CHAPITRE TROISIEME
attendait des différents corps. La position était excellente, pourvu qu'on eût assez de monde pour Toccuper. Aussi le prince héréditaire renonça-t-il à nous attaquer, bien que Tarmée de son neveu fût réunie à la sienne. Le 5 novembre, il n'y eut même pas de canonnade.
Le 7, les ennemis se retiraient par la g^orge d'Eime et lord Gramby resta campé à Tentrée de cette gorge et se protégea à Taide d'abatis à sa droite et à sa gauche. J'eus ordre de me rendre avec mon détachement au village d'Eime. Un brigadier de l'armée, qu'on relevait tous les jours, commandait. Le premier fut M. de Souastre, aujourd'hui duc de Guines (1), et le second le marquis de Ghabrillant. Le troisième jour, le comte de Broglie vint lui-même poursuivre l'arrièregarde de lord Gramby, qu'on lui disait se retirer. Je l'assurai qu'il n'en était rien. Néanmoins, il avança avec ses troupes jusqu'à l'entrée de la gorge. Mais il fut reçu par un tel feu d'artillerie qu'il fut obligé de se retirer. J'y perdis quatre chevaux. Le lendemain, le maréchal, ayant appris que le prince Ferdinand prenait ses quartiers, ordonna à son armée de prendre, aussi les siens derrière la Fulda et le Weser. Je fus destiné à rester à Gôttingen et à y commander deux
(1) Lieutenant général, nommé duc en 1770 et »ouvcnt employé à des missions diplomatiques. Fut ambassadeur à Berlin et à Londres. Ké en 1735, il mourut en 1806, cinq ans après son retour d'émigration.
cent8 hussards du régiment de Nassau. Le marquis de Lostang^e eut la place du vicomte de Belsunce, envoyé à Saint-Doming^ue comme çouverneur. M. de Guée remplaça M. de Durfort comme colonel. D'ailleurs, une partie des of&ciers supérieurs de Thiver précédent y furent employés aux ordres du comte de Vaux.