CHAPITRE PRE!4I£R
Tautre frère d'Antoine, en eut plusieurs, et notamment Charles, devenu évéque d'Erlau, et Nicolas, qui a été ambassadeur en Russie.
En lisant, mes enfants, Thistoire des révolutions de Hong^rie, vous verrez les détails de la proscription de mon grand-père, et sa retraite à Rodosto. Après sa mort, mon père, sans ressources, vint en France, où le comte, depuis maréchal, de Bercheny, son compatriote et son parent, proscrit lui aussi, lui donna une compag[nie dans un rég^iment de hussards qu'il avait levé, composé des émig^rés de notre pays, qui étaient en ^and nombre en Turquie et qui, sur son conseil, entraient au service du Roi Très-Chrétien (l).
Les premières années que mon père passa en France, sachant mal la langue, il les passa à sa compagnie, ou chez le colonel de Bercheny, qui s'était marié à Ha-
(i) C'était en 1720. A cette époque, le comte de Bercheny, nommé mestre de camp, commandait le régiment de hussards de son nom. Il fut fait brigadier en 1734, lieutenant-général en 1744, grand'croix de Saint-Louis en 1753, et enfin maréchal de France en 1758. Il était en outre grand écuyer de Stanislas, roi de Pologne, duc de Lorraine et de Bar, qui lui avait donné, avec l'agrément du roi de France, le gouvernement de Gommercy et ne cessa d'ailleurs d'appeler sur lui l'intérêt de sa fille, la reine Marie Leczinska.
En 1732, le 3 septembre, le roi écrivait de Lunéville au comte d'Argenson, ministre de la guerre : « C'est une continuelle répétition, mon très cher comte, pour moi à vous rendre infinité de grâces pour les nouvelles marques de votre chère amitié. Je suis sensiblement touché de celle que vous m'annoncez et des soins que vous avez pris de procurer la grâce au comte Bercheny, auquel je m'intéresse beaucoup. Mes obligations ne finiront qu'avec mes jours et vous prouveront toute ma vie combien je suis de tout cœur votre affectionné. — Staicisulb Rey. » (Archiva de la guerre.)
guenau. Le voisiDoge de Strasbourg le fit connaître du maréchal du Bourg (1) , commandant en Alsace, qui le prit en amitié. Le maréchal obtint pour lui en 1 735 la levée d'un régiment de hussards et une pension. Venu à Paris à cette occasion, mon père y fut très bien traité. Mais la vie de Paris ne lui plaisait pas; il retourna bientôt à Strasbourg, où il s'occupa de la levée de son régiment, qui, peu après sa formation, fut envoyé dans les provinces méridionales.
Son état-major était au Vigan, petite ville des Gévennes. Le jeune colonel y devint amoureux d'une demoiselle de condition nommée de la Nougarède- Lagarde (2), d'une ancienne famille qui avait eu des biens assez considérables, mais que les guerres des camisards avait ruinée. Il la demanda en mariage et l'obtint en 1739. Son régiment étant allé cette année en Corse, il fut obligé de différer son mariage jusqu'en janvier 1740, où il vint épouser au Vigan Philippine de la Nougarède, ainée de cinq enfants, dont une fille.
Je naquis le 22 octobre de l'année 1740. A la fin
(1) Marie du Maine, comie du Boarg, ni ea 1656, mort en 1730. Maréchal de Fraoce en 1124. Il figura dam la plupart dei guerrea du tempg de Loui* XIV. Il commandall en 1T09 à Humenheim et remporta eur lei Impériaux une brillante victoire.
(2) Elle STaît alon vingt-dnq u». Sa famille ^uit allite aux Polilac, aux La Fare, aui de Gangei, aux Gineitou* et i d'autre* aiion* notable! du Midi. A l'occaiion de ce mariage, le père de la incée partagea «on bien entre tei >ii enfanta, et la nouvelle o iiterhaïf reçut en tout el pour tout 10,000 iraiic*.