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CONTRE L'ESPRIT RÉVOLUTIONNAIRE

çaise, le monde des Écoles, les Facultés, les écoles de préparation militaire, jusqu'aux lycées. Il entre, dans ce frisson, un souvenir historique, devénu vivant grâce à Maurras et à Vaugeois, et aussi un avertissement, un pressentiment vaste et fort.

Or, à l’heure où j'écris, malgré lés pertés cruelles et innombrables creusées dans nos rangs, malgré l’accalmie politique d’union sacrée, fidèlement obsérvée par nous pendant la durée de la guerre et jusqu’au delà du traité de paix, nos groupements se sont reformés, étendus, fortifiés encore de tant de confirmations, éclatantes et tragiques, de nos doctrines. C’est donc bien de l'Action Française qu’on pourrait dire : Vires acquirit eundo. Sa marche accroît ses forces.

En face des forces nationalistes — qui né peuvent se réaliser, pleinement et fructueusement, qu'avec la monarchie, car il n’est pas de bloc national sans le Roi, — se dressent les forces internationales révolutionnaires. On connaît la formule de notre journal : « la Révolution vient d'Allemagne ». Mais cette Révolution n’était pas mûre, quand l’Allemagne nous a attaqués. Pourquoi? Parce qu’elle s’était heurtée, à partir de 1911 et du coup d'Agadir, à un obstacle qui n’était, certes, ni le gouvernement ni le régime faiseur de gouvernements, qui était, jé le dis avec certitude, l’Action Française. C’est bien facile à comprendre : on ne combat pas la révolution, son antimilitarisme, son antipatriotisme, son désordre, au nom des principes républicains, issus eux-mêmes de ce désordre révolutionnaire. Lemaître abondait là-dessus en formules justes et saisissantes, qui montraient un organe modéré et bourgeois, comme le Temps, forcé de maudire des conséquences anarchistes dont il admirait les prémisses. De même, Maurras à démontré que lé dynamiteur Ravachol était un produit direct des principes chers à Jules Simon. Pour combattre la doctrine révolutionnaire, issue de Rousseau et

des Encyclopédistes, et perfectionnée par Karl Marx et ses

adeptes, il n’est que celle du nationalisme intégral, de la monarchie héréditaire. Le compromis bizarre et absurde imaginé par les ralliés, depuis 1876 environ, entre la République issue de la Révolution et l’ordre, ne peut aboutir qu’à une désagrégation complète des forces d’autorité et au triomphe

final des forces de l’anarchie. Cette constatation, qui est audessus de la compréhension politique de plusieurs membres de l’Institut et d’une multitude de salonnards, a considérablement frappé la jeunesse française. D’où son adhésion à notre effort. Dans quelques années, cette jeunesse, formée à nos doctrines, occupera les postes importants, décisifs, de l'État et de la nation. Concluez vous-mêmes.

L'esprit révolutionnaire n’a pour lui qu’un appui sérieux : celui de la finance et notamment de la haute finance juive internationale. Cette collusion entre les magnats de la banque de Sem et les chefs et agitateurs de l’Internationale rouge, bolcheviste ou parabolcheviste, est aujourd’hui hors de doute. Les preuves en apparaissent quotidiennement.

Il est à prévoir qu’à un moment donné, la connaissance de cette collusion par le grand public — dont la guerre et la victoire ont décuplé le clairvoyant patriotisme — amènera chez nous un mouvement antisémite incomparablement plus violent que celui de l’affaire Dreyfus. Les maîtres de la politique d’Israël seraient sages d’y songer; mais on sait assez que, pareil en cela à Jupiter, Jéhovah affole ceux qu’il veut perdre.

Cependant que Pujo donnait ainsi ses jours, et une grande partie de ses nuits, à l’organisation des puissances d’action en liaison avec les comités directeurs de l’Ac/ion Française, Léon de Montesquiou et Dimier s’occupaient activement de l’Institut, qui est notre Sorbonne royaliste.

N'attendez ici aucune énumération des cours professés, avec un éclatant succès, à l’Institut d'Action Française avant la guerre. Ils visaient, selon un plan longuement étudié, à refaire, par en haut, une éducation de l’intelligence que faussaient les programmes officiels. Champ immense et qui fut labouré en conscience. Vaugeois a fait là des leçons admirables, ainsi que Léon de Montesquiou, que Lucien Moreau et que Dimier. Chacun d’eux, avec son tempérament et l’inclinaison particulière de son érudition, a cherché à extirper l’erreur démocratique, cette cuscute des sociétés et des États, par laquelle sont étouffées toutes les initiatives utiles des individus, comme des groupements. Dans le domaine de la philosophie et de l’histoire, une accumulation de fables mensongères recouvrait nos

AT, mA,

annales et l’œuvre de nos Rois. Nos amis balayèrent ces scories. Aux séances d'ouverture de ces cours, dont quelquesuns sont demeurés fameux dans le monde des étudiants, aux séances de clôture, on constatait chaque année les progrès accomplis et l’on envisageait ce qui restait à faire. À ces deux soirées, l’une en octobre ou novembre, l’autre à la fin de juin, des Sociétés Savantes, se pressaient une foule de jeunes gens, avides d’autre chose que de ce morne enseignement officiel supérieur, déformé, falsifié, « primarisé », sur tant de points, et qui aurait abêti, sans la salutaire réaction de l’Institut d'Action Française, des centaines d’étudiants français. Un proverbe chinois dit que les peuples, comme les poissons, se gâtent par la tête. Or, en argot, la tête pensante et réfléchissante s’appelle « la Sorbonne ». Notre Sorbonne, à nous, était avant la guerre, infestée par les méthodes germaniques, qui prétendent faire de la critique psychologique des textes une science exacte et numérique et aboutissent ainsi à de fastidieuses fiches, d’un enfantillage incroyable. Je me rappelle, entre autres, une remarquable conférence où Dimier, faisant justice de telles insanités, ajoutait qu’il ne fallait pas non plus, sous prétexte de réaction contre elles, revenir aux trop vagues considérations, pseudo-idéalistes, vaines et creuses, de Cousin et de son école. Il définissait, en termes excellents, cet équilibre entre l’érudition indispensable et les vues d’ensemble, claires et logiques, qui est et devrait être toujours le propre de l’enseignement français.

Je ne crois pas exagérer en disant que ce travail de rectification intellectuelle, opéré par l’Institut d'Action Française dans les années précédant la guerre, a grandement servi la cause patriotique, que compromettait un certain enseignement sorbonnicole, issu de la vase politique, radicalisante, socialisante, humanitaire, germanisante et judaïque. Le Syllabus, tant décrié par une clique de crétins anticléricaux, qui ignorent profondément ce monument de prévoyante sagesse, y avait sa chaire. Fustel de Coulanges aussi, notre plus grand historien moderne ; et Barrès, pour ses beaux travaux de sauvegarde nationale (Les Bastions de l’Est) ; et le précurseur Frédéric Amouretti, prématurément enlevé à l’affection de ses admirateurs et de ses amis, et qui avait sur la politique

étrangère, alors dédaignée, les vues les plus fécondes et les plus justes. C’est un scandale inouï, quand on y réfléchit, que le silence fait, depuis un quart de siècle, autour de la haute mémoire de Fustel, de ses travaux (Les Institutions politiques de l'Ancienne France. La Cilé antique), de son génie pénétrant et sûr. Il est difficile de croire à un concert de mandarins et de politiciens, pour l’étouffement d’une œuvre et d’un homme ; surtout quand cette œuvre se tient sur les hauteurs de la science et de la pensée ; quand cet homme n’est pas mêlé à la foule. Le cas, cependant, s’est produit avec Fustel de Coulanges, et je ne me rappelle pas sans stupeur les difficultés que rencontra la modesté commémoration, organisée en son honneur par l'Action Française, avant qu’existât notre quotidien. C'était à qui se défilerait. Il y eut, en tout, dans la presse de Paris, trois ou quatre articles dont un de Maurras, à la Gazette de France, un de moi au Gaulois. Cependant, selon un mot célèbre, il s’agissait « d’honorer la mémoire d’un grand savant, dont l’histoire, consacrée à notre pays et à ses origines, est une des rares qui nesoïent pas de guerre civile », qui ne donnent pas un fondement à la lutte des classes et des partis. Peut-être est-ce pour cette raison que fut toujours estompée, par les pouvoirs publics, la gloire, dangereuse par sa pureté même, de Fustel.

Quand, au début de la guerre — et jusqu’à la dictature de Clemenceau, — il fut défendu, par la censure, de publier dans la presse les noms des généraux vainqueurs de l’ennemi, je songeai invinciblement au cas de Fustel de Coulanges. L’intention, bien que portant sur des militaires, au lieu de porter sur un historien, était, au fond, la même ; cacher aux regards, comme une honte, soustraire à la gratitude nationale ceux qui, pour de bon, surent bien mériter de la Patrie. Et, pendant ce temps-là, vous aviez et vous avez encore Zola au Panthéon, Zola, opprobre des lettres françaises ! |

L'Institut d'Action Française et son fonctionnement me font toujours penser à deux religieux, aujourd’hui disparus, qui s’intéressaient passionnément à cette œuvre de sauvegarde de notre esprit et de notre tradition et qui nous aidèrent de leurs sages conseils : le Père de Pascal et Dom Besse. Le premier était grand, solide, de visage ouvert, avéc des yeux vifs

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