‹ Ménage et finances de Voltaire (volume 2)Chapitre 50 sur 95 · BE VOLTAIRE EN 1778. S · texte numérisé non relu

BE VOLTAIRE EN 1778. S

mais il surchargea ensuite le 9 et le 7 ^ et oompta au total 178,800. L'éditeur Dupont offre celui de 198,500 ; ce n'est pas la seule inexactitude qu'il ait conunise en reproduisant ce document. Hâtons^nous donc de le copier fidèlement :

«TAT AU MOIS DB lUItLBT 1775.

Rentes,

SorrMCeldeTîIle i4,0t8 1.

Comptgiiie des Indet 11,568

Succession GtUie 2,500

Mtrécbal de Richelieu 4,000

Diicdt)rléaiis. . •. 1,«00

M. du Tartre S,000

Doc de Boaillon, * . . ■ . . * . . . . 8,950

MarchAiid, fermier général. • 8,500

Héritiefs YiUars. 2,100

Leiean de Rouen . - • S,8U0

Destain-MaaleTner. • • . . • 8,000

A SainV-Tropes , luccestioB Goeébriant . . « . 540

Contrat chex moi, quittance en mai 1778 à M. Audibert

Sor II. d*Aiineuil Frémont , ci-derant président S,000

Banqueroute Bernard, surintendant de la reine, maître dei requêtes,

enTiroa. , 500

M. de NeniUy à Dyon , rente foncière; le contrat est cbei moi , il est

du 18 mars. • 1,000

Sur rompront des cent soixante millions, contrats cbes Dnclos, notaire,

ks nmnéros ches moi, rente perpétuelle et commerçable 1S,000

Tons ces contrats ^n France , excepté Nenilly et Saint-Tropes , sont & fâris , chez M. DelalOQ, et à présent chez M. DaiUy, chez M. Dntertre.

En réduisant cette somme k cause des Tingtièmes et autres frais à • . 70,000 1.

Doc de Wurtemberg. 68,500

Ëledcnr palatin .................. 18,000

Femey et euTirons 15,000

Notaire Duclos 18,000

Sherer et Vergne .•••*...... 4,800

Baomt^ 1,800

A recoof rer du duc de Wurtemberg 70,000

CaodaÉlB. 18,000

Sor quoi il faut payer :

A mes neveux. 8,6001.

Pour les dépenses, par an 40,000

Au curé . 800

En aumônes i)000

1584«ûl.

60 ÉTAT DES REVEîfUS

Payé par acte devant notaire au sieur Qeran it,0001.

Pour son théâtre & lui-même, à ses deux charpentiers Landri et

Mange 4^0gl

!•» juin sur Sherer j^OOq

Lépine par contrat I 000

Par billet '50O

Florian , pour solde Jusqu'au S4 mai 1776 , la tomme de. . . . 641

Doit en avril 1776 4^4^

Pour la maison, du S4 mai 2 00O

Et au mois de juillet SOOO

Dupuis, voir la date pour les 1S,000 auxquels je me suis restreint . l',eoO Neuilly, par Guichard, notaire k Moiran, route de ChAlons (ancien

contrat du mois de mars i 000

Gorbot, en mars [ slooo

Bourset & réformer ggO

Rien en juillet . 900

Valentin, pour le fonds de «8,000 1. remboursable en 1777 . . . 1 ,1)0

Pour sa maison , du 14 novembre , voir lods et ventes. . • . . 760

Mauxier, iO juillet, maintenant Valentin 80

TriUa, 9 décembre , 444

, . / Parami • 114

Le grand commun j^^^^

au bas de U page. \^ ^^^^^ ^^

Gabar , il j aura des rentes environ • • • . 800

Perachon, à la fin de juillet, à revoir 2,616

Serret et Dufour, maisons 1,800

Et pour un fonds remboursable en 1777, qui est de 88,188 . • . 1,666

Servant pour maison , février 750

Plus , pour un fonds de 6,000 1. • • . 140

Auzière doit S,000 1. do fonds ItO

Bellevue Renaud 158

Dallot 78

Hoguenon , tailleur.. 84

Odiot , abô^ment 170

G. Geret 80

Oulric 71

Grand commnn 896

Tanneur Brun, abergement ............. 150 1. 10 1.

Par obligation à Wagnière 60

Le Thnilier, abergement 108

Saint-Germain , Pingeon-Chabot demande cette maison en abergement 71

Jordanet , m

Louiset, en février 140

Luxembourg, Juillet 106

Jaquet, abergement * . . • . 80

Obligation. , 80

Abergement de Jean Malcomusus en soulA*ance I8I

Auzière,sur sa maison, 8 Janvier 600

FUlon , maison Thibaut , incertain 600

D'Aleixet, environ 800

VwO.

DB YOLTAIBE BN 1778. 61

Boaroe. ». » 6S6

Aanère, si maison » 7Ô0

Giroo 560

Sitnt-Géran 1,B40

Rocher «SO

Rifinet. B15

8i,7S6 Undrir, argent prêté .... 4 • . i . aïO

81,9S6 Simon Honj , serrurier, sa maison en yiager du 6 juin 1776. i . 188 1.

Gens. ..;..;;. i S.

Girood, en viager, sa kaison 586

Gens S s.

Poracbony terrain aux Flattes, abergement^ S6 mai 1775 ... 6

Gens S s.

Madame d^HacqueTîlle, maison et terrain, 7 juin 1778, abergement à 4 0/0 740

Gens 10 s.

Andiot, sa maison en viager, 28 mai 1778 840

Cens Sa.

Hsrtin, sa maison, abergement, 86 mai 1776 116

Gens Î8*

Landry et sa femme ^ argent prêté en viager, 18 mai 1776 ... 110 Naidot et Dubois, maison en viager, 5 juin 1776 450

Cens » • • la»

M. Oufour, argent prêté en viager, 1 ,000 livres , le 11 juin 1778 . 75

M. Monginot, viager, pour le l«r octobre 1776 1,810

Gens SS- II. Defourat, viager î>75

Gens 4 Is.

Saintr^éran, pour le champ des Pâlies, abergement du 1 1 juin 1776. 15

Cens* 28.

Bajoaud , viager 540

6,541 De Tautre page. . . . 81,987

Combronr •*'

liaison Gabor des Roches ^fi^^

ÙMu ^0

40,078 Pavre ♦•^

Puis viennent les BiUeis que fimpeut donner en paiement pour les maisons. Us sont au nombre de cinquante-sept et composent une somme de plus de cinquante-cinq mille francs. Sur ces cinquante- 8q»i billets, cinquante-trois sont biffés, ce qui annonce que quatre seulement sont restés en souffrance ou n'ont pas été mis en circulato; il y en a de diverses sommes depuis soixante-douze francs jus*

63 tTAT DES RBVXNUd

qu'à quatre nulle; si Ton excepte ceux de M. de Florian^ its sont tous souscrits par des roturiers.

Après est une autre Liste des billets dont on peut faire iASage en rannée 4777 depuis le i" juin 1777. Ils sont au nombre de trente et composent une somme de plus devingt-huitmiUefrancs; cinq seulement sont effacés^ par conséquent le reste a été employé utilement , négocié ou payé ; ils ont également de diverses sommes, et souscrits par des roturiers, à l'exception de M. de Florian.

Ces notes , que nous avons recueillies aussi littéralement que le permet un Livret où il n'y a ni lettres majuscules , ni accentuaîion , ni ponctuation, ni orthographe régulière des noms propres, nous démontrent qu'en 1775 comme en 4750, la fortune de Voltaire était toute mobilière et placée sur des seigneurs riches et puissants, et nous indiquent quel a dû être l'état de ses revenus en 4778.

Dès 4775 , Voltaire jouissait de 477,500 livres de revenu, et il lui restait la somme de cent cinquante-deux mille cent lirres à i^acer ; «goûtons les soixante^lix mille livres qu'il attendait du duc de Wur> temberg et les treize mille que lui devait Candaule, nous aurons alors la somme de. 235,100 livres.

Or, en juillet suivant, cette somme de 235,400 livres a dû produire des intérêts. Cc«nme Voltaire prêtait quelquefois à A pour cent et aussi à 6 et à 7 pour cent en viager , en supposant que ces 235,100 livres aient été t>lacées au denier cinq, nous aurons pour intérêt au mois de juillet la somme de. . . . .^ . . . 41,755 livres.

A ces 44,755 livres joignons la somme disponible à la fin de l'année, qui est de 452,400 livres, alors nous aurons en caisse, au mois dejuillet 4776, le total de 398,955 Uvres,

En juiUet 4777, ces 398,955 livres produiront un intérêt de 49,947 Uvres 75 centimes auxquelles il faut ajouter, conune en 4776,1a somme de 452,400 Uvres, et nous trouverons en caisse le nombre de • • • S74,002 livres 75 c.

En juillet 4*^7^, ce total de 571,002 livides 75 centimes nous fournira im revenu de 28,550 livres 43 centimes

A ce dernier intérêt, ajoutons l'état du revenu habituel de 477,500, et nous compterons 206,050 livres 4 3 centimes

Par conséquent les revenus de Voltaire s'élevaient à sa mort à Aem cent six mille livres au moins.

Ce calcul n'est point exagéré. Wagnière et tous les biogra^ws conviennent que, dans les vingt dernières années de sa vie, Voltaite doubla ses revenus. Or, il nous a appris qu'en 4760 il avait soixante mille livres de rente en France, et quarante-cinq mille dans les pays étrangers. Deux fois ôent cinq mille font deux cent ëi

Iȣ VomiBB W 1778* 63

mille. Son Livret , sa correspondance , la tradition , le raisonnement^ rarithmétique , tout concourt à prouver que nous ne nous trompons pas en présumant qu'en 1778, Voltaire avait au moins deux cent six miUe livres de rente net, car nous verrons qu'il obtint que ses terres demeurassent libres , et ne payassent rien au roi ni à Téglise. Le â6 décembre 1760, il disait à madame d'Epinai : a II faut payer les impôts ou n'être pas citoyen. » Genève lui ayant envoyé un petit bordereau à acquitter, il écrivit à cette occasion le 2 mai 1766 au marquis de Florian : c H n'y a pas longtemps que Messieurs da oraiseil me présentèrent leur terrier, par lequel iLs me demandent mi hoomiage-lige pour un pré. Je leur ferai certainement manger toat le foin du pré, avant de leur faire hommage-lige. »

Le4 avril 1768 , dans sa lettre à M. et M"^ de Florian , il dit que H** Denis possédait douze mille livres de rente. Comme M"** Denis et YoltaiTe vivaient ensemble, je suis tenté d'ajouter les douze mille livres de rente de celle-là aux deux cent six mille livres de celui-ci. Alors, en 1778, le patriarche de Femey disposait d'un revenu de deux oeQt dix-huit mille francs.

Sur la liste de ses débiteurs, en 4775, Voltaire ne nomme que de grands seigneurs; il n'est pas probable qu'il ait touché tout ce qui lui était dû cette année seulement; il se peut que plusieurs sommet alignées sur cet état soient un reste de compte, une accumulation de plusieors années de reaie» plutôt que le chiffre d'un revenu net. Mais, d'im autre côté, il est certain que ce n'est pas seulement à de grands seigneurs qu'il jurétait : témoin les notes que nous avons transcrites, et gui forment un état à part. C'est ce qui explique la difiérence des additions de Voltaire. 11 en a une de 1 78,500 et mie autre de 197,500. Est-ce une erreur? non. H portait d'abord les rentes de Femey à 35,000 livres, piuis il les réduit à 1 5,000. Pourquoi ? c'est que Femey avait un compte séparé. Dès 4759, il évalue à 8,000 livres ce qu'il en retirait ; Toumey avait été affermé avant 1758 plus de 3,000 livres par an. Depuis, Voltaire avait acheté des terres, il avait amélioré son domaine, il avait bâti plus de quatre-vingts maisons dont il avait v^du la plupart en viager. Il est impossible d'admettre que tout cela ne lui rapportât que 45,000 francs par an. La demière addition qu'il pose est de 197,500. C^est qu'alors il avait vérifié que Femey et ses environs méritaient d'être compris dans son état pour 35,000, comme il l'avait wk d'abord; mais qu'il n'avait réduit à 45,000 qu'en attendant qu'il eût tout revu et parcoum les contrats et les billets des rotm*iers dont noQs av<ms parlé. C'est donc vingt mille Uvres de rente qu'il faut jqouter & notre calcul. Voilà pourquoi j'avais dit qu'en 4778 Voltaire^ avait au moins deux cent six mille livres de revenu.

Il convient donc de dire qu'en 1778 Voltaire jouissait certainement de plus de deux cent vingt mille livres de rente ^ sans compter le revenu de sa nièce.

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