‹ Mémories du Cte Valentin Esterhazy avec une introduction et des notesChapitre 74 sur 179 · CHAPITRE CINQUIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIEME

maréchal, de Môilendorf (1) . Mais le roi ne parut pas. Je dinai à mon auberge; le soir, je fus encore invité par le prince royal. Le lendemain matin je reçus la réponse à ma lettre ; elle était courte : « Allez à Berlin ; je vous y verrai avec plaisir. — Frédéric. » Je crus d'après cela ne pas devoir rester à Potsdam un quart d'heure, d'autant qu'il y avait toujours deux ordonnances qui ne me quittaient pas.

La position d'un Français en Prusse était à cette époque assez embarrassante. Il y avait eu une querelle entre les cours de Versailles et de Berlin pour Neuchàtel (2), et elles étaient sans ministres respectifs. Mais, sachant que le général de Nugent, avec qui j'avais été lié à Vienne, était ministre de l'empereur à Berlin et qu'il y était aimé et considéré, je fus tranquille, bien sur qu'il me présenterait et me rendrait tous les services qui dépendraient de lui.

Je passai chez lui dès mon arrivée, et il se chargea de moi. Je portai mes lettres de recommandation; je fus introduit dans le monde, prié à souper tous les jours, partageant mon temps entre les manœuvres, où j'allais chaque matin, et la société, qui était fort agréable. Chez la comtesse Denhoff, à qui j'avais été

(1) Général prussien» mort fcld-marëchal en 1816, après avoir, depuis le règne de Frédéric le Grand et jusqu'en 1806, pris part à toutes les guerres contre la France.

(3) La principauté de Neufchàtel en Suisse, qui appartenait à la Prusse.

Ile de Luiacc.

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vivement recommandé et dans la famille de W***, on me traitait comme Tenant de la maison. Le lieutenant-colonel de Brettwitz, alors commandantdu régiment de Ziethen, me conviait à toutes ses manœuvres et me mettait à même de remplir l'objet de ma mission.

Le roi revint à Berlin à l'époque des revues. Je lui fus présenté. Il me parla de Vienne, du risque que ma tante la comtesse de Paar avait couru à Rome d'être tuée par un soldat du pape dont le fusil était parti, et voilà tout. Je ne fus pas prié à dtner, mais seulement aux revues de Poméranie ; celles de Sîlésie me furent refusées. A mon retour de Poméranie, où je ne vis que ce que j'avais vu à Berlin, je restai quelque temps encore dans cette capitale. J'allai visiter Spandau, les maisons de campagne, et je m'amusai, étant fort bien reçu partout.

Après un séjour de plus de deux mois, je partis pour Dresde, La cour était à Pilnitz. Le prince Xavier (1), sous les ordres dequi j'avais &itla guerre, administrait l'électorat; le général Mortange, que j'avais beaucoup connu, était avec lui. L'électeur et ses frères étaient des enfents ou traités comme tels. L'électrice douairière et ses belles-sœurs étaient occupées de leurs galanteries. Le tout ensemble renlitz ennuyeux.

; à Dresde, on s'amusait

it U guerre de Sept ani, lotu le

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