‹ Ménage et finances de Voltaire (volume 2)Chapitre 52 sur 95 · LA FLÈGUE AU NOM B^HARPAGON · texte numérisé non relu

LA FLÈGUE AU NOM B^HARPAGON

Voici quelques articles qu'il a dictés lui-même, pour être montres avant que de rien faire : Supposé que le prêteur voie toutes ses sûretés^ et que l'emprunteur soit majeur, et d'une famille où le bien soit ample, solide, assuré, clair et net de tout embarras, on fera une bonne et exacte obligation par-devant im notaire , le plus honnête homme qu'il se pourra, et qui, pour cet effet, sera choisi par le prêteur, auquel il importe le plus que l'acte soit duement dressé. Mais comme ledit prêteur n'a pas chez lui la somme dont il est question, pour faire plaisir à l'emprunteur, il est contraint lui-même de Tera* prunter d'un autre; ce n'est que pour l'obUger que ledit prêteur s'en* gage à cet emprunt, d

Maintenant écoutons Voltaire surpassant Harpagon. Dès 1723 il avait déjà un contrat; dans sa lettre du 2 mai 1741 àMoussinot,il désire savoir si c'est de 1731 ou de 1735K que date le contrat Goesbriant. A peine se met^il en relation avec Moussinot qu'il lui indique que c'est chez Perret, chez Bronod qu'on trouvera ses contrats. Le 19 juin 1733, il écrit à de Gide ville : o Sèivez-vous bien que j'ai domié dixhuit mille fi^ancs au sieur marquis de Lezeau, sur la parole d'honneur qu'il m'a donnée , avec un contrat, que je serais payé tous les six mois avec régularité? Il s'est tant vanté à moi de ses richesses, de son grand mariage, de ses fiefs, de ses baronnies et de sa probité, que je ne doute pas qu'un grand seigneur comme lui ne m'envoie neuf cents livres à la Saint-Jean. Si pourtant la multipUcité de ses occupations lui faisait oublier cette bagatelle, je vous suppUerais instamment de daigner l'en fabre souvenir. » Le 9 septembre 1752 il apprend à M«« Denis que c'est par un beau et bon contrat qu'il a remis entre les mains du duc de Wurtemberg les fonds qu'il avait retirés de Berlin. Ge n'est que sur contrat qu'il prête à M. du Chasteiet. Si le 30 juin 1736 il envoyait des contrats à Moussinot pour les joindre aux autres, nous voyons qu'en 1750 il possédait, suivant Longchamp, ime liasse de contrats, et qu'en 1775, d'après son Livret^ il avait encore une grande quantité de contrats. Tous ces contrats , il ne les avait signés et acceptés qu'après mûre réflexicm et de grandes informations. Ainsi, le 10 janvier 1738, il mandait à Moussinot : a U faudrait prendre le parti de placer sur M. de Brezé les trois mille livres. Cet emploi serait d'autant plus agréable que Ton serait payé aisément et régulièreiueul sur ses maisons à Paris.

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