Et les rats blancs que faisaient-ils
DYNASTIE BLANCHE
ger les restes du dessert ; on les posait alors sur la table ; en un clin d’œil le rat et la rate avaient déménagé les noix, les noisettes, les raisins secs et les morceaux de sucre. Rien n’était plus amusant à voir que leur air empressé et furtif, et que leur mine attrapée quand ils arrivaient au bord de la nappe ; mais on leur tendait une planchette aboutissant à leur cage, et ils emmagasinaient leurs richesses dans leur garde-manger. Le couple se multiplia rapidement ; et de nombreuses familles d’une égale blancheur descendirent et montèrent les petites échelles de la cage. Nous nous vîmes donc à la tête d’une trentaine de rats tellement privés que, lorsqu’il faisait froid, ils se fourraient dans nos poches pour avoir chaud et s’y tenaient tranquilles. Quelquefois nous faisions ouvrir les portes ^ de cette Ratopolis, et, montant au dernier étage de notre maison, nous faisions entendre un petit sifflement ^ bien connu de nos élèves. Alors les rats, qui franchissent difficilement des marches d’escalier, se hissaient par un balustre, empoignaient la rampe, et, se suivant à la file avec un équilibre acrobatique, gravissaient ce chemin étroit que parfois les écoliers descendent à califourchon, et venaient nous retrouver, en poussant de petits cris et en manifestant la joie la plus vive.