POST-SCR!PTUM POUR LES CURIEUX
Comment Voltaire eut toute sa vie des maîtresses qui ne lui
coûtaient rien.
Le 3i août 1751 , Voltaire écrivait au duc de Richelieu : «Q faut renoncer à l'histoire ou ne rien supprimer des faits. » Pourquoi? il répond à cette question par ces mots aihvssés à Damilaville^ le 16 septembre 1766: «La vérité est toujoiu^ bonne à quelque chose jusque dans les moindres détails.» Or , le i I mars 1764, Voltaire ayant fait cet aveu à Damila ville : « Vous ne sauriez croire à quel point cette maudite philosophie a corrompu le monde , » il n'est pas hors de propos de rechercher si cette maudite philosophie, dont Voltaire se glorifia d'être l'apôtre , n'a pas exercé quelque influence sur ses mœurs.
Je n'examinerai point s'il faut prendre à la lettre ce vers adressé le U octobi*e 1733 à Gide ville :
J'ai bien peu de tempérament , et ces deux autres vei^s qu'il envoya le 29 août 1742 à Fi'édéric :
D*iin homme je ne rais que Tombre , Je n*ai que Tombre de Tamour,
car , le 3 novembre 1 766 , il écrivit à Chabanon : a Vous prétendei donc que j'ai été amoureux dans mon temps tout comme un autre! Vous pourriez ne vous pas tromper. Quiconque peint les passions lésa ressenties, et il n'y a guère de barbouilleur qui n'ait exploité ses modèles, m Aussi a-t-il constaté, dans son Commentaire historique, que dans sa jeunesse il mena une vie très-dissipée, et qu'il se plongea dans les plaisirs de son âge.
Sa lettre à Thieriot, du 1 i septembre 1722, nous apprend pourquoi et comment à Bruxelles il paya son tribut aux maisons de débauche. Il n'eut pas besoin d'y retourner, car le sexe ne ftit pas trop cruel pour lui, et ces relations ne lui attirèrent pas de grands désagréments.
Dès 1720, les quatorze lettres qu'il avait adressées à une demoiselle Dunoyer , de la Haye, étaient publiées; elles nouô apprennent qu'elle fut sa première maltresse , que ses amours furent découvert?,
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et que rambassadeur de France à la Haye se hâta de renvoyer le jeune page qu'on lui avait confié pour Taccoutumer au travail du cabinet et non pour séduire la jeune fille. Lorscju'il était proscrit en Angleterre ^ il eut affaire à un mari aussi jaloux de son honnem* que M"« Dunoyer avait pu être susceptible pour l'avenir de sa fille. Aussi à la page xxxv du tome !•' des Divorces anglais , par de ChAteauneuf, publiés en 1821 , on lit ces lignes : «Sans un vieux recueil , on eût toujours ignoré cpie Voltaire eut une affaire avec un mari anglais. Voltaire avait adressé des versa Laura Harley , dont le mari étsatlbrt chatouilleux sur l'article. Ce marchand^ qui se connaissait mieux en chiffres qu'en mots alignés^ crut qu'une déclaration en vers était quelque chose de sérieux : il la fit figurer dans le procèsverbal dressé contre deux autres séducteui*s de sa femme.» M. Beuchot a cité ces vers à la page i93 du tome XIV de son édition des OEuvres de Voltaire. Ajoutons à ces deux petits désagréments les rapports de Voltaire avec la maréchale dé Villars. Il eut beau lui adresser de jolis vers, la visiter dans son hôtel ou dans son château, il n'en obtint pas ce qu'il désirait. «Voltaire admis dans sa société, remarque Condorcet , eut pour elle une passion, la première et la plus sérieuse qu'il ait éprouvée. Elle ne fut pas heureuse, et Tenleva pendant assez longtemps à l'étude, qui était son premier besoin; il n'en parla jamais depuis qu'avec le sentiment du regret et presque du remords. »
Il ne fut pas difficile à Voltaire de trouver des femmes moins farouches que la maréchale de Villars et plus indépendantes que la demoiselle Dunoyer et Laura Harley. Dans sa lettre à Thieriot, du i** juin 1731 , il s'est vanté d'avoir été Tàmant de l<i célèbre Adrienne Lecouvreur; le marquis de Villetle (p. 120) lui a entendu raconter l'histoire de ses amours avec lactrice Duclos; Condorcet met au rang de ses maltresses une autre actrice nommée de Corsembleu^ sur la même ligne doit figurer une demoiselle Gravet de Livry , qui épousa plus tard le marquis de Gouvernet ; Voltaire lui adressa YÉpftre connue sous le nom des Vous et des Tu, et lui pardonna de l'avoir quitté pour un ami commim, M. de Géiion ville, comme on le voit dans l'Épitre à cet ami intime , dans une autre adressée à ses mânes, et dans des vers dédiés au duc dé Sully et au doctem'Gervasi.
Ainsi Voltaii^e a été l'amant connu de M"« Dunoyer , de Laura Harley, de la Duclos, de laCorsembleu, de la Lecouvreur, de là Livry; que lui oût coi\té toutes ces liaisons? des vers, mais pas un sou de dépense.
Voici d'autres dames dont il a parfaitement exploité la position et la fortune. Il fit un voyage en Hollande et à Bruxelles avec la comtesse de Rut)elmbnde. DU Vemet (p. 26) la signale comme une