‹ Mémorial pour les travaux de guerreChapitre 28 sur 38 · CHAPITRE TREIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREIZIÈME

que les travaux qu'elle nécessite ne sont pas de nature k s'avancer rapidement. C'est sous terre qu'il faut cheminer ; c'est en gagnant quelques pouces de terrain, en plusieurs heures de travail, qu'on s'approche de la place ; ce n'est qu'a force de constance qu'on peut vaincre toutes les difficultés et se rendre enfin maître de la forteresse.

Nous ne nous proposons point d'entrer ici dans tout le détail de la théorie des mines ; nous donnerons seulement ce qui est nécessaire \k la pratique.

313. Une mine se compose du fourneau où sont placées les poudres, et de la galerie qui conduit à ce fourneau.

La distance CF (fig. 71®) du centre du fourneau au vide le plus voisin , dans les milieux homogènes, est ce qu'on appelle la ligne de moindre résistance ; c'est suivant cette ligne que se dirige le plus grand effet du fourneau; elle sert d'axe à Yentonnoir que produit l'explosion. La ligne FD, qui joint le centre des poudres avec le bord de l'entonnoir, est le rayon d'explosion.

La forme d'un entonnoir ordinaire est assez celle d'un paraboloïde, dont le foyer F est au centre du fourneau, et dont le rayon CD est égal k la ligne de moindre résistance GF ; mais comme cette forme n'est importante à connaître que pour calculer le volume que le fourneau doit enlever, on substitue au paraboloïde un tronc de cône dont le rayon inférieur FI, à la hauteur du centre du fourneau, est moitié du rayon CD : alors, en représentant la ligne de moindre résistance par R, le volume de l'entonnoir est sensiblement égal à 1,8. R'; c'est-à-dire qu'il faut faire le cube de cette ligne et le multiplier par 1,8. Si, par exemple , la ligne de moindre résistance doit être égale à

3 mètres; nous ferons le cube de 3, qui est 27, et nous le multiplierons par. 1,8, ce qui nous donnera 48,6 mètres cubes pour le volume cherché.

314. Moyennant la petite formule 1,8. R^ facile k retenir, et qu'on doit coucher sur son carnet, on calcule en mètres, comme ci-dessus, le volume de l'entonnoir qu^on veut produire. Ensuite, connaissant par expérience la quantité de poudre nécessaire pour enlever un mètre cube d'une terre ou d'une maçonnerie de nature connue , on multipliera cette quantité par le nombre qui exprime le volume de l'entonnoir, et l'on aura la charge du fourneau.

Voici un petit tableau qui servira pour ces estimations ; il indique en livres, poids de marc, et fractions décimales de la livre, la quantité de poudre nécessaire pour faire sauter un mètre cube de terre, de roc ou de maçonnerie d'espèces connues.

TABLEAU des Charges.

NATURE DES MlUEUX.

CHARGES

en livres

par

mètre cube.

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