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moires de Bacliaumont, le 14 juillet 1769, il n'était intraitable que sur l'article de la santé. 11 devenait furieux quand on se permettait de ne pas s'apitoyer sur ses maladies et d'en interrompre par un rire sardonique l'histoire qu'il aimait à en faire. 11 voulait qu'on le crût toujours en danger de mort. Cette manie d'être gravement indisposé devint de plus en plus grande avec l'âge, remarque Wagnière (p. 301). On la lui pardonnait volontiers, mais on ne manquait pas de s'en mo- (juer. On savait qu'il faisait peu de cas des médecins ; il se passait de leur science, si l'on en croit Wagnière (p. 93), et les Mémoires de Bacliaumont, du 8 novembre 1776. Tronchin n'était pour lui qu'un ami et ({u'un voisin.
Miûntenant que nous avons entrevu la constitution de Voltaire, il est facile de rabattre quelque chose et du nombre et de l'intensité de ses souffrances. Mais, s'il n'a pas été en proie à toutes les maladies que nous avons nommées, il est certain qu'il n'a reçu delà nature qu'une organisation frêle et délicate, une de ces organisations qui ont besoin d'être bien traitées, bien dorlotées, bien mitonnées sur des édredons de coton. A-t-il eu toutes ces petites attentions qui ne sont pas inutiles à la santé, mais qui consument un temps précieux?
Si Voltaire dédaignait de consulter et d'appeler les médecins, jamais hypocondre ni femmelette ne firent plus d'honneur aux potions. Aussitôt qu'il se sentait la moindre chose, il se purgeait. Dès la fleur de l'âge, il en avait contracté l'habitude (1); il ne la perdit jamais.
(1) Mémoires de Bachaumont, du 14 juillet 1769.