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qui fournissait les fonds. » Le fait , que dans cette note à la lettre du 4 juin 1741 de Voltaire à Tabbé Moussinot, M. Clogensonne fait que soupçonner, et que Ghauilon seul a relaté, est assuiément peu vraisemblable; il est pourtant incontestable. En effet. Voltaire écrit à Tabbé Moussinot le 30 juin 1736 : a Vous pouvez vous amuser à acheter pour 6,000 livres de tableaux , si vous croyez que cela réussisse. Je m'en rapporte à vous. » — En 1737, le 18 mars : « Je vous supplie de ne mettre que quatre à cinq mille francs en tableaux. » — Le 26 du même mois : « Vous ne me parlez que des estampes à vendre, je vous donne carte blanche sur cela. » — Le 27 aTril: a Puisque vous voulez mettre 6,000 livres en tableaux , à la bonne heure ! Cela nous amusera. Mais je vous demande un profond secret en cela comme en tout le reste. » — Le 17 juin 1738 : a Si je retourne à Paris, nous brocanterons vigoureusement. » — Le 9 juillet 1735 : a Vous achèterez pour ce qu'il vous plaira de tableaux.» — Le 46 décembre suivant : a ... que vous gardiez l'argent que vous aurez touché des autres tableaux vendus à Paris. » — El le 30 mars 1740 : a J'espère vous donner avis d'une belle vente de tableaux. »
Une succession vint augmenter encore la foi*tune de Voltaire, déjà enrichi par tant de bénéfices et d'intérêts. En quelle année mourut son frère aine, Armand Arouet, c'est ce que les biographes et les Commentateurs se sont peu souciés de savoir. Luchet (t. L p. 61) hésite entre 1740 et 1741 ; M. Louis du Bois (OEuv. de Volt,, édiU Delangl. t. L p. 62) indique le mois de janvier 1741 ; Chaudoo (t. IL p. 10) et Lepan (p. 132) adoptent aussi cette année 1741, mais sans choisir la saison; Paillet de Warcy (t. L p. 69) opine pour les premiers jours de cette même année 1741, persuadé que les cent vieux louis que Voltaire conseillait le 17 mai à l'abbé Moussinot de cherchera placer sur des gages solides, provenaient d'un héritage. MM, Clogenson et Beuchot parlent de la fin de 1745. Ils se sont peu trompés. En effet, aux archives de l'hôtel de ville, les Registres des baptêmes, mariages el enterrements de la paroisse SatrU-Barthélemy m'ont fourni ce document : a Le 19 février 1745 a été inhumé en cette église M« Armand Arouet, receveur des épices de la chambre des comptes, Agé d'environ soixante ans, décédé de hier à la chambre des comptes Cour du Palais de cette paix)isse. Ont assisté au convoi François-Marie Arouet de Voltaire, bourgeois be paris, demeurant faubourg Saint-Honoré, paroisse de Sainte-Madeleine, frère du défunt, Jean-Baptiste Brisson, bourgeois de Paris, demeurant Cour du Palais de cette paroisse, lesquels ont signé. Signé : a F.-M. Arouet de Voltaire, Brisson. » Par cet acte , le titre de receveur des épices de la chambre des comptes est de nouveau confirmé dans la famille Arouet. La condition de Bourgeois de Paris que prend Voltaire est digne de
De volthké. it
remarque. Elle fait supposer qu'il n'avait pas encore les deux titres dont il fut si fier, et qu'il ne manquait pas d'étaler en toute occasion. « M"« d'Etiolé (qui n'était pas encore marquise de Pompadour^^fe fins beau nom de France^ comme le lui mandait Voltaire en 4745) obtint pour M. de Voltaire, est-il dit dans le Commentaire historique, le don gratuit d'une charge de gentilhomme ordinaire de la chambre. C'était un présent d'environ soixante mille Uvres, et présent d'autant plus agréable que, peu de temps après, il obtint la grâce singulière de vendre cette place, et d'en conserver le titre, les privilèges et les fonctions. » Suivant Longchamp (p. 292), il n'y avait que quelques mois qu'il en était pom*vu, lorsqu'd s'en démit pour une somme de trente mille francs. Voltaire la regarda comme une récompense de sa Princesse de Navarre ; cette pièce n'ayant été jouée que le 23 février, ce ne peut être qu'après qu'il fut admis au nombre des gentilshommes de la chambre. Le 3 mai il apprenait à l'abbé de Valori que le roi lui avait promis la première de ces places vacantes, et l'avait nommé historiographe de France. Depuis quand l'était-il? depuis la fin de 1744, d'après le Commentaire historique. Cette date n'est pas exacte. En mars 4745 le Mercure de France publiait cette nouvelle : «S. M. a accordé à M. de Voltaire le brevet d'historiogi^aphe du roi avec tous les honneurs et prérogatives attachés h cette charge, et deux mille fr, de pension. » Il est probable que le Mercure de France n'était pas mal renseigné. D'ailleurs, dans sa lettre du 8 février au marquis d'Argenson. Voltaire parait demander la petite place d'historiographe et régler la pension qui y serait attachée. Tout porte à croire qu'il n'en reçut le brevet qu'après là représentation de la Princesse de Navarre qu'il n'avait commencée que sur commande. Dansses Mémoires, il remercie la maîtresse du roi de ce nouveau bienfait. Cependant il écrivit dans le mois d'août 4750 au duc de Richelieu : « Vos bontés me firent obtenir les places de gentilhomme ordinaire du roi et de son historiographe. Vous savei si j'en conserve une juste reconnais^ sance. » D'après la note qu'il envoya aux frères Parfaîct, et dont nous parlerons plus tard, il fut gentilhomme ordinaire de la chambre du roi en 4747, et surnuméraire en 4749. La première de ces dale^ est Une erreur, cai* dès le 1" mai 4746 il avoua à Maupertuis que le roi lui avait fait présent de la première place de gentilhomme de Id chambre en même temps qu'il venait d'être enfin reçu à l'Académie française. Aussi 1*^4 /manocft royal de 1747 (p. 324) ajouta-t-ilà son UU^ d'académicien celui de gentilhomme ordinaire de la chambre du roi. Il ne dut vendre cette charge que sur la fin de 4749, puisque longchamp toucha pour lui, comme nous le verrons tout à l'heure, 46201ivres comme appointements de cette sinécure pour l'année 4 749. l'OQgohampa donc eu tort de ne mettre que quelques mois d'intervalle