ET BELLE ET BONNE
nom de Belle et Bonne ; ce qui a déterminé M. le marquis de Villette à en faire la fortune en Tépousant. » De son cùté , Wagnière (p. MA et 417) certifie que c'est M"« Denis qui obtint des parents de M"« dt» Varicourt qu'elle vint habiter le château de Femey, pour lui tenir compagnie.
C'était en 1 775. Les époux Dupuits avaient quitté Femey ; les étrangers devenaient de plus en plus rares, Voltaire croissait en Age et non en vertu. M"« Denis s'ennuya d'être presque toujours seule ; elle n'eut donc d'autre intention que de se procurer une demoiselle de compagnie en appelant près d'elle ime jeune fille, qui appartenait à une famille honorable. EUes vécm*ent ensemble dans la plus grande intimité. Mais, en 1777, a M. le marquis de Villette, raconte Wagnière (p. 447), vint en septembre voir M. de Voltaire à Femey. U dit qu'il voulait épouser M"« de Varicourt ; ce qu'il fit enfin, après avoir cependant tergiversé près de trois mois II n'est point vrai, comme on l'a dit et comme on l'a imprimé, que M. de Voltaire eût eu jamais l'idée d'offrir ime forte dot à la femme de M. de Villette; cela même eût été ridicule, puisque M. de Villette s'annonça comme jouissant dé cent vingt mille livres de rente ; par consé(juent il n'a point eu la gloire prétendue de refuser une dot. M. de Voltaire et M"* Denis donnèrent seulement quelques diamants à la jeune mariée. M. de Villette , apparemment pour se donner quelque relief, cherchait à faire croire que sa femme et lui étaient parents de M. de Voltaire.»
M. de Jouy ayant répété , dans le tome V de VErmite en province , que Voltaire avait accordé une dot de 50,000 écus à Belle et Bonne , un ami de la famille de Villette adressa cette réclame au Journal des Débats, le 30 mars 1825 : « L'amitié la plus vive unissait M. de Voltaire et M. le marquis de Villette, qui jouissait d'une inmfiense fortime. Ce dernier vit à Ferney M"« de Varicourt , l'aima , en fit la demande à ses pai*ents, qui la lui accordèrent. Mais Voltaire ne la dota point ; il avait le tact trop exquis pour en faire même V offre , sachant combien, par une offre de cette nature , il aurait blessé tout à la fois le noble désintéressement de son ami et la délicatesse d'une famille distinguée et honorable. Voltaire n'a donc pas été le bienfaifaiteur de M"« de Varicourt, mais son protecteur et son ami. Déjà feu M. le marquis de Villette a réfuté dans le temps cette assertion , et j'ai vu entre les mains de M. son fils l'original de la lettre qu'il fit insérer dans les journaux d alors. »
Rien n'était plus invraisemblable que d'attribuer à Voltaire, comme l'a avancé PaUssot , le désir et la volonté d'offrir une dot de 50,000 écus à un meurquis auquel il reconnaissait 40,000 (i) et
(!) Lettre à M..,, du 9 notembre 1777 ( d» 7887, édit Beucliût ).
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même SO^OOO ëcus de rente ^ comme il le m^dait^ le 49 novenw bre \ 777, à La Harpe.
n reste péremptoirement prouvé, par le témoignage de Wagnière et de la famille de Villette, que non-seulement Voltaire ne donna point de dot à Belle et Bonne, mais qu'il ne manifesta jamais Hntention de lui en offrir. Il lui prodigua les caresses les plus tendres, remarquent les Mémoires de Bachaumont, du 18 juin 4777. Il la logea, la nourrit et l'entretint pendant deux ans. H eût été difficile à M"* Denis de trouver à meilleur marché une demoiselle de compagnie aussi jolie et aussi distinguée.