CLXXVIII LES COURS ET US SALONS
Potsdam, raconte Thiébault ( t. V. p. 346)^ s'y était fait une maltresse (l*tine jeune personne pauvre , mais très-jolie; et celte lille étant devenue grosse , il eut peur que ses amours ne vinssent i s'ébruiter, et ne lui fissent une querelle avec sa femme , avec toute la famille à laquelle cette dame appartenait , et même avec le roi , qui n'aimait pas les scandales propres h indisposer le public. Pour prévenir les chagrins et les tracasseries qu'il redoutait, Maupertuîs usa de tout son crédit auprès du commandant militaire de Potsdam , qui Ht enlever cette fille dans le plus grand secret, et la fit enfermer, sans bruit, à Spandaw ( ce donjon de Vincennes de la Prusse ), où elle a vécu assez longtemps, toujours entièrement inconnue; car on avait pris toutes les précautions possibles pour que «es parents ignorassent ce qu'elle était devenue, et pour qu'elle-même n'osât parler, et en tout cas, ne pût se faire entendre. »
Il convient aussi de démasquer ce Pope, que Warburton vantait comme l'un des plus excellents ouvrages de Dieu, comme un homme de bien qui avait plus de vertu solide lui seul qu'im grand nombre d'autres n'en ont souvent ensemble. M. Charles de Rémusat, dans im de ses articles sur Bolingbrocke, sa vie et son temps, publié dans la Revue des Deux- Mondes, du !•' octobre 1853, raconte que Pope, ayant été chargé par Bolingbrocke de faire imprimer seulement à quelques exemplaires le Roi patriote, ne se fit aucun scrupule d en tirer 1,500 qu'il espérait vendre très-cher, dans le cas où il survivrait à Bolingbrocke. Mais Pope étant mort le premier, Bolingbrocke reçut de l'imprimeiu* les 1,S00 exemplaires de son ouvrage, se hâta de les brûler, et ne manqua pas de divulguer l'abus de confiance dont il avait lieu de se plaindre.
Grâce, grâce, grâce, duc de Richelieu. Pourquoi vous attachera mes pas et me suivre comme l'ombre? Je vous ai visité sous la tente et au bivouac , je vous ai accompagné sur les champs de bataille jusqu'au fin fond de l'Allemagne , je vous ai ramené sous votre pavillon de Hanovre, je vous ai laissé la coupe du plaisir à la main dans votre gouvernement de Bordeaux. Et nous revoilà lace à face, comme si nous avions fait un pacte de ne point nous séparer. Cette fois, moi qui n al pas été allaité par une princesse, j'espère en finir avec vous qui affectiez d'estropier tous les noms roturiers. Je ne m'arrêtei-ai point à vous reprocher, comme l'historien de votre Vie prMe, d'avoir dû quelquefois jusqu'à trente mois de nourriture à ^os
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domestique», de vous être peu soucié d'acciuitter un mémoire de Servandoui présenté vingt-cinq années consécutives, et toujours inutilement; d'avoir forcé Voltaire à recourir à des huissiers pour toucher ses rentes réclamées pendant deux lustres. Peccadilles pour un gentilhomme accoutumé à ne rien respecter ! Écoutez : il avait soustrait une de ses parentes, M»« de Saint-Vincent, à Tautorité de sa famille et d'un époux, président du parlement d'Aix. Dès qu'il l'eut aflBchée, il la délaissa, mais il la délaissa ruinée. Pour des causes que je suis dispensé d'examiner, il lui donna pour plus de quatre cent mille livres de billets signés maréchal de Richelieu. Elle les négocia; lui s'en plaignit et la fit enfermer en l'accusant de faux. Elle s'en défendit et prouva péremptoirement que , si ces billets étaient faux , elle les avait reçus tels; elle produisit , comme pièces justificatives, des lettres signées de lui qui attestaient l'origine des billets. Une enquête sévère et minutieuse n'amena pas d'autre résultat. Si la position du demandem* le mit à l'abri cVun arrêt déshonorant , ITiistdîre doit flétrU* sa mémoire avec indignation. U doit donc rester convaincu d'avoir émis quatre cent mille francs de billets faux , qui réduisirent la demanderesse à aller pleurer et mourir dans un couvent, où elle persista jusqu'à sa dernière heure à confesser qu'elle avait été victime d'un faussaire. M™» du Deffand nous apprend^ dans sa lettre à Walpole , du 12 mars 1 775 , que cette double accusation de rapt et de faux fut, pour les meilleurs amis du maréchal , l'objet de la plus vive inquiétude et d'une grande désolation. Ses démarches auprès de ses juges sufiisaient pour accuser son trouble dans une affaire qu'il eût bien voulu assoupir à tout prix(i).
Passez à la suite de votre doyen, vous, de Foucemagne , membre de l'Académie fi'ançaise, sous-gouverneur du duc de Chartres, i Ayant eu occasion de soupcoimer un mSment sa droiture , dit Chamfort, je demandai à M. Saurin s'il Tavait connu particulièrement. Il me répondit qu'oui. J'insistai pour savoir s'il n'avait jamais rien eu contre lui. M. Saurin, api*ès un moment, répondit : « Il y a « longtemps qu'il est honnête homme. » Je ne pus en tirer rien de poâtif , sinon qu'autrefois M. de Foucemagne avait tenu une conduite oblique et rusée dans plusieurs affaires d'intérêt. »
(1) VEspiùn anglais, tom. II, pag. 1 à 61 , et tom. VI , pag. 83 à iZ^,'^ Mémoires de Bachaumant , de» l**, 7, 14 et 19 janvier 1779.