A qui son fils le compare-t-il
son panier de poisson. Zamore l’accompagnait à la pêche, et, pendant les longues séances nocturnes qu’exige la capture des pièces d’importance qui ne mordent qu’à la ligne de fond, il se tenait au bord extrême de l’eau, dont il semblait vouloir sonder la noire profondeur pour y suivre la proie. Quoique souvent il dressât l’oreille à ces mille bruits vagues et lointains qui, la nuit, se dégagent du silence le plus profond, il n’aboyait pas, ayant compris que le mutisme est la qualité indispensable d’un chien de pêcheur. Phœbé avait beau lever à l’horizon ^ son front d’albâtre réfléchi par le miroir sombre de la rivière, Zamore ne hurlait pas à la lune ; et cependant ces ululations prolongées sont un grand plaisir pour les animaux de son espèce. Seulement, quand le grelot de la ligne tintait, il regardait son maître et se permettait un court aboi, sachant que la proie était prise, et il paraissait s’intéresser beaucoup aux manœuvres nécessaires pour amener sur le bord un barbillon de trois ou quatre livres.
Qui se serait douté que sous cet extérieur calme, détaché, philosophique, dédaigneux de toute frivolité, couvait une passion impérieuse et bizarre, insoupçonnable, et formant
40. Zamore que faisait-il quand il accompagnait son maître à la pêche?
41. Qu’est-ce qu’ü faisait quand il entendait les bruits vagues de la nuit ?