CHAPITRE TROISIEME
mente jusqu'après les affeires de Gorbach et de Warbourg, Tune heureuse et l'autre malheureuse. Il nous fit alors venir dans le bassin de Gassel, où nous restâmes assez long^temps. L'armée iFrançaise était sur les hauteurs de Warbourg. Des escarmouches pour couvrir des fourrages furent les seuls événements qui se passèrent, et comme la position des deux armées était trop respectable pour qu'elles pussent s'attaquer, le maréchal de Broglie fit faire un camp retranché sous Gassel. L'ouvragée fini, il y laissa un corps d'armée, passa le Weser avec le reste, et poussa jusqu'à Northeim, où fut placé le comte de Lusace (1) . Le baron de Glosen occupa le Harz et M. de Ghabot fut posté du côté de Môring^en et chargée de g^arder le cours du Weser. Le prince Ferdinand s'étendit aussi par la g[auche, et les deux armées couvrirent une étendue de pays immense. La g^auche de l'armée française était dans le camp retranché de Gassel, vis-à-vis la droite de l'ennemi qui occupait la position inattaquable de Warbourg. Pendant ce temps-là, on commença à retrancher Gôttingen. Mon régiment fut placé
(i) Connu plus tard sous le nom de prince Xavier de Saxe, il était le second fils d'Auguste III, électeur de Saxe et roi de Pologne. Pendant la guerre de Sept ans, il avait pris du service en France. En 1763, à la mort de son frère Frédéric-Christian, électeur de Saxe dont rhéritier était mineur, il administra l'électorat jusqu'à la majorité de celui-ci, qui devint roi et régna jusqu'en 1827. Le prince Xavier avait un fils, le chevalier de Saxe qui eut en Russie d'assez retentissantes aventures et qui y fut tué en duel, en 1803, par le comte Sherbatof.
dans cette ville aux ordres du prince de Rebecq.
La saison avançait et c'était un problème dans l'armée de savoir si on pourrait garder la Hesse, lorsqu'il y eut ordre de faire un fourrage général en avant de la droite, jusque près de Northeim. On annonça que ce fourrage serait le dernier, qu'ainsi il fallait envoyer le plus de chevaux possible et les ménager avec grand soin. Les troupes légères et des compagnies de grenadiers en firent la chaîne et on coucha dehors. Le comte de Broglie, qui commandait le fourrage, fit placer des officiers à toutes les croisières de chemin, pour indiquer celui que devaient prendre les fourrageurs et les fit tous diriger vers Gôttingen. Il se rendit de sa personne dans le cimetière qui est devant la grande église, fit procéder devant lui à tous les déchargements et ne quitta la place qu'après avoir vu les cavaliers ou domestiques partir à vide. C'est de cette manière que Gôttingen fut approvisionné en fourrage pour les cinq cents chevaux qu'on était décidé à y laisser pendant l'hiver.
Le même soir, l'armée passa la Werra et la garde de Gôttingen fut laissée à une garnison de choix, à la formation de laquelle le maréchal de Broglie avait procédé lui-même. Mon régiment y était représenté par deux cents hussards. Je fus nommé pour les commander, quoique n'étant pas, tant s'en fallait, le plus ancien capitaine. Mais, personne ne se souciait d'en-