‹ Mémories du Cte Valentin Esterhazy avec une introduction et des notesChapitre 164 sur 179 · CHAPITRE ONZIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIEME

délibérations fût aussi bien gardé qu'il aurait dû Tètre. Mais à côté de cela, combien n'ont^ils pas été dépassés par le baron de Breteuil, par la cour de "Vienne et la cour d'Espagfne !

Breteuil, au nom du roi, envoyait des émissaires dans toutes les cours, pour demander que les princes ne fussent comptés pour rien, et que les puissances étrang[ères agissent seules. Ce plan, Fimpératrice l'avait toujours désapprouvé, le regardant comme un moyen de réunir tous les partis en France contre les agresseurs, et étant persuadée que la contrerévolution ne pouvait se faire qu'en mettant Français contre Français. Si les puissances l'avaient voulu véritablement, il leur eût suffi de donner aux princes le moyen d'avoir des troupes à eux et de se borner à en montrer d'étrangères sur les frontières. Mais c'est là justement ce qu'elles ne voulaient pas. Leur but était d'entrer en France, d'obliger le roi à faire la paix, en cédant des provinces en échange de la liberté que les victoires des alliés lui eussent rendue, et peut-être à octroyer au royaume une Constitution mixte, qui l'eût à jamais empêché d'être une puissance dangereuse aux maisons d'Autriche et de Brandebourg.

C'est pour atteindre ce but que celles-ci avaient exigé l'inaction des princes et de la noblesse réunie autour d'eux, empêché Monsieur de prendre le titre de régent ou de lieutenant général du royaume, mis

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des obstacles à l'armement des émigrés, à leur rassemblement, à leurs exercices militaires, et â det approvisionnements de précaution, et mancfué enfin à la parole solennellement donnée de cautionner un emprunt de deux millions qui n'eut jamais lieu.

Quant à la cour de Madrid, soumise aux insinuations des Tuileries, croyant ou feignantde croire à la possibilité d'un accommodement, elle s'est toujours rehsée aux propositions de la Russie, tendant à mettre les princes en état d'agir par eux-mêmes.

Il n'est donc que trop prouvé que l'Autriche et ta Prusse se souciaient fort peu du rétablissement de la monarchie française dans toute son inté^ité; que le seul objet de l'une était de voir la France affoiblie, de rentrer dans la possession de la Lorraine , de l'Alsace peut-être, et d'une ligne de places fortes dans les Pays-Bas; et le seul objet de l'autre de trouver dans cet agrandissement de la maison d'Autriche un motif machiavélique de s'emparer d'une partiede la Pologne. Le plus grand malheur qui résultait de ce plan, c'est qu'il fournissait sux fectieux de France le moyen d'employer toutes les ressources de la nation contre l'invasion, et d'y faire concourir tous les partis.

L'impératrice avait jugé ces inconvénients, et son

génie autant que son expérience lui ayant appris que

its n'étaient déterminés dans leurs actions que

ur intérêt personnel et leur propre avantage,

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