Que semblait-il lui dire
ainsi rendu compte à qui de droit ^ de la mission qu’il s’était imposée, il lappait la moitié d’un bol d’eau, mangeait sa pâtée et s’allongeait sur le tapis près du fauteuil de maman, pour laquelle il avait une affection particulière, et par une heure ou deux de sommeil se reposait de la longue course qu’il venait de faire. Ceux qui disent que les bêtes ne pensent pas et sont incapables d’enchaîner deux idées, comment expliqueront-ils cette visite matinale qui maintenait les relations de la famille et donnait au nid des nouvelles de l’oiseau récemment échappé?
^ Le pauvre Luther finit malheureusement ; il devint taciturne, morose, et un beau matin il se sauva de la maison : se sentant atteint de la rage et ne voulant pas mordre ses maîtres, il prit la fuite ; et tout nous porte à croire qu’il fut abattu comme hydrophobe, car on ne le revit jamais.
Après un interrègne assez considérable, un nouveau chien fut installé à la maison ; il s’appelait Zamore ; c’était une espèce d’épagneul, de race fort mêlée, de petite taille, noir de pelage, excepté quelques taches couleur feu au-dessus des sourcils, et quelques tons fauves sous le ventre. En somme : physique insignifiant, et plutôt laid que beau. Mais au moral, c’était un chien singulier. Il avait pour
25. Alors, pour se remettre de sa longue course, que faisait-il?
26. Quelle intention ce chien paraissait-il avoir en rendant cette visite ?
*27. Plus tard, Luther qu’est-ce qu’il est devenu?