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DERNIÈRES RÉUNIONS AVANT LA GUERRE

avait toujours, à un moment donné — et qu’il fallait saisir, — dans un coin, une chance heureuse, une petite occasion providentielle, que l’énergie volontaire et lucide eût développée. Depuis le mois de janvier jusqu’au mois de juillet 1914, les discussions de Parlement et de presse, concernant la loi du service de trois ans — loi de salut public, — amenèrent de fréquents conflits entre les bandes révolutionnaires que commandait Almereyda, le directeur du Bonnet Rouge, et les Camelots du Roi. On sait l’importance, dans la République, cette émeute figée, des agitations et troubles de la rue. Le résultat caillautiste de ces élections in extremis doubla naturellement l’audace des partisans du « rapprochement franco-allemand », comme ils s’intitulaient euphémiquement. Car je suis bien persuadé que les agents de l'Allemagne étaient avertis de la déclaration de guerre imminente et que leurs censées protestations contre le militarisme et le nationalisme n’étaient qu’une aide suprême apportée au plan berlinois de mobilisation et d’invasion brusques. Le cabinet de l’empereur et l’État-Major de von Kluck — de ce von Kluck qui était venu en France, en 1913, inspecter en personne les carrières du Soïissonnais! — escomptaient une agitation progressive de la pègre parisienne, aboutissant à une sorte de Commune, au moment même du déclenchement de la guerre. Ce plan fut déjoué, et magistralement, par Pujo, Maxime, Plateau, Lacour et les Camelots du Roi. Chaque fois que ceux-ci et les Étudiants et Ligueurs d’Action Française se trouvèrent en contact avec les hommes de main de Caillaux, du Bonnet Rouge et de l'Humanité, ces derniers reçurent de fortes raclées. Il ne leur arriva qu’une fois, au manège du Panthéon, où les troupes d'Action Française n’étaient pas en nombre — attendu que c’étaient les révolutionnaires proallemands qui donnaient la réunion, —de maintenir celle-ci et d’assommer quelques patriotes. Victoire à la Pyrrhus ! Les royalistes prirent largement leur revanche sur les boulevards, dans les derniers jours de juillet, en refoulant et mettant en fuite, avant la police, les hordes qui criaient : « À bas l’armée! » Par ce nettoyage in exiremis, ces jeunes héros, qui allaient être décimés affreusement deux mois plus tard, avaient déjà bien mérité de la Patrie.

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