‹ Mémories du Cte Valentin Esterhazy avec une introduction et des notesChapitre 41 sur 179 · CHAPITRE TROISIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIEME

un quart de lieue de là. M. de Belsunce se proposa d'enlever ce poste et il y réussit parfaitement. Dès lors, il n'y en eut plus et nous ne fûmes plus bloqués d'aussi près.

Enfin, après une quinzaine de jours, les ennemis s'éloignèrent et se contentèrent d'occuper Môringen d'un côté, Osterode, Âuerstadt et Heiligenstadt de l'autre, et la communication avec Vitzenhausen et Minden fut rétablie. Nous eûmes, peu après, un convoi de poudre, et comme les chemins étaient impraticables pour des voitures, elle nous fut apportée à cheval par la cavalerie dans des sacs à foin. Pendant le blocus, la viande était devenue rare; on n'en distribuait qu'une quantité déterminée à chaque officier; mais nous mangions les chevaux tués et, avec un peu de soin, on les trouvait fort bons.

Il y avait un petit bois au delà de la papeterie où les ennemis venaient quelquefois en patrouille. M. de Belsunce voulut y aller un jour lui-même. Il envoya un lieutenant et trente hussards en avant. C'était le même M. Ernezy dont j'ai parlé. Arrivés hors du bois, nous ne vîmes point de hussards; mais en regardant de près, nous aperçûmes M. Ernezy derrière un arbre. Il vint à moi me dire qu'il était bien malheureux, que tout son détachement avait déserté. Gela me parut d'autant plus impossible que le maréchal de logis Lakatos était du nombre, et que je le savais aussi sûr qu'il était intelligent et brave.

Je me déterminai donc A entrer dans le bois pour voir ce qui en était, lorsque j'ouïs des coups de fusil que la direction du vent m'avait empêché d'entendre, et j'aperçus les hommes d'Ernezy espacés le long du bois et occupés à travailler avec les chasseurs ennemis. Lorsque le renfort que nous amenions fut arrivé , nous attaquâmes ces chasseurs . Nous en tuâmes plusieurs qui avaient voulu tenir sur un plateau ot) il y avait quelques arbres. La poltronnerie de M. Ernezy étant reconnue, le comte de Belsunce ordonna qu'il ne commanderait plus en détachement, ce qui fut fait.

La saison avançant, les ennemis rentrèrent leurs

postes et nous en profitions pour faire de nouveaux

fourrages dans les villa^jes qui nous entouraient,

lorsque M. le prince Ferdinand fit un mouvement sur

la Hesse, assiégea Cassel et fit lever tous les quartiers

de l'armée française. Toute communication nous fut

coupée avec l'armée. Avant ce moment, le comte de

Broglie avait tenté d'enlever le général de Luckner,

qui était avec son corps i Heiligenstadt. Une marche

combinée fut ordonnée. Quatre colonnes devaient

arriver à la même heure la nuit de Noël : une, au.\

nrrIrAs ite M. le comte de Broglie, venait de Minden;

eux de M. du Ghàtelet, de Witzenhausen; la

Gôttingen, commandée par M. de Belsunce;

guatrième d'Echavagne. Les trois premières

it à point nommé sans être aperçues ; la qua-

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