IV. Voltaire et Belle et Bormè
Bornons-nous à raconter ce que Voltaii'e fit pour Belle et Bonne du moment qu'il parut l'avoir adoptée.
Dans son Éloge historique de Voltaire , Palissot s'exprimait ainsi : (c Voltaire avait accueilli avec beaucoup d'indu Igence , dans M. de Villette, un esprit natiu'el qu'il sAvait quelquefois revêtir de formes assez piquantes. Il vit avec intérêt ses assiduités aupi*ès de sa jeune pupille, et un jour, en présence de M; de Villevieille, il lui proposa cinquante mille écus pour la dot de M"« de Varicourt. « Je suis sûr , « lui disait-il, que M"* Denis, ma nièce, sera de mon avis ; elle et regarde Belle et Bonne comme sa fille. Quant à mes autres parents, « j'ai une bonne succession à leur laisser, et vous Conviendrez qu'ils « n'ont pas longtemps à attendre. » M. de Villette ne voulut jamais consentir à cette générosité : il n'est donc pas vrai, comme on Tavait dit, que Voltaire ait doté M"« de Varicourt. »
Où était-elle avant de demeurer chez Voltaire? Voici le document que nous fournissent les Mémoires de Bachaumont , le 45 mars 1778 : a M"« de Villette, de Varicourt en son nom, est fille d'un officier des gardes-du-corps, peu à l'aise et ayant douze enfants. Il était question de faire religieuse cette jeune personne , dont la famille n'avait aucun espoir de la marier. M"« de Varicourt , instruite de la bienfaisance de M. de Voltaire, se servit de son esprit pour lui écrire une lettre très-bien tournée i où elle se plaignait de son fAcheux destin. Touché de cette épitre, il va trouver M"« Denis; il lui dit qu'il fallait arracher au diable cette âme quon prétendait donner à Dieu, et il engagea sa nièce à proposer à la famille de M"« de Varicourt de permettre que celle-ci vint passer quelque temps à Femey. La jeune personne s'y est si >bien conduite qu'elle y a acquis l6 sum