CHAPITRE DEUXIEME
cadet du duc qui eut peu de temps après avec le maréchalat le commandement de Tarmée, et qui était appelé par les vœux de toutes les troupes. Il me donna une lettre pour le commandant du château de Friedberg, et m'envoya la porter.
Il marcha environ un quart de lieue avec mon détachement, et, pendant ce temps-là, il me dit qu'il connaissait plusieurs de mes parents, qu'il avait même vu ma tante à Paris, il y avait peu de temps, qui lui avait dit qu'elle m'y attendait. Je me récriai :
— Oui, certes, je serais heureux de la voir, mais seulement quand il n'y aura plus rien à faire, même aux avant-postes.
Il m'approuva, m'eng^ag^eant à m'adresser à lui quand je voudrais un congre, et me promettant de me le faire obtenir. Après . m'avoir fait promettre de l'aller voir, il me quitta pour continuer sa tournée. J*ai rapporté ce détail, mes enfants, pour vous rappeler qu'à la g^uerre, et même dans le monde, il ne faut jamais se faire tirer l'oreille, ne redouter jamais des difficultés et montrer toujours de la promptitude et du zèle à obéir. Il n'est pas de meilleur moyen de mériter l'estime des chefs et de se procurer de l'avancement.
A mon arrivée au château de Friedberg^, le commandant m'apprit qu'il venait d'avoir avis que Luckner avait repassé la Lahn, qu'ainsi je n'avais qu'à me reposer avec ma troupe. Elle reçut par ses soins de la
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viande pour elle et du fourrage pour les chevaux, tandis qu'il nous invitaità dîner, mes oifficiers et moi. Assuré que nous étions à l'abri d'un coup de maÎD, je mangeai de bon appétit et passai une nuit excellente. Le lendemain matin arriva le reste du détachement des hussards, avec le corps de M. le comte de Chabot, qui allaita fiingen, dont il formait l'avantgarde. Nous restâmes à Bingen presque jusqu'à la fin de la campagne.
En 1760, au mois de janvier, le duc -de Broglieeut le commandement et il fut décidé que Giessen serait gardé comme tète des quartiers d'hiver. On rappela nos détachements de hussards à l'armée et nous fûmes mis aux ordres du baron de Vioménil (]] , tout à fait à la droite, du côté de Grimberg. Nous fûmes chargés de couvrir les fourrages. Lorsqu'au mois de janvier l'armée se retira, on plaça soixante hussards dans Giessen, qui fut livré à ses propres forces. Le prince Ferdinand bloqua et canonna cette place, mais il n'en fit pas le siège, ayant appris que M. du Blaisel, qui y commandait, était déterminé à se défendre jusqu'à la dernière extrémité, et qu'il avait même fait miner une grande courtine pour la feire sauter, et ser avec la garnison par la brèche. 11 décida de se
) Frère du maréchal de Fraace de ce doid. Ht figurent toui deux I la guerre àe Sept ang. C'eil de Celui qui fut mortel letnenl blcMé, août I7S2, en di^fendgnl le château dea Tuilerie*, qu'il en ici