‹ Mémorial pour les travaux de guerreChapitre 16 sur 38 · Il arrive souvent que, dans le cas que nous va · texte numérisé non relu

Il arrive souvent que, dans le cas que nous va

noDs d'examiner , un seul plan de défilement donne à l'ouvrage un relief trop considérable. Il faut alors briser ce plan, et ne défiler de la hauteur M que la partie gauche de l'ouvrage , et de la hauteur N que la partie droite. Mais avec ce procédé, la partie droite est vue a dos, d'enfilade ou d'écharpe, par la hauteur M; et la partie gauche est vue de même par la hauteur N ; en sorte qu'il faut élever une traverse dans le retranchement, pour masquer ces vues et préserver les défenseurs de ces coups à dos, les plus terribles de tous.

On donne à la traverse , qui est ordinairement en capitale , une hauteur suffisante pour que les hommes debout sur la banquette soient garantis de toute espèce d'atteinte, des coups qui pourraient partir des hauteurs latérales ; et sous ce point de vue, un ouvrage défilé a de lavantage sur celui i{ui est en plaine ; car , dans ce dernier , dès qu'on monte sur les banquettes , on peut être pris d'écharpe ou à dos dans quelques parties du retranchement , h moins qu'on ne donne au parapet une hauteur assez grande pour que les coups partant de la plaine soient tellement relevés, qu'ils passent par-dessus la tête des défenseurs de la face opposée. La hauteur nécessaire pour atteindre ce but serait d'autant plus grande que l'ouvrage serait plus étroit.

L'épaisseur de la traverse au sommet sera au moins de 2 mètres , si elle doit résister à du canon. Ses talus seront à \y^ à moins qu'on ne lés revêtisse de fascines ou de gabions.

Lorsque l'ouvrage a plus de deux faces , et qu'il est entouré de hauteurs , il faut quelquefois autant de plans de défilement que de faces; et alors les traverses se multi* plient , ce qui est un grand inconvénient et le signe ce^ tain d'une mauvaise position.

156. Un ouvrage fermée construit dans une plaine, au pied d'une hauteur, exige toujours une traverse pour être garanti des coups de revers ou h dos , qui viendraient de la plaine. En sorte que la plaine est , pour un retranchement construit sur la pente d'une colline ou à son pied, aussi dangereuse que serait h craindre la colline pour le même retranchement, s'il était construit dans la plaine.

Choisissons cet exemple pour la détermination du relief d'une traverse.

157. La manière la plus simple de déterminer une traverse est de se donner sa position à priori, et de fixer son relief de telle sorte que les hommes placés sur les banquettes à droite et à gauche soient défilés des coups k dos. On donne en même temps aux parapets une hauteur suffisante, pour que leurs plans de défilement passent h 2'",50, ou au moins à 2 mètres au-dessus du terrain, vers le milieu du profil de la traverse. ^

Soient donc AB (fig. 43) Taxe d'une traverse, CD et EF les deux parapets opposés d'une redoute quil faut défiler de la mousqueterie.

Du côté de la plaine, le parapet EF aura naturellement la hauteur de 2",50 ; mais de l'autre côté, le relief du pa-. rapet CD se déterminera par le procédé du n^ 150, de manière qu'on soit défilé vers l'axe ÂB de la traverse , à une hauteur de 2'",50.

Après cela on déterminera les deux lignes de tir PC et et ME', de manière à ce qu'elles soient dirigées a 0°',50 au-dessus des parapets DC et FE, hauteur nécessaire pour que la ligne de tir passe au-dessus de la tête du défenseur. Celle de ces deux lignes qui coupera plus haut l'axe AB déterminera la hauteur de la traverse.

Pour construire la première des deux lignes PC' et

ME\ on plantera au poinl L, dans la plaine, à la distance de 300 mètres, un jalon de 2",50 de longueur, et Ton prolongera la tringle DG du profil du parapet, d'une quan^ tité GG^ égale à 0"',50. Le rayon visuel passant par les extrémités P et G' de ce jalon et de cette tringle, sera la ligne de tir cherchée, et l'on verra par un simple alignement à quelle hauteur elle coupe la ligne AB.

Pour l'autre, il faudra par un point F', élevé au-dessus de F de 0",50, mener une tangente F'K à la hauteur K, en son point le plus élevé; et le point B', où cette droite (ou pour mieux dire le rayon visuel F'K) coupera l'axe AB, étant relevé de 2'",50 fera^ connaître la hauteur de la traverse relative à celte seconde ligne.

Le relief de la traverse étant ainsi trouvé en un point vers la partie la plus large de l'ouvrage, dans le sens DBF, et son commandement sur les parapets étant connu pour ce point, on le lui conserve dans toute son étendue; ce qui, à la rigueur, ne serait pas nécessaire , parce que vers les parties plus étroites la traverse peut s'abaisser un peu; mais il n'y a jamais de mal k être défilé,, même avec excès.

158. Ges constructions, quoîque très-simptes, exigent cependant assez de temps pour être bien faites; et trèssouvent on a k peine celui de faire un défilement ordi-^ naire d'une manière un peu exacte ; il faut alors que te coup d'œil supplée les opérations rigoureuses, et l'on pourra presque toujours se contenter de donner à la traverse un mètre de plus en relief qu'aux parapets, et regarder l'ouvrage comme défilé par cet exhaussement.

Il faut avoir soin de prolonger la traverse jusque sur le parapet, pour qu'elle remplisse bien son objet, celui de préserver des vues et des coups du dehors.

On pratique clans la traverse des passages couverts pour communiquer d'une partie de l'ouvrage à l'autre, et quelquefois on utilise sa masse pour en faire des logements et des réduits de sûreté.

159. On pourrait éviter la traverse dans le cas où la hauteur, n'étant pas très-considérable, permettrait de comprendre sous un même plan de défilement tout l'espace KL. Il est évident qu'alors, ce plan passant à 2°',50 audessus du point L, on ne pourra pas, de ce point, voir dans l'ouvrage ; mais il sera bien rare qu'un pareil plan donne des reliefs admissibles; aussi faut-il presque toujours se décider k construire une traverse, et poser en thèse générale qu'un ouvrage construit en face de deux hauteurs bien prononcées , ou dans la plaine au pied d'une colline, doit être pourvu d'une traverse intérieure.

160. La traverse dans une redoute quadrangulaire doit être mise en diagonale, afin qu'ayant le plus de longueur possible , elle couvre un grand espace ; de plus , elle doit être dirigée parallèlement à la hauteur, et la redoute présenter en conséquence un de ses angles à cette hauteur, afin que les faces convenablement ouvertes évitent l'enfilade, et que l'ennemi ne puisse pas, en s'avançant vers la droite ou vers la gauche , prendre en écharpe et de revers les deux faces opposées. On n'atteindrait pas ce but si l'on faisait la traverse parallèle à un des côtés, parce que l'ennemi, en gagnant sur la droite ou sur la gauche , la longueur du côté de la redoute, commencerait à éluder la traverse, et h découvrir les défenseurs des faces opposées.

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