VOLTAIRE A MONRION ET A LAUSANNE
à une habitation d'hiver (1), car Monrion ne devait êlre qu'un palais d'hiver (2), parce qu'il était moins exposé aux vents du pays (3). Comme il était placé à peu de distance de Lausanne, presque tout Lausanne y accourut complimenter Voltaire (4).
Voltaire songea au théâtre. Il en établit un à l'extrémjté de Lausanne (5), dans une grange de Mon-Uepos, qui appartenait au marquis de Langalerie. On y venait de trente lieues (6). L'élite de la société de la ville voulut jouer quelque rùle dans les pièces de Voltaire. Dès lors il se fit histrion (7). Il se plut aussi à donner des festins et des soirées. Il ne parla plus que de gelinottes, de coqs de bruyère, de truites de 20 livres, de soupers excellents, de rafraîchissements pour deux cents spectateurs (8). Enchanté de l'empressement de la bonne compagnie à satisfaire sa passion dominante, il se dégoûta d'être un peu éloigné de Lausanne, et chercha à se rapprocher du centre de la cité.
Le 2 juin Hol, Voltaire mandait à Thieriot qu'il disait adieu à Monrion et achetait une maison rue du Grand-Chéne, à Lausanne. 31"''" Denis se chargea de la
(1) Lcitre à Palissot du 1" décembre, el lettre à M™* de Foulaine, du 16 décembre 1735.
(2i Lettre à Thieriot, du 24 mars 1755.
{3i Lettre au duc de Richelieu, du 26 décembre 1735,
(4) Lettre à M"- de Fontaine, du 16 décembre 1735.
(5) Lettre à de Moncrif, du 27 mars 1737.
(6) Lettres à d'Argental, à M™" de Fontaine, à Dupont el à Thibouville des 3, 6, 10 et 20 mars 1757.
(7) Lettre à de Moncrif, du 27 mars 1757.
(8) Lettres à d'Argental, à M™« de Fontaine, h Dupont el à Thibouville, des 3, 6, 10 et 20 mars 1757.