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Une galerie peut aller de niveau, monter ou

< descendre. L'un n'est pas plus difficile que l'autre pour a le mineur; il lui suffit de savoir qu'il doit aller de niveau

< ou en pente, et, dans ce dernier cas, de combien il doit « descendre ou monter par mètre ou par distance decbâs- « sis. Quand il en est instruit , il fait faire un dé en boi8> c de dimensions égales à la pente de la galerie par mètre; «( et, soit qu'il plante des piquets de mètre en mètre sur « le sol de la galerie, soit que les semelles distantes entre c elles de cette quantité lui servent de piquets , il place « son dé sur le piquet ou sur la semelle , tourné vers la c descente, met une règle bien dressée sur le dé, et l'au-

< tre sur la semelle ou piquet; place un niveau de maçon a sur la règle , et retouche au piquet ou à la semelle, qu'il «c est occupé de poser , tant que l'un ou l'autre n'est pas c de niveau avec le dessus du dé quand la galerie va en c montant , ou que le dessus du dé n'est pas de niveau avec c la semelle ou le piquet qui précède , quand la galerie va <i en descendant. C'est k l'aide de ce moyen extrêmement a simple que le mineur rend la pente uniforme sur toute

< la longueur d'une galerie. »

327. Quand on n'a pas de masque devant soi , il faut commencer par creuser un puits vertical pour descendre jusqu'au sol de la galerie.

Les cadres dont on se sert pour la construction des puits sont carrés , composés de deux semelles et de deux chapeaux assemblés k mi-bois, par-dessus. Ils sont en tout semblables aux châssis ; ils n'en diffèrent que par leur position qui est horizontale, tandis que celle des châssis est verticale.

La largeur dans œuvre des cadres des puits doit être égale à la largeur hors d'œuvre des châssis des galeries, et cela^ pour que le mineur , après être arrivé au fond du puits, trouve un espace suffisant pour poser le premier châssis de la galerie.

Les terres d'excavation sont tirées du puits par le moyen d'un treuil qu'on établit en haut , sur le premier cadre posé à fleur de terre et retenu par des piquets. Les semelles et les chapeaux de ce cadre , auquel on donne le nom de cadre à oreilles^ dépassent de 0",50 les entailles d'assemblage, afin de lui donner sur le terrain une assiette solide.

Il est important de placer le cadre à oreilles bien horizontalement, les semelles en dessous, et de manière que les coches faites sur le milieu de ses côtés soient exactement dans l'alignement de la galerie , parce que c'est de la direction de ce premier cadre que dépend celle de tous les autres.

328. Pour construire le coffrage du puits , l'opération est à peu près la même que pour les galeries. Quand on est arrivé à un peu plus d'un mètre de profondeur, on lie les semelles  du premier cadre simple (fig. 75®) aux chapeaux du cadre â oreilles, chacune par deux tringles B, de manière à ce que les coches d'un cadre se trouvent exactement dans la même verticale avec celles de l'autre ; après cela on pose sur ces semelles ainsi suspendues les chapeaux qui doivent les réunir, et on les y cloue fortement.

Ces chapeaux porteront k leur tour les semelles du cadre suivant et ainsi de suite.

Quand un cadre est posé , et qu'il faut coffrer la partie correspondante du puits , on fait glisser verticalement les planches entre les cadres et les terres, en ayant soin de mettre des coins sous l'extrémité inférieure de chaque planche et contre le second cadre, afin de ménager un passage aux planches du coffrage suivant.

On commence par coffrer les angles du puits, afin d'assujettir le cadre dans la position qu'il doit conserver, et l'on continue ensuite vei*s le milieu des côtés.

Le dernier cadre du puits se place de manière qu'il reste h creuser en dessous toute la hauteur hors d'œuvre de la galerie ; en sorte que sa distance à l'avant-dernier n'est généralement pas d'un mètre.

Les trois côtés de la case inférieure, d'où part la galerie, se garnissent de planches comme le puits; et, k cet effet, on pose a fleur du sol un cadre pareil aux précédents, en ayant soin de l'enterrer de toute son épaisseur.

Pour marquer au fond du puits la direction de la galerie, le mineur plante deux piquets sous l'aplomb des coches du cadre k oreilles; il marque sur là tète de ces piquets, par de petits clous, le point précis où tombe cet aplomb. Ces deux points suffisent pour le diriger ; de plus, le piquet le plus près de l'ouverture de la galerie , coupé de hauteur, lui sert de point de départ pour déterminer la pente de la galerie par les procédés indiqués dans le numéro précédent.

329. Les terres étant assez mauvaises pour ne pouvoir pas se soutenir sur un mètre de hauteur, il faut employer un faux cadre dans les intervalles. Le faux cadre est entièrement semblable au cadre ordinaire, mais un peu plus grand*

On le place à 0"',50 au-dessous du dernier cadre, auquel on le fixe par des liteaux. On fait passer les planches de coffrage entre les terres et le faux cadre, puis on continue la fouille , et à mesure qu'elle avance , on enfonce les planches avec la pioche. Parvenu à Tenoplacement du cadre suivant, on le pose comme d'ordinaire. Les planches du coffrage étant un peu divergentes en raison des plus grandes dimensions du faux cadre , elles laissent les intervalles nécessaires pour placer les coins. Une fois , ces coins serrés , on enlève le faux cadre, et Ton continue ainsi jusqu'au fonds du puits.

Il faudra de même avancer en galerie au moyen d'un fatix châ$$is, et avec encore plus de précautions. Ainsi, quand le terrain est si mauvais qu'il ne peut se soutenir de luimême , on est obligé de construire au fond de la galerie un bouclier composé de planches jointives arc-boutées contre le dernier châssis. On enlève une h une ces planches , en commençant par celle du haut ; on creuse sur son emplacement, autant qu'on le peut sans occasionner d'éboulement, puis on replace la planche dans le fond de la fouille. Après l'avoir bien arc-boutée , on enlève la seconde pour opérer comme ci-dessus. Ainsi de suite jusqu'en bas.

A mesure que la fouille avance, on pousse avec précaution les planches de ciel et de coffrage qu'on a engagées d'avance entre la galerie déjà faite elle dernier châssis, en ayant soin de garder toujours un coin entre Tautre extrémité de chaque planche et le coffrage. C'est lorsqu'on est ainsi arrivé à moitié distance qu^on place le faux châssis , pour empêcher les planches de plier sous le poids des terres.

330. Quand il est question de faire un retour dans la galerie, soit que ce retour fasse avec la première direction un

angle droit, ce qui est le cas le plas fréquent, soit qu'il ait une inclinaison quelconque , il faut toujours que les châssis a el 6 ( fig. 76®), entre lesquels doit déboucher le retour, laissent entre eux , dans œuvre , une largeur égale k la largeur hors d'œuvre du premier châssis en retour c.

Dans un retour oblique, il n'y a que le premier châssis a qui soit oblique sur l'axe BC ( fig. 77®) du retour ; tous les autres, tels que 6, lui sont perpendiculaires. Le premier châssis a, à cause de son obliquité , doit être un peu plus grand que les autres; ses dimensions sont faciles à calculer parla connaissance qu'on a de l'angle ÂBG, que font les axes des deux galeries ; car le triangle rectangle mno^ dans lequel on connaît le côté mn, largeur de la galerie en retour, et l'angle o égal à GBD ou au supplément de ÂBC, donne la longueur de mo. Le point B se marque par un piquet de hauteur. Le châssis d se place avant le châssis a; il faut donc connaître d'avance l'intervalle qui doit exister dans œuvre entre les châssis c et d ; mais cette largeur doit être égale à la largeur hors d'œuvre du premier châssis en retour a, el celte largeur est connue, d'après ce que nous venons de dire : il n'y a donc plus rien d'embarrassant dans la construction du retour.

On prolonge de 0^,&& la galerie, a l'extrémité de laquelle on fait un retour. Cet enfoncement KIH , qu'on appelle retraite^ sert au mineur pour s'y reposer sans obstruer le passage et sans gêner ceux qui travaillent.

On compte que les mineurs peuvent faire, en terrain ordinaire , 4 à 5 mètres courants de rameaux dans 24 heures , et 4 mètres de galeries dans le même temps.

331. Les fourneaux se construisent ordinairement sur le cdté et aux extrémités des rameaux , afin de pouvoir les

étançonner contre les parois opposées, quand il s'agira de bourrer.

On donne au fourneau même hauteur qu'au rameau ; mais on Tenfonce au-dessous du sol de ce rameau d'une quantité égale h la moitié de la hauteur du coffre aux poudres qu'il doit contenir ; ce qui donne la facilité de verser la poudre dans le coffre lorsqu'il est en place.

Le travail des fourneaux est le même que celui des ga-^ leries et rameaux ; mais on peut employer aussi à leur établissement les châssis à la hollandaise , composés de quatre plateaux assemblés , comme l'indique la figure 78® : deux de ces plateaux , tels que a , sont mortaises ; les deux autres, tels que 6, sont à tenons; en les réunissant et le» clouant, on forme un cadre qu'on peut tenir aussi étroit qu'on le désire.

Dans les mauvais terrains^ ces cadres ou châssis, posés jointivement à la suite les uns des autres, facilitent beaucoup la construction des galeries ; on les taille obhquement, comme l'indique la figure 79®, lorsque la galerie, ou le rameau, doit avoir une pente. Il convient de faire les châssis a la hollandaise, un peu plus grands que les châssis ordinaires pour rameaux ; ceux-ci ont 0,65 sur 0,80 dans œuvre, mais d'un châssis à l'autre le coffrage laisse plus de vide et donne plus d'aisance au mineur. On donnera donc au châssis hollandais 0°',75 de largeur, dans^ œuvre, sur 0",85 de hauteur.

Quand on fait un fourneau avec des châssis k la hoK landaise, on peut les poser de champ ou debout : dans le. premier cas, leur ensemble forme une espèce de caisse ou» verte par le haut, qu'on peut employer dans les bons ter-, rains; et dans le second cas» une caisse ouverte par devant. Cette seconde méthode est usitée dans les mauvais

terrains ; il faut alors lambrisser le fond de la caisse, ou pour mieux dire le fond de la chambre aux poudres; car c'est le Dom qu'on lui donne*

s IV.

Charge et Bourrage,

332. Quand le fourneau est achevé, il faut procéder ii la charge et au bourrage : on place dans la chambre des poudres le coffre cubique A (fig. 80®), dans lequel les pou* dres doivent êlre renfermées pour les préserver de l'humidité, et dont les dimensions sont déterminées par le ta-^ bleau du n^ 322, selon la quantité de poudre qu'il doit contenir. Cette caisse est trouée pour donner passage k un mucisson ou boudin de toile b de 0"',02 de diamètre, rempli de poudre bien grenée; c'est le saucisson qui doit communiquer le feu aux poudres; on le relient dans la caisse par une cheville qui le traverse. Le saucisson est renfermé dans un auget BC formé de quatre planches, fixé sur les semelles des châssis contre les montants, et dont la capacité intérienre est seulement suffisante pour contenir le saucisson. Quand les poudres sont versées dans le coffre jusqu'à la hauteur du saucisson, on le dégorge et on con^ tinue à verser les poudres, on cloue le couvercle, et Ton procède au bourrage.

Il y a beaucoup de précautions à prendre quand on charge la mine : d'abord il ne faut éclairer le travail qu'avec les lanternes qui servent dans les magasins à poudre; employer des marteaux de cuivre ou de bois pour clouer la quatrième planche de l'auget et le couvercle du coffre; transporter la poudre dans des sacs de cuir bien fermés;

ôter ses souliers de peur que les clous ne reDcontrenl du gravier et ne produisent l'étincelle; enfin, couvrir Textrémité du saucisson, qui reste en dehors de Tauget et du bourrage, de quelques sacs à terre vides, et d'un peu de terre sèche.

333. Nous avons- dit qu'une terre déjh remuée n'offre qu'une résistance moitié d'une terre vierge; il suit de là qu'il faudrait donner au bourrage une longueur plus que double de la ligne de moindre résistance, si l'on n'employail à ce bourrage que des terres amoncelées ; mais quand on fait usage d'étrésillons ou arc-boutants, le bourrage peut n'avoir qu'une fois et demie la longueur de la ligne de moindre résistance, sans qu'on ait à craindre que l'effet de la mine se fasse par le rameau ; que la mine souffle. Voici comment on procède.

On dresse des plateaux contre le coffre auï poudres ; on place des étrésillons entre ces plateaux et le côté opposé du rameau; ils doivent entrer de force, afin de bien arc-bouter les plateaux ; on bourre avec des sacs k terre et du gazon le premier intervalle des châssis, ainsi que les vides autour des éti*ésillons; on met ensuite quelques pîa« teaux en travers, appuyés contre les montants du second châssis, puis on remplit de terre un intervalle de deux châssis pour faire ensuite un nouveau barrage de madriers; et l'on continue de la sorte jusqu'à l'extrémité du bourrage, où l'on établit un dernier masque de madriers, que l'on fortifie encore par des arc-boutants guindés contre le& montants du châssis voisin.

Il faut bien faire attention, pendant le travail du bour*< rage, de ne pas écraser ou déranger l'auget du saucisson.

n n'est pas nécessaire de bourrer de terre l'espace qui

reste entre le couvercle du coffre et le ciel de la chambre aux poudres^ parce que l'air qui reste dans ce vide, dilaté par la chaleur de la poudre enflammée, unit sa force élastique b celle de cette poudre, et augmente un peu Tefiet du fourneau, pourvu toutefois que le vide ne soit pas trop considérable.

334. On peut mettre le feu aux poudres à Textrémité du saucisson qui sort du bourrage, par le moyen d'un morceau d*amadou ou moine traversant une feuille de papier : on allume l'extrémité qui est an dehors du papier; on se retire, et le feu se communique petit à petit d'une des extrémités du moine a l'autre, arrive aux poudres, et la mine joue. Cette méthode est sans danger; maisl'ama^ dou peut s'éteindre, et cet accident vous laisse longtemps dans l'incertitude, sans qu'où ose s'approcher pour remets tre le feu au moine.

Le capitaine Boules a imaginé un moyen qui n'a pas cet inconvénient, et qui permet de faire jouer la mine à l'instant qu'on le désire. On construit une caisse (fig. 81®) ouverte par le haut, qu'on cloue sur un plateau assez pesant pour donner à cette caisse une assiette solide. La boite a la forme d'un parallélipipède à base carrée, dont la hauteur est double des côtés de la base; un de ses côtés est scié horizontalement de manière à recevoir une planchette en coulisse dont les bords glissent dans des rainures pratiquées sur les autres côtés de la boite. La partie inférieure sous la coulisse est percée d'un trou pour donner entrée à l'extrémité du saucisson ; on met sur le tiroir un bout de mè-^ che à plusieurs brins tous allumés, puis, avec une ficelle et par un mouvement brusque, le mineur tire k lui la planchette, et la mèche tombe sur la poudre fine dont on a eu

soin de couvrir le fond de la boite; le saucisson, dont Textrémité plonge dans cette poudre , communique le feu au fourneau.

Pour éviter qu'aucun grain de poudre ne se trouve sur ]e tiroir, ce qui pourrait être cause d'accidents très-graves , on ne met point l'amorce dans la boite par son ouverture supérieure ; il y a dans le bas une petite porte faite exprès.

Une seconde précaution k prendre est de couvrir la partie supérieure par un couvercle troué, pour qu'il laisse pénétrer Tair et que la mèche ne s'éteigne pas; ce couvercle est nécessaire pour empêcher la mèche de sortir de la boite quand on tire la coulisse.

Enfin on se sert quelquefois de la fusée porte-feu décrite an n^ 116 : on l'allume ^ Textrémité de l'auget , et elle va d'elle-même jusqu'aux poudres, pourvu que les coudes de l'auget soient convenablement arrondis.

Compassement des Feux.

335. Quand on a une grande étendue de terrain à faire sauter, on emploie plusieurs fourneaux qu'on fait jouer simultanément. La disposition la plus ordinaire de ces fourneaux est en T, ou en trèfle (fig. 82* et 83*). Pour que tous les fourneaux reçoivent le feu en même temps , il faut que les saucissons soient exactement de même longueur. L'opération de disposer les augets de manière k remplir cette condition se nomme compassement des feux. Cet arrangement des augets exige beaucoup de soins, à cause de l'exactitude qu'il faut y apporter pour être sûr que tous les fourneaux joueront ensemble.

Le point « est un foyer commun d où le feu se distribue pour aller à tous les fourneaux ; et c'est à partir de ce point que la longueur développée de tous les saucissons doit être exactement la même.

Il faut observer que quand il y a dans le développement des saucissons plus de coudes d'un côté que de lautre, chaque coude excédant se compte pour une augmentation de 0",08 en longueur , parce que le feu arrivé à ce coude y éprouve un ralentissement qui équivaut à une augmentation de chemin k parcourir égale à 0",08.

On profite de cela pour obtenir dans une distance plus courte une même durée d'inflammation , en faisant faire a l'auget le nombre de zigzags nécessaire pour parvenir k un développement égal , en ayant égard k leffet des coudes.

S'il était question de faire jouer k la fois quatre fourneaux disposés sur une même ligne, comme cela peut arriver lorsqu'il est question de renverser une grande por* tion de revêtement , on emploiera le compassement indiqué par la fig. 84*"; et si les quatre fourneaux doivent être placés sur deux lignes, ou en double T, il faut compasser leurs feux comme l'indique la fig. 85®.

Les compassements peuvent être variés k l'infini ; mais étant tous établis sur les mêmes principes , ce que nous venons de dire suffît a cet égard.

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