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TÊTES DE GROS BÉTAIL

On n'a compris dans ce tableau que les renseignements strictement nécessaires pour être plus sûr de les obtenir complets. Par exemple , on n'y a point compris le petit bétail , parce qu'il se trouve partout en abondance dans notre pays. D'ailleurs on met dans la colonne d'observations tout ce qui ne trouve pas sa place sous les autres titres : ainsi les forges, les filatures et autres usines.

Le tableau se plie en deux , suivant la ligne AB , pour avoir la dimension d'un cahier ordinaire.

257. Quand la grande reconnaissance se fait dans un pays dont on est maître, elle offre beaucoup moins de difficulté. On peut entreprendre la carte topographique, ce qu'il est impossible de faire en pays étranger ou ennemi : des ingénieurs géographes se répandent dans la province et se partagent le travail de manière à le terminer le plus promptement possible ; le degré de précision qu'ils y mettent dépend dil temps qu'on leur accorde. Les cadastres dont ils sont maîtres , les registres des communes seront les sources où ils puiseront les détails statistiques qui accompagneront leur carte et composeront en partie leur mémoire descriptif.

Une chose indispensable à celui qui est chargé de faire une grande reconnaissance, est de posséder à fond la langue du pays, pour endormir le soupçon et se passer d'interprète.

258. Il faut, dans les reconnaissances particulières, indiquer tous les obstacles qu'on rencontre sur les routes, et la manière de les surmonter. Les officiers iront euxmêmes prendre connaissance des défilés , s'assurer s'il est possible ou impossible de les tourner; souvent le sentier qui ne parait praticable qu'aux chamois, ou qui se ca-

che sous l'herbe et les broussailles, penl rendre inutiles les meilleures dispositions faites dans un défilé ou sur le col d'une montagne. Ils iront sonder les gués; ils indiqueront les moyens de rétablir les ponts rompus par Tennemi ; ils diront si la rivière est sujette à des crues extraordinaires, si son cours est uniforme ou si elle change souvent de lit, si les bords sont escarpés, si le courant est rapide, etc. Us reconnaîtront en passant quelles sont les positions que l'armée devrait choisir de préférence pour combattre on pour bivouaquer ; ces dernières doivent offrir à portée le bois. Peau et le fourrage, un terrain élevé formant une pente douce à Textérieur, assuré sur les flancs par des obstacles naturels, et laissant en arrière quelques débouchés faciles à garder et qui assurent une retraite.

Une position avantageuse pour le combat est celle qui, comme la précédente, est dirigée en glacis du côté de l'ennemi, et présente en arrière quelque rideau à la faveur duquel on puisse dérober ses mouvements ; un marais, un ravin devant le front sont aussi défavorables à l'armée qui se défend qu'à celle qui attaque, parce qu'ils empêchent les charges et toute action de vigueur; une forêt est trèsavantageuse à la défense, parce que de là on voit sans être vu; mais un château, un village sur les ailes ou sur le front le sont encore davantage.

Quand on ne veut que disputer le terrain à l'ennemi et retarder sa marche, les moindres défilés prennent de l'importance : les plus étroits sont alors les meilleurs; là une poignée d'hommes peut résister à des forces très-supérieures. Tous les pays coupés ont leurs thermopyles.

On voit, par ces détails, combien il est nécessaire qu'un officier sache la guerre pour donner à son travail tout le degré d'utilité dont il est susceptible.

Tout doit être exploré dans une reconnaissance parti-

culière et détaillée ; une haie, un pli de terrain, un champ de blé^ un petit bois peuvent cacher les mouvements de l'ennemi, faciliter les embuscades et compromettre la sûreté de l'armée.

Tels sont les objets qui doivent être traités dans le mémoire qui accompagne le dessin topographique d'une reconnaissance particulière, ou qui doit suffire à lui seul si le temps n'a pas permis de faire usage du crayon.

Itinéraire.

259. La reconnaissance n*a quelquefois pour objet que d'indiquer les particularités de la route qu'une colonne doit tenir. L'officier chargé de faire cet itinéraire marche à Pavant-garde, il note soigneusement le nom des différents endroits qu'il traverse, la quantité et la nature des logements, la qualité de la route, les points remarquables à droite et à gauche visibles de la route, les ponts, les ruisseaux ou les torrents qu'il faut traverser, les défilés, etc.

11 note le temps que le fantassin met à parcourir les portions de route en plaine, en montée ou en descente; il dresse du tout un petit tableau dans la forme qui lui parait la plus convenable, et chaque soir il l'envoie au général.

L'itinéraire peut se faire par le secours d'un croquis dans lequel on emploie des signes conventionnels pour représenter les différents objets dont l'indication parait nécessaire; on aura pour cela une bande de papier de 10 à

12 centimètres de largeur, et aussi longue qu'il sera nécessaire : cette bande, divisée en trois largeurs égales, sera roulée sur un petit bâton ; à mesure qu'on avance on le déroule, et on inscrit à la plume les différentes notes et les différents signes qu'on juge nécessaires, en se conformant

au modèle ci-joint ou à tel autre qui puisse le remplacer, et qui soit convenu avec le général.

En tête du rouleau, c'est-à-dire au bas du croquis , est l'indication de la route, le titre de l'itinéraire; à gauche, la colonne des observations générales ; h droite, celle des observations particulières ; au centre, celle des signes conventionnels. La ligne droite qui est dans le milieu de cette dernière représente la route à suivre sans tenir compte de ses inflexions; les nombres placés à droite de cette ligne indiquent les temps employés k parcourir les portions de plaine d'un signe au suivant, et ceux qui sont à gauche indiquent les temps employés à parcourir les montées ou les descentes, suivant qu'ils sont marqués du signe -|- on du signe — . On ne marque comme montées ou descentes que celles d'une grande étendue et celles où il faut enrayer ; toutes les autres de moindre importance se comptent comme plaine.

On récapitule les distances des points principaux de la route dans un petit tableau qui accompagna le croquis de l'itinéraire^ et qui bien souvent suffit à lui seul pour l'ob-^ jet qu'on se propose. Voyez k la page suivante le modèle ^e cette récapitulation.

ITINÉRAIRE du bourg A à la ville E,

DÉSifiMTIOOBSLim.

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