CHAPITRE CINQUIÈME
davantag^e. M.deWurmbrand, ministre de l'empereur, avait épousé Mile Tarouco, que j'avais beaucoup connue à Vienne. Les fils du comte de BrOhl (1) y étaient, dont un avait servi en France. Il y avait avec cela des hommes et des femmes qui se sentaient de Tancienne manière de la cour de Saxe et qui étaient aimables : une vieille comtesse Meczienska et le comte de Saxe, enfants du roi Augfuste, nés d'une autre mère que le maréchal de Saxe.
Je partageais mon temps entre la société et des courses sur des champs de bataille. Je visitai des camps fameux : Pirma, Plauen, Maxen, Disppoldiswald, Kônig[stein. Plusieurs officiers saxons que j'avais vus à l'armée française me communiquèrent des plans et des relations des af&ires qui avaient eu lieu autour de Dresde ; cette partie de mes mémoires est une de celles qui me fait le plus regretter la perte de mes papiers. J'avais rédigé avec beaucoup de soin les détails de ce voyage militaire. La partie relative aux manœuvres avait été remise au ministre, et j'en avais gardé la minute. Le reste était accompagné de plans et de cartes.
Je quittai la Saxe pour me rendre à Vienne. Les camps n'étaient pas encore commencés. J'en profitai pour séjourner à Gratzen, en Bohême, chez la com-
(i) Homme d'État au service de la Saxe, un des hommes les plus fastueux et les plus excentriques de son temps. Il en est question dans les mémoires de Casanova.
tesse de B***, ma cousine (I) . Au cours d'uue promenade que nous fîmes, son mari etelle, nou8 versâmes. Je fus seul blessé, mais je le fus assez grièvement au dessus de l'œil gauche. J'avais obtenu de l'empereur de te suivre aux camps ; ma blessure m'empêcha de fe suivre à Vienne. Je me rendis directement au camp de Moravie, où il me reçut avec bonté, bien qu'un emplâtre sur le front me rendit extrêmement ridicule. Je visitai à. sa suite les travaux qu'on commençait à Theresienstadt pour fermer le passage de la Bohême, et divers camps. Je le quittai à Budweiss, d'où il alla en Haute-Autriche, et Je me rendis à Vienne. Ma plaie était guérie; il ne me restait qu'une légère cicatrice, couverte d'une longue mouche.
La jeune fille que j'avais aimée, etdontj'ai parlé,
après une fuite d'étourdie s'était mariée à un jeune
homme d'une grande maison de l'empire, mais fort
borné; sa grand'mère était morte sans révoquer le tes-
tementqui lui donnait tout son bien. Mais elley avait
ajouté une clause qui en laissait la jouissance à sa mère
sa viedurant. La fille était venuevoir celle-ci et devait
retourner avant l'hiver à Mannheim. La conduite
qu'elle avait eue avant et après son mariage, une
Eceesive avaient servi de prétexte aux
mne, peut-être un peu jalouses de sa
s talents, pour ne pas la voir. Sa nais-