteries en arrière ; il serait cependant possible que l’inondation fût assez
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large pour que ces batteries n’eussent plus un effet assuré ; il faudrait alors les rapprocher , et les construire sur des terrasses qu milieu de l’inondation, terrasses avec lesquelles on commùniquerait par le moyen de jetées en terre de 3 mètres de largeur. Ce travail est certainement très-considérable ; mais aussi il est bien rare qu’une inondation ait plus de 4°° h 5oo mètres de largeur ; et c’est seulement alors que ces terrasses sont nécessaires.