‹ Ménage et finances de Voltaire [microform]Chapitre 7 sur 55 · A DES TAUX EXORBITANTS · texte numérisé non relu

A DES TAUX EXORBITANTS

jours considérables, puisqu'il ne prêtait guère moins de 10,000 à 20,000 francs à ses illustres débiteurs. S'agissait-il d'intérêts, c'étaient aussi des sommes assez fortes qui lui revenaient.

A quel taux prêtait-il donc?

Wagnière (p. 03) nous apprend qu'il avança beaucoup d'argent à ses vassaux à 4 pour 100. Nous l'avons vu, le 29 août 1160, se réduire à ces 4 i)Our 100 au moment où il confiait pour quatre années 96,000 livres à un prince. Que faut-il conclure de ces arrangements?

Le 12 janvier 1740, il disait à l'abbé Moussinot : ft II y a des occasions où il faut savoir perdre. » Sur la fin de sa vie, connue il avait habituellement plus de 120 à 140,000 livres à placer chaque année, il lui était difficile, loin de la capitale, de trouver des occasions de prêter tant d'argent. 11 eût beaucoup perdu à le garder dans ses coffres. Il était donc obligé de se contenter d'un modique intérêt de ses débiteui^s. C'est ce qui aide à comprendre son procédé à l'égard du duc de Wurtemberg. D'aiUeurs plus l'emprunteur est solvable et offre de garanties, plus il lui est facile de trouver des sommes considérables au-dessous de o du 100. 11 se pourrait que la réduction de Voltaire fût (urcée, et la condition essentielle du contrat plutôt que TelTet d'une générosité inexplicable ; car nous savons par son Livret et par sa correspondance que son taux ordinaire était de 5 pour 100 chez les financiers. Mais dès qu'il y avait des actions, des billets, des spéculations (|ui rapportaient davantage, il s'empressait d'en profiter, en retirant tous les capitaux qu'il avait déposés chez les receveurs à raison de 5 du 100. De même,

Page 1