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CHAPITRE IX

Signes prémonitoires : les « bandits en automobile ». L’assassinat de Gaston Calmette.

’EST une vieille remarque que les grands cataclysmes historiques sont fréquemment annoncés par des événements scandaleux, dramatiques, sanglants, mystérieux, qui se dressent soudain sur la société, comme de hautes lames annonçant l'orage. Les sceptiques font observer que de tels faits divers surviennent aussi sans convulsions nationales subséquentes. Il y a eu des affaires du Collier sans révolution ultérieure, des affaires Victor Noir qui n’ont précédé aucune guerre. Évidemment, et pourtant la réflexion subsiste et elle s’applique aussi aux crises de plaisir et de débauche, qui saisissent tout à coup un milieu, une ville, une province, où surviendront prochainement une banqueroute, un tremblement de terre, un ravage atmosphérique, géologique, quelconque.

Quelque crime toujours précède les grands crimes.

Crime de la nature, crime de l’homme, c’est tout un. Nous ne connaissons pas l’essence de ce phénomène étrange, périodique, qui s'appelle la guerre, que l'humanité maudit avec raison et auquel elle s'adonne avec fureur, le plus souvent même au nom de l’humanitarisme. Car les peuples se jettent les uns sur les autres pour les motifs les plus divers, ce qui a laissé penser que ces motifs n’étaient que des prétextes pour une force obscure, indéfinie, au delà même de la haine, de la rage, de la convoitise, de la finance, de l’économie politique,

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