GXX LES COURS ET LES SALONS
ravaniage du projet et se chargea des achats; on lui fit part ensuite d'un léger obstacle qui s'opposait à la paix ; mais y à rarrivée du courrier suivant , les associés s'empressèrent de l'instruire de la levée de cet obstacle et de la certitude de la paix. Necker^ dès le lendemain de leur première entrevue j avait expédié pour Londres un courrier chargé d'instructions pour ses correspondants y auxquels il marquait de ne pas perdre un moment pour faire des achats considérables de fonds anglais. Il s'était aussi engagé avec Favier et le premier commis à partager les bénéfices; mais ils difiërèrent à mettre par écrit leurs conditions y et Necker y qui avait eu le temps de faire ses réflexions et formé le projet de s'approprier en entier les bénéfices de la spéculation y annonça alors à ses associés qu'il avait lait de nouvelles réflexions y et que y quels que fussent les motifs de croire à la paix , elle pouvait être retardée et le retard l'exposer aux plus grands risques. Il ajouta qu'il avait iait partir un seccMid courrier pour révoquer les ordres qu'il avait donnés^ et faire revendre à tout prix les effets achetés. Enfin il fit valoir à ses associés la bonté qu*il avait de ne point leur faire partager la perte. Indignés de son effronterie ; mais forcés au secret , ils n'osèrent éclater ^ et se contentèrent de faire secrètement des perquisitions à Londres. Le résultat (ut que les effets n'avaient été revendus qu'après la nouvelle certaine et publique de la paix y et que la vente avait produit quarante pour cent de bénéfice. Necker s'assura ainsi d'un gain immense. » VEspion anglais ( t. Y. p. 303) n'est pas moins positif; il dit : a M. de Saint-Foy^ qui était premier conunis des affaires étrangères lors de la paix dernière ^ se plaint que^ d'après les renseignements qu'il lui donnait y M. Necker, en jouant aux actions à Londres à coup sûr, avait gagné 1,800,000 livres, dont il lui avait toujoms refusé la part qu'il lui avait promise. Un M. Favier, autre commis qui avait été le porteur de parole et en devait profiter aussi , atteste le fait et le conte à qui veut l'entendre. » Soulavie (t. IV. p. 00) adopte le bénéfice de ces 1^800,000 livTes et «goûte que^ sous Terrai, Necker passait pour avoir fait avec le roi le petit agiotage de banque ou d'honnête usure, prenant des effets qui perdaient sur la place pour les vendre avec avantage au trésor royal, et avoir, par tous ces moyens, gagné une fortune inunense. Bertrand-Moleville (t. L p. 54) rapporte aussi que, sous Terrai, Necker profita de la détresse du trésor royal ^ et fit i^i bien valoir les fonds de son patron et com-