‹ Mémories du Cte Valentin Esterhazy avec une introduction et des notesChapitre 115 sur 179 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Emeute à Valenciennes. — Complicité d'une partie de la garnison. — Les deux cocardes. — Émissaires du duc d'Orléans. — Je rétablis l'ordre. — Je suis accusé à l'Assemblde nationale. — Ma défense. — Elle est couronnée de succès. — Rareté des subsistances. — Les partis dans rAssemblce. — L'invasion de Versailles. — Le roi sans autorité. — Les commandements de province supprimés. — Je me décide à donner ma démission de commandant militaire. — Je pars pour Paris. — Entrevue avec le roi et la reine.

A Valenciennes, les émissaires des factieux ne négligeaient rien pour animer le peuple. Mais leurs efforts furent inutiles, et cette ville fut le passage de tous ceux qui fuyaient la France. Plusieurs même s'y arrêtèrent quelque temps ; cela donnait des inquiétudes aux factieux. Jamart se mit à semer l'argent du duc d'Orléans, et on commença à tenir des propos dans le bas peuple. Pour le contenir, je fis placer deux pièces de canon sur la place d'Armes. Malheureusement, une partie des chefs des régiments d'Orléans, infanterie et cavalerie, composant la garnison, et quelques officiers du régiment Royal Suédois, étaient corrompus, et le pis était que je ne savais à qui me fier.

J'insistais toujours pour faire venir ma femme et

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