ARTICLE
Les dommages-intérêts répétés par M. de Brosses pour réparations et détériorations dans la terre et seignemîe de Toumey demeurent réduits et réglés du consentement respectif de toutes les parties :
1** A la somme de cinq cents livres pour les frais et nivellement de la carrière de Toumey 3W)
2« A celle de douze cents livres pour la construction des fossés à faire autour de la forêt de Tourney pour la tenir en défense, conformément au bail à vie de 4758 . • . . 4,200
3« A celle de quatre mille livres pour destruction et démolition des bâtiments du fermier et du colombier en pied, ainsi que deTenlèvement des entablements du jet d'eau du jardin de Toumey. 4,000
4* A celle de quatre mille huit cent trente-quatre livres pHir mauvais état et réparations à faire aux bâtiments et fonds de ladite terre. . 4,H34
5« A celle de quatre cent trente-neuf livres dix sous pour remplacement de tonneaux et autres ustensiles de vendange et de jardin 439 1. 10 s.
6** A la somme de quatre mille livres à laquelle demeurent régl^ les frais de recépage de la forêt de Toumey , et les donunages-intérets dus pour le retard de la croissance des taillis de ladite forêt. 4*000
7* A la somme de quarante livres pour labourage et ensemençure de glands dans trois arpents défrichés dans ladite forêt. . . ^
8"* A la somme de quatre mille huit cent soixante-quatre livres à laquelle demeurent fixés le prix et la valeur de neuf cent trente-huit chênes qui ont été reconnus manquer du nombre de trois mille neuf cent cinquante-huit existant dans la forêt, lors du bail à vie de 4758, et que M. de Voltah*e devait y laisser conformément audit
bail 4,864
. 9^ Et enfin dans la somme de huit mille une livres pour dédommagement de deux mille six cent soixante-sept arbres de chêDeê» ébranchés et éhoupés, qui ont été compris dans le nombre de ceux que ledit sieur de Voltaire devait laisser dans ladite forêt^ oonfonnément audit bail. « . < 9;OOI
A TOU&N£t. l43
Toutes lesquelles sommes montent à celle totale de v'mgt-sept mille huit cent soixante-dix-huit livres dix sols^ à laquelle lesdits dommages-intérêts demeurent fixés et arrêtés. . 27^878 Uv. 40 s.
Art. 2.
Ladite somme de 27^878 1. 10 s. sera payée audit sieur René . (le Brosses^ donataire y par ladite dame Duvivier. Au moyen duquel paiement^ M. le premier président ^ ledit sieur Dussaussoye pour M. René de Brosses, et M. de Brosses en son propre et privé nom, se départent et mondit sieur Fargès audit nom les fait départir (le tous autres dommages-intérêts mentionnés au rapport desdits experts, et notanunent de la somme de cinq mille vingt-quatre livres onze sols dix deniers, par eux reconnue manquer de celle de douze mille livres que M. de Voltaire s'était obligé par ledit bail à vie d'employer en constructions , grosses réparations et améliorations de toute espèce, sans aucune répétition, et encore de la somme de deux mille livres à laquelle les donunages-intérêts prétendus pour l'épuisement de la carrière de Tourney avaient été estimés par lesdits experts.
Abt. 3.
Demeure convenu encore qu'outre la susdite somme de 27,878 1. 10 s., ladite dame Duvivier paiera à mondit sieur René de Brosses celle de douze mille cent quatre- vingt^une livres \0 sols, savoir celle de dix mille trois cent trente-trois livres pour les non-jouissances des revenus de ladite terre de Tourney, à compter du dix mai 1778, jour du décès dudit sieur de Voltaire , jusqu'au 28 mars prochain , et celle de dix-sept cent quatre-vingt-huit livres iO sols tant pour la valeur des dix-huit vaches et cinq génisses qui étaient attachées à ladite terre lors du bail à vie de 1758 et qui ont été retirées , que pour la valeur des meubles et eflTets, linges et ustensiles rapportés dans l'inventaire du 22 février 4759, qui auraient été enlevés par ledit sieur de Voltaire audit chAteau de Tourney.
Demeure enfin convenu que tous les frais et dépens respectivement faits par les parties demeurent compensés entre lesdites parties, sans que de part ni d'autre elles puissent s'en faire aucune répétition, et seront néanmoins ceux de la présente transaction à la charge de ladite dame Duvivier, et par elle supportés sans aucun recours ni répétition. »
Le 9 novembre 1759, Voltaire écrivait à M. de Brosses : a II eût été difficile, vous le savez bien, que vous eussiez pu faire avec pei*^ sonne un marché aussi avantageux que celui-ci. Je ne crds pas
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même qu'il y en ait d'exemple. Vous trouverez mes conditions exao tement remplies. Ne soyez nullement en peine. Je mets mon plaisir à rendre fertile un pays qui ne Tétait guère, et je croirai en mourant n*avoir point de reproches à me faire de Vemploi de ma fortune. »
A ce défi pharisalque on ne peut opposer que la transaction de madame Duvivier. EUe est si claire, si explicite, si Concluante^ si accablante , qu'il serait ridicule de la conmienter. Elle servira d'épitaphe à notre soi-disant comte de Toumey.