CHAPITRE TROISIEME
trer dans une garnison où Ton s'attendait à être assiégée et où Ton supposait que ce qui pourrait arriver de plus heureux serait d'être fait prisonnier de guerre. Pour moi, je fus charmé d'avoir un beau détachement, et d'avoir été choisi pour être dans le poste le plus avancé.
Le comte de Vaux (1), lieutenant-général, commanda la ville, et le vicomte de Belsunce (2) eut le commandement en second. Le jour même où nous entrâmes dans la place, M. de Belsunce sortit avec cinq cents chevaux pour opérer une reconnaissance. Nous avançâmes par échelons jusqu'auprès de Northeim, où nous trouvâmes une escouade ennemie proche une hauteur d'où plusieurs curieux venus avec nous se mirent à lorgner ce qui se passait sur la chaussée. Parmi ces curieux se trouvait le marquis de Gônfilans (3) , alors colonel du régiment d'Orléans-Cavalerie qui s'avisa d'aller faire le coup de pistolet avec les vedettes ennemies. Cette tiraillerie obligea nos avant-postes de se replier. M. de Roche-
(i) Le comte de Vaux^ né en 1705, mort en 1788, maréchal de France en 1783.
(2) Né en 1722, major général de l'armée en 1757, ro^réchal de camp en 1761^ lieutenant général en 1762, gouverneur de Saint- Domingue, et de Belle-Isle. Mort en 1794.
(3) Il y avait à cette époque deux maréchaux appartenant à la famille de Brienne de Conflane, Hubert qui avait fait sa carrière dans la marine et fut promu en 1758, et son cousin Louis, plus connu sous le nom de maréchal d'Armentières, dont il est question plus haut. Le colonel d'Orlëans-Cavalcrie était sans doute le fils de Tun d'eux.
71 MÉMOIRES DO C" VALENTIN E8TERHAZÏ chouart (1) et quelques autres qui nous suivaient de loin, dès qu'ils noue irireat replier, se mirent à courir pour nous rejoindre. Mais le lieutenant Ërnezy, de mon régiment, n'étant pas resté dans le lieu où je l'avais placé sur le revers de la hauteur, ils allaient tomber dans les mains de l'ennemi si je n'avais donné une poussée à tout ce qui était devant moi, jusqu'à ce que je leur eusse feit jour. Je réussis sans perdre personne. Mais je témoignai mon mécontentement à M. Ernezy. II me donna des mauvaises raisons, et je n'osai pas soupçonner que sa retraite malencontreuse était l'effet d'une poltronnerie dont je n'eus que trop de preuves tout le temps que nous fûmes détachés ensemble.
Les ennemis, dès le lendemain, formaient le petit blocus de G5tting;en , en plaçant une batterie de l'autre côté de la rivière, mais non sans nous laisser le temps d'amenerdu village de Vende, dans la place, tout ce qu'on y trouva de bestiaux. Dans la retraite, on eut quelques coups de canon à essuyer et on perdit quelques hommes. Pendant le blocus, on perfec- , les ouvrages. Nous allions chercher des fesns les bois, pendant que d'autres détachements tirer des coups de fusil à la Justrie contre une arde ennemie qui y était postée, soutenue poste d'infanterie qui était à une papeterie, à
irit du lerTice en Ruuie pendanl Tëmigrition et revint en 1814 comme jieulenanl général.