‹ Mémories du Cte Valentin Esterhazy avec une introduction et des notesChapitre 56 sur 179 · CHAPITRE QUATRIÈME lOÎ · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME lOÎ

attaquer les postes de la cascade qu'il emporta, y plaça un camp et de Tartillerie qui rendit notre posi* tion insoutenable. M. de Stainville, avec un gros corps, marcha par sa gauche et longea la Fulda. Il y eut plusieurs petits combats, un entre autres où M. de Rochambeau, alors brigadier (1), repoussa les ennemis qui étaient venus Fattaquer et auraient coupé la retraite de Tarmée, s'ils l'avaient forcée. Le danger détermina les maréchaux à abandonner Gassel a ses propres forcest^et à se retirer derrière la Lahn, où ils espéraient que le corps du prince de Condé, qui venait du bas Rhin, pourrait les joindre. Mais les marches du prince Ferdinand déjouèrent ce projet. Les maréchaux durent suivre la rive droite de la Fulda, en se couvrant de la Nidda pour gagner le Mein.

Le prince de Gondé arriva jusque sur la Lahn. Mais la jonction était impossible. Il fut même attaqué au moulin de GrUningen; mais il tint bon, força les ennemis à abandonner leurs plans et profita de l'avantage qu il avait eu sur eux pour se retirer. La légion fut envoyée pour prendre la tête de l'armée et faciliter la réunion du corps de Gondé. Nous passâmes par le pays d'Isembourg et nous vîmes d'une hauteur très distinctement la canonnade de GrQningen, dont

(1) Lfe comte de Rochambeau, célèbre par la part qu'il eut dans le succès de la guerre d'Amérique. Créé maréchal de France en 1791, arrêté sous la Terreur, remis en liberté en thermidor, il mourut en 1801, honoré des bontés de Napoléon.

104 MEMOIRES DU C" VALENTIN E8TERHAZY nous étions séparés par un corps des ennemis. Enfin, toujourscouvertsparlaNîdda, nous arrivâmes à Stade, village immédiat sur cette rivière. M. le prince de Gondé avait été obligé de la repasser, et se dirigeait sur les salines de Naubeim, entre Friedberg et Butscbbacb. L'armée des maréchaux iîlait derrière nous pour prendre la position de Bergen. Nous gardions le pont de Stade avec l'infanterie, dominés par une hauteur boisée, et nous tenions une grandgarde de dragons dans la plaine de l'autre côté du pont. Elle tira illait sou vent avec les hussards ennemis, sans que de part m d'autre on cherchàtà se déposter. Un jour que nous étions à diner chez la dame du lieu, le commandant de la grand'garde fit dire qu'il voyait beaucoup de cavalerie. On envoya quatre compagnies de grenadiers renforcer la garde du pont; quatre pièces de canon furent mises en batterie au delà pour protéger la retraite. La compagnie d'arrière s'y rendit aussi pour couper le pont en cas de besoin. Je partis avec mes piquets que je mis en bataille sur une petite hauteur au delà du pont. Les ennemis étaient vis-à-vis, en nombre à peu près égal à mes piquets, et un petit fond nous séparait, dans lequel était le lit d'un ruisseau alors à sec. C'est le long de ce ravin que In Aicifiade des tirailleurs était établie. Un des leurs tfranchi avait été blessé et étaittombé de notre [ls voulaient l'enlever. Mais autant de fois ils srent, autant de fois nous les obligeâmes à reçu-

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