XXX LES COURS ET LES SALONS
croupissait, que quand il fallait apposer sou nom surdesparch^ mins qui annonçaient un coup d'État. Il passa le reste de sa vie dan^ l'inertie à laquelle l'avait réduit sa précoce dépravation (i).
Suède.
Rien n'égalait l'autorité que les grands avaient usurpée; rien n'était plus connu que l'usage qu'ils en faisaient. Sur neuf cents membres dont se composait l'assemblée de la noblesse , il n'y en avait pas cent qui fussent exempts de corruption. Ils vendaient leur crédit et leur bassesse, et ne subsistaient que de ces honteux trafics. Ils étaient redoutés du roi ; ils n'étaient pas moins odieux au peuple. Quand Gustave III les eut renversés et di^rsés , et qu'il leur eut arraché le levier avec lequel ils opprimaient la Suède , il se vit aimé et béni de ses sujets. Il ne sut pas profiter de la position nouvelle où il s'était placé pour inaugurer une ère de bonheur. Sur les débris de l'oligarchiej^il n'établit qu'im despotisme presque aussi dangereux et funeste. Il composait des drames, des comédies; il était en correspondance avec d'illustres personnages ; il s'exerçait à traduire la ffenriade; il se nourrissait des écrits modernes; il écrivait des éloges et des discours pompeux ; il visita les pays étrangers. Il était donc instruit, il parlait avec éloquence, il séduisait par ses manières. C'était un philosophe accompli. A quoi lui servirent toutes ces connaissances et toutes ces qualités si précieuses ? Il se glorifia de mépriser les préjugés; il brava toutes les convenances; à Rome, suivant Gorani,il afiecta, un vendredi-saint, de donner un repas composé de toutes sortes de viandes; dans son palais il se piqua d'irréligion. Il permettait l'incrédulité, mais il voulait être honoré comme un dieu. Aussi exigeait-il que tous ses sujets se découvrissent à son aspect, et que ceux qui étaient en voiture en descendissent pour le saluer , quand il traversait les rues de sa capitale. Qu'avait-il donc fait pour mériter tant d'attention? Il avait une femme pleine de grâces, belle à ravir; il la négligea et n'eut jamais de rappoi-ts intimes avec elle. Il essaya de la corrompre ; il l'engagea,
(1) Mémoire* authentiques et intéretsants ou Histoire des comtes Strueiuée et Brandt, 1789, pag. 243. — Mémoires de Tabbé Roman, 1807, pag. 13 à 108. — Us cours du Nordf traduites dp John Brown , par Cohen , 1819, lom. ï.